Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Et M. Humphreys la tira vers le transept nord. Il lui fit admirer les colonnes corinthiennes et les portes en chêne du porche, puis s’exclama, désignant fièrement une nouvelle pile de sacs de sable :
— Et voilà l’édifice à la mémoire du capitaine Robert Faulknor. Son navire était gravement endommagé. Il avait perdu la plus grande partie de son gréement et ne pouvait plus riposter avec ses canons. Le vaisseau La Pique fonçait sur lui par le travers. Le vaillant capitaine s’empara de son beaupré, lia les deux bâtiments ensemble et se servit des canons du La Pique pour tirer sur les autres navires français. Son intervention courageuse permit la victoire. Malheureusement, il n’apprit jamais quelle action d’éclat il avait accomplie. Il fut tué d’une balle en plein cœur juste après avoir attaché les deux vaisseaux. (M. Humphreys secoua la tête d’un air triste.) Un véritable héros.
Il faudra que je parle de ce personnage à Michael Davies, se promit Polly. Elle se demandait où se trouvait le garçon en ce moment. Il devait partir immédiatement après elle, ce qui voulait dire qu’il était à Douvres, et qu’il observait les forces mobilisées pour l’évacuation. Mais ici, à cette époque, cela s’était déjà réalisé trois mois auparavant, et sa mission suivante, Pearl Harbor, qu’il rejoindrait dès qu’il reviendrait de Douvres, ne se produirait que dans plus d’un an.
— C’est tellement dommage que vous ne puissiez voir le monument ! Attendez, j’ai une idée.
Et il ramena Polly dans la nef. La cathédrale avait perdu son lustre doré, elle paraissait grise et froide. Les travées latérales plongeaient dans l’ombre. Polly jeta un coup d’œil furtif à sa montre. Plus de 16 heures. Elle n’avait pas imaginé qu’il puisse être si tard. M. Humphreys l’emmenait vers le guichet des entrées. On y trouvait des brochures, des reproductions en couleur de La Lumière du monde, en vente pour six pence pièce, une boîte destinée à recevoir les dons pour la « Fondation des dragueurs de mines », et un présentoir en bois rempli de cartes postales.
— Je crois que nous avons une photographie de ce chef-d’œuvre, annonça le bedeau.
Il fouillait dans les cartes postales de la galerie des Murmures, de l’orgue, et d’une monstruosité victorienne à trois étages qui devait être le monument à Wellington.
— Zut ! on dirait que nous n’en avons plus. Quel dommage ! Vous devrez revenir le voir quand la guerre sera terminée.
La porte latérale claqua, et un jeune homme aux traits anguleux entra. Il portait une salopette bleu foncé et tenait un casque et un masque à gaz.
— Alors ils l’ont eue, cette bombe, monsieur Humphreys, n’est-ce pas ? demanda-t-il au bedeau.
Lequel acquiesça.
— Vous êtes en avance, Langby. Votre tour de garde ne commence qu’à 18 h 30.
— Je veux vérifier la pompe sur le toit du chœur. Elle nous donne du fil à retordre. Auriez-vous la clé de la sacristie ?
— Oui. Un instant, j’arrive.
— Je vous détourne de vos responsabilités, dit Polly. Merci de m’avoir montré la cathédrale.
— Ah ! mais ne partez pas tout de suite. Il y a une dernière chose que vous devez admirer, assura-t-il en l’entraînant vers la travée sud.
Une autre pile de sacs de sable, sans aucun doute !
Mais ce n’en était pas une. Il l’avait amenée devant La Lumière du monde, qui était désormais à peine visible dans la pénombre.
M. Humphreys déclara, avec révérence :
— Maintenant qu’il fait presque nuit, voyez-vous comment la lanterne semble briller ?
C’était vrai. Une lueur d’un orangé chaud et doré en irradiait. Elle baignait la robe du Christ, la porte et les herbes folles qui avaient poussé tout autour.
— Savez-vous ce que le doyen Matthews a dit quand il a vu cette lumière ? « Il n’a pas intérêt à ce que le garde de l’ARP l’attrape avec cette lanterne ! » (M. Humphreys gloussa.) Quel sens de l’humour, notre doyen ! Cela nous aide beaucoup, dans des temps pareils.
La porte claqua de nouveau et un autre équipier des veilleurs du feu entra et s’avança rapidement dans la nef.
— Humphreys ! appela Langby depuis le transept.
— Je crains de devoir vous quitter, regretta le bedeau. Si vous souhaitez rester pour en profiter un peu plus longtemps…
— Non, il faut que je rentre chez moi.
Il approuva.
— Il vaut mieux ne pas se trouver dehors après la tombée de la nuit quand on peut l’éviter, dit-il avant de se hâter de rejoindre Langby.
Il avait raison. Kensington était loin, et elle devrait dénicher quelque chose d’ouvert où se restaurer avant de rentrer. Impossible de passer une nouvelle nuit sans manger. Et les raids commenceraient à 18 h 54, ce soir. Il fallait partir. Pourtant elle s’attarda quelques minutes de plus, à contempler la peinture. Le visage du Christ, dans la lumière déclinante, ne paraissait plus ennuyé, mais effrayé, et les bois qui l’entouraient n’étaient plus seulement sombres, mais menaçants.
Ne pas se trouver dehors après la tombée de la nuit quand on peut l’éviter, songea Polly, qui regardait d’un air pensif la porte close.
Je me demande si c’est la porte d’un abri antiaérien.
Londres, le 7 mai 1945
Cela ne serait-il pas merveilleux, si c’était vrai ?