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Sans feu ni lieu

Электронная книга - «Sans feu ni lieu». Краткое содержание книги:

Pourquoi Louis Kehlweiler dit l’Allemand, Marc, Lucien et Mathias — retranchés dans leur baraque pourrie de la rue Chasle à Paris —, s’intéressent-ils à un simplet à tête d’imbécile pas franchement sympathique, dont la culpabilité ne fait de doute pour personne, pas même pour eux ? Pourquoi tiennent-ils à sauver ce Clément Vauquer, un détraqué recherché par toutes les polices de Nevers et de Paris pour les assassinats effroyables d’au moins deux jeunes femmes ?
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— Ah non, dit Marc. Clément n’est pas sorti. Je lui ai proposé d’aller courir dans les rues, mais il m’a expliqué posément qu’il préférait quant à lui aller recoller personnellement de la caillasse à la cave.

— Bon sang, dit Louis. Il va falloir le pousser doucement dehors.

— Oui, doucement. On a tout le temps.

— Vous n’avez pas rouvert les volets ?

Lucien tourna les yeux vers la baraque.

— Tiens, dit-il. Personne n’y a pensé.

Marc se leva et courut vers la maison. Il ouvrit en grand les trois fenêtres du réfectoire et repoussa les battants de bois. Il déverrouilla la barre qui bloquait les volets de la chambre où dormait Clément et laissa la chaleur entrer à flots dans la pièce.

— Voilà, cria-t-il à Louis en passant sa tête par la fenêtre. Tu as vu ?

— Parfait !

— Eh bien, je referme maintenant, sinon on va crever de chaud dans cette baraque !

— Qu’est-ce qui lui prend ? dit Louis.

Lucien étendit la main.

— Ne contrarie pas le sauveteur, dit-il d’une voix grave. Il aurait voulu un épilogue amoureux, et il n’a qu’un tas de linge à repasser.

Louis s’adossa à l’ailante en secouant la tête. Lucien renifla, et enfonça les mains dans ses poches.

— Il est toujours austère, murmura-t-il, le retour des soldats du front.

44

Depuis sa porte d’immeuble de la rue Delambre, la grosse Gisèle se décida, à titre exceptionnel, à franchir les trente mètres qui la séparaient de la jeune Line, son journal sous le bras.

Parvenue à sa hauteur, elle agita le journal sous ses yeux.

— Eh bien ! brailla-t-elle. C’était qui donc qu’avait raison ? C’était-y le petit de Marthe qu’avait tué ces pauvres filles ou c’était-y pas le petit de Marthe ?

Line secoua la tête un peu craintivement.

— J’ai jamais dit ça, Gisèle.

— La ramène pas ! Pas plus tard qu’il y a deux jours, tu voulais encore le balancer aux flics, je m’excuse. Qu’il a fallu que je m’en mêle une fois de plus. C’est pas des façons de faire, ma petite Line, que ça te serve de leçon. Le petit de Marthe, il avait l’éducation, tu comprends ? Et c’était le petit de Marthe. Et ça, il n’y avait pas à le discuter.

Line baissa la tête et la grosse Gisèle s’éloigna en ronchonnant.

— C’est tout de même malheureux, bougonna-t-elle, qu’il faille toujours gueuler pour avoir raison.

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