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La saison des mutants [The Mutant Season - fr]

Электронная книга - «La saison des mutants [The Mutant Season - fr]». Краткое содержание книги:

Télékinésie, précognition, télépathie... Etranges et merveilleuses, leurs facultés déroutantes font peur autant qu’elle fascinent. Eux, ce sont les mutants : des humains « différents » dont les talents très particuliers se sont progressivement développés depuis la fin du XXe siècle. En apparence, rien ne les distingue des autres, les « normaux », si ce n’est la curieuse et inexplicable pigmentation dorée de leurs iris…
Aujourd’hui, en ce début de troisième millénaire, la cohabitation, jusqu’à présent pacifique, demeure précaire. L’existence des mutants, très minoritaires et tout juste tolérés par l’humanité ordinaire, est à la merci de la moindre provocation, du plus petit dérapage. Or voilà qu’un politicien sans scrupules entreprend de transformer l’intolérance en guerre ouverte. La « saison des mutants » va-t-elle s’achever dans un bain de sang ?
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La navette atterrit dans une secousse et roula lentement jusqu’au quai. Puis les portes s’ouvrirent et Jena s’élança sur la passerelle dans une tenue moulante bleu opalescent. Michael put constater qu’il n’était pas le seul homme dans la foule à la regarder se diriger vers lui. Il fallait bien reconnaître qu’elle était fabuleuse.

— Michael ! Mon Dieu, comme tu m’as manqué !

Elle lui jeta les bras autour du cou et l’embrassa.

Malgré ses bonnes résolutions, il l’attira contre lui, tout enflammé par les images subliminales qu’elle lui envoyait pour l’aguicher.

— Viens, dit-il enfin en se libérant. Trouvons-nous un endroit où nous serons seuls.

Andie avait des rendez-vous tout l’après-midi et déjà les choses allaient de travers.

La journaliste du Washington Post, Jacqui Renstrow, arriva avec dix minutes de retard. Après elle, Andie devait recevoir Jason Edwards, de la presse télévisée, et Susan Johnson, l’animatrice du show de minuit. Tous les deux voulaient interviewer Jeffers sur son projet d’abrogation des règlements et autres restrictions imposés aux mutants dans le domaine du sport. Quant à ce que voulait Renstrow, mystère.

— Andie ! Quel plaisir de te revoir, attaqua Jacqui Renstrow en s’installant dans le box, dans un tourbillon de boucles blondes. Désolée d’être en retard. Barton était dans une de ses humeurs loquaces…

— Et tu ne sais jamais à quel moment il risque de te glisser quelque chose à l’oreille qui te vaudra le prix Pulitzer ? C’est ça, hein ? Qu’est-ce que tu bois ?

— Scotch, sec. Merci.

Renstrow ouvrit sa mallette-écran et déploya son bloc.

— Attends une minute, Jacqui, l’avertit Andie. Tu as dit que tu voulais faire du boulot en profondeur. Je n’aurai rien à communiquer à la presse sur l’abrogation du Principe d’Équité avant vendredi.

La journaliste eut un grand sourire.

— Ne t’inquiète pas, Andie. Je veux juste prendre quelques notes. Tu sais que nous préparons un reportage sur les mutants en poste aux affaires publiques. Évidemment, nous nous intéressons tout particulièrement à Jacobsen et à Jeffers. Je voudrais en savoir un peu plus sur Jeffers.

Une sonnette d’alarme se déclencha dans le cerveau d’Andie.

— Par exemple ?

— Je veux mettre l’accent autant sur Jeffers l’homme d’affaires que sur le personnage public. Montrer ses autres facettes. Par exemple, j’étais loin de penser que son cabinet d’avoués privé était si important.

— Il n’y a rien de secret là-dedans, fit remarquer Andie.

— Bien sûr. Et il y a aussi sa société multinationale avec toutes ses filiales.

Andie se pencha au-dessus de son bureau.

— N’oublie pas une chose, tous les intérêts commerciaux de Jeffers sont administrés par des sociétés paravents pendant toute la durée de son mandat de sénateur.

— Donc les activités privées ne peuvent pas empiéter sur les affaires publiques, c’est cela ? conclut Renstrow avec un rire qui sonnait faux.

— C’est ça, l’idée.

— Honnêtement, Andie, ce doit être un surhomme. Je ne sais pas comment il a fait. Toutes ces filiales. Betajef, Corjef, Unijef. Comment a-t-il trouvé le temps de s’occuper à la fois de ses affaires d’export-import, de son cabinet d’avoués et de sa candidature au Sénat ?

