Les seigneurs de la guerre
- Автор: Клейн Жерар
- Год: 1975
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les seigneurs de la guerre». Краткое содержание книги:
Pour Georges Corson la guerre est l’unique raison de vivre, la guerre qui oppose les Puissances Solaires aux princes d’Uria. La situation de Corson semble désespéré : perdu, seul, dans la jungle d’Uria à proximité du Monstre dont le seul désir est de tuer. C’est alors qu’une jeune femme terrienne pose son navire spatial près de Corson. Stupéfait de cette présence insolite, il lui demande des nouvelles de la guerre. « Quelle guerre ? » répond-elle.
La coque désarticulée de l’Archimède plongeait vers les jungles d’Uria. Il sembla à Corson que quelque chose s’en échappait. Une illusion. Il n’avait pas encore le pouvoir de percer le temps du regard.
Mais cela viendrait, songea-t-il, en pensant à ses compagnons morts. Il ne pouvait rien pour eux. Il ne pouvait pas revenir en arrière et entrer en lutte contre lui-même pour s’empêcher de délivrer l’ampoule. Longtemps après, la coque atteignit l’atmosphère d’Uria et flamba. Au sol, les batteries se déchaînèrent enfin. L’espace se peupla d’espions. Corson s’efforça de croire que le navire aurait été, de toute façon, détruit. Une autre illusion.
Le navire achevait de brûler entre des étoiles indifférentes.
Quelque part sur Uria, dans six mille ans, un autre Corson essayait de survivre. Il ignorait encore qu’il effacerait un conflit sous le regard froid des ères, qu’il entendrait en Aergistal la voix des dieux réels, et qu’il gagnerait, peut-être, l’hypervie.
— Pourquoi moi ? se dit Corson en reprenant le chemin de l’avenir.
Moi, dirent les échos de Corson répartis tout au long de la vie de Corson et, à côté, tout au long des autres vies de Corson. Et il crut entendre sa conscience se remplir de murmures là où naissent les mots, qui étaient les ressacs de leurs consciences, et il se sentit sur le point d’entrer en communication avec eux, les innombrables Corsons divergents de l’avenir, et il crut qu’il allait savoir ce qu’ils vivaient et voir par leurs yeux et penser avec eux. Mais il demeura sur le seuil, hésitant, trébuchant, car le temps n’avait pas encore fait son œuvre, ni l’expérience, et parce que ces Corsons-là commençaient tout juste d’avoir l’ombre d’une chance.