— C’est sans doute que certains individus ont des aptitudes particulières.

— Surtout si ce sont des mutants.

— Est-ce là que tu voulais en venir ?

— Oh, non. Simplement, je l’admire. Ce doit être un sorcier en matière de gestion et de finances.

— C’est un homme d’affaires brillant. Mais ça aussi, c’est de notoriété publique. Et ça n’est pas si exceptionnel chez les mutants. La plupart du temps, ils réussissent ce qu’ils entreprennent.

— Surcompensation ?

— Je ne suis pas qualifiée pour en juger.

— Où a-t-il développé un sens si aigu de la gestion financière ?

— Eh bien, son père dirigeait une affaire d’import-export très prospère. Il s’est sans doute spécialisé en économie pendant son cursus universitaire.

Prenant un air intrigué, Renstrow consulta ses notes.

— Bon, mais je ne vois pas comment, étant donné qu’il a passé ses premiers examens de médecine.

— De médecine ? répéta Andie en essayant de masquer sa confusion.

— Oui. Il a passé un diplôme de recherche génétique. Ça semble bizarre qu’il soit allé en faculté de droit plutôt qu’en médecine.

— Il arrive qu’on change d’avis.

Mais qu’est-ce que Renstrow cherchait donc à prouver ?

— À qui le dis-tu ! J’ai changé trois fois de discipline. (La journaliste s’accorda une seconde pour finir son verre.) Bon, j’aimerais beaucoup en savoir davantage sur la manière dont il a développé ses talents de financier.

— Peut-être a-t-il des dons naturels dans ce domaine.

Renstrow se fendit d’un sourire qui eut le don de rendre Andie plutôt nerveuse.

— Tu as sans doute raison, dit la journaliste. Écoute, je me rends compte que je pousse un peu loin le bouchon, mais j’ai besoin de rencontrer Jeffers pour en discuter avec lui. Tu peux m’avoir un rendez-vous, Andie ?

La jeune femme se renversa dans son fauteuil en simulant un bâillement.

— Pardonne-moi, mais j’ai reçu des journalistes toute la journée. Je ne peux rien te promettre pour l’instant, Jacqui, mais je transmettrai ta requête au sénateur. Quand te faut-il cela, dernière limite ?

— Lundi.

— On t’appellera, déclara Andie avant de jeter un coup d’œil à l’horloge du bar. Écoute, j’ai un rendez-vous et je suis en retard. Ça m’a fait plaisir de te revoir.

Attrapant son manteau, Andie bondit sur ses pieds, fit un petit signe de la main et franchit la porte avant que la journaliste, abasourdie, ait pu réagir.

Pas de taxi en vue. Zut ! Andie s’emmitoufla dans son manteau et décida de marcher jusqu’à la station de métro. Il n’était que trois heures et le soir n’était pas encore tombé.

Les insinuations de Renstrow l’avaient profondément ébranlée. Que cherchait-elle avec ses allusions aux talents de gestionnaire de Jeffers ? Avait-elle découvert quelque chose à propos du budget ? Andie se promit de procéder à un rapide examen des finances du service. Elle interrogerait Jeffers plus tard sur ses anciens comptes de sociétés. Elle tourna dans une rue latérale bordée d’hôtels particuliers. Toutes les portes réfléchissaient la lumière verte des champs de gravitation protecteurs ; puis, elle coupa par une ruelle limitée par des murs en brique, qui débouchait sur la station de métro.

17

Jena se retourna pour regarder Michael, allongé près d’elle sur le lit éclairé par la lune.

— Tu n’es pas avec moi.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

Elle s’assit.

— Je veux dire que tu es ailleurs. Avec quelqu’un d’autre. Et je devine qui.

— Ce n’est pas ce que tu crois.

— Non ? C’est vrai que Kelly est un beau jouet.

Une constatation aigre-douce s’il en fut.

Elle est tout ce que tu n’es pas, songea Michael. Il commençait à regretter de ne pas avoir accepté l’offre de Skerry de partir avec lui pour le Canada.

Brusquement, Jena changea de tactique. Elle se fit câline et s’enroula autour des genoux du garçon, ses seins chuchotant à sa peau des messages secrets. Michael se laissa aller sous les caresses, les nerfs encore à vif de leur étreinte de tout à l’heure. Si elle voulait seulement s’en tenir à ces douces caresses et ne plus parler…

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