Mr Mercedes
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Серия: La Trilogie Bill Hodges #1
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: Éditions Albin Michel
- ISBN: 978-2226314680
- Переводчик: Océane Bies
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Mr Mercedes». Краткое содержание книги:
« Venez, Bill, dit-elle. Venez, on va le faire, alors venez avant que l’un de nous deux se débine. »
Certainement pas moi, pense Hodges. Tout son corps est en émoi.
D’abord, Janey n’arrive pas à ouvrir la porte, sa main tremble trop. Ça la fait rire. Il referme ses doigts sur les siens et, ensemble, ils glissent la clé Schlage dans la serrure.
L’appartement dans lequel il a rencontré pour la première fois la sœur et la mère de cette femme est sombre ; le soleil a tourné et se trouve maintenant de l’autre côté de l’immeuble. Le bleu du lac est d’un cobalt si profond qu’il en est presque violet. Il n’y a plus de voiliers, mais il aperçoit un cargo et…
« Venez, répète-t-elle. Venez, Bill, me laissez pas tomber. »
L’instant d’après, les voilà dans une chambre. Il ne sait pas si c’est la sienne ou celle qu’Olivia occupait le jeudi et il s’en fout. La vie qu’il a menée ces derniers mois lui paraît si lointaine qu’elle pourrait être celle d’un personnage de fiction dans un film étranger ennuyeux à mourir.
Elle commence à enlever sa marinière qui se coince dans la barrette de ses cheveux. On entend un petit rire de frustration étouffé. « Aidez-moi avec ce satané truc. Vous allez m’aider, oui… »
Il pose les mains sur ses flancs lisses — ce premier contact la fait très légèrement sursauter — et remonte en les faisant glisser sous le pull retourné. Il étire le tissu et l’enlève. La tête de Janey apparaît. Elle rit avec des petits hoquets essoufflés. Elle porte un soutien-gorge de coton blanc. Il la tient par la taille et l’embrasse au-dessus des seins pendant qu’elle déboucle son ceinturon et déboutonne son pantalon. Il se dit, Si j’avais su qu’une telle chose pourrait m’arriver à ce stade de ma vie, je serais retourné à la gym.
« Pourquoi…, commence-t-il.
— Oh, tais-toi. » Elle glisse une main le long de son bas-ventre et baisse sa braguette. Son pantalon tombe sur ses souliers dans un tintement de pièces. « Tu parleras plus tard. » Elle s’empare de son membre durci à travers ses sous-vêtements et le manipule comme un levier de vitesse, lui coupant le souffle. « C’est un bon début. Te ramollis surtout pas, Bill, t’entends ? »
Ils se renversent sur le lit, Hodges toujours en boxer-short, Janey en culotte de coton aussi blanche que son soutien-gorge. Il essaye de la faire rouler sur le dos mais elle résiste.
« Non, pas toi dessus, dit-elle. Si tu as une crise cardiaque pendant qu’on baise, tu vas m’écraser.
— Si j’ai une crise cardiaque pendant qu’on baise, je serai l’homme le plus déçu de devoir quitter ce monde.
— Bouge pas, c’est tout. Bouge pas. »
Elle passe les pouces sous l’élastique de son boxer. Il cueille ses seins suspendus au-dessus de lui pendant qu’elle continue de le déshabiller.
« Maintenant, soulève tes hanches. Et t’arrête pas. Titille-les un peu avec tes pouces, j’aime ça. »
Il obéit sans peine à ces deux ordres simultanés ; il a toujours été multitâche comme garçon.
L’instant d’après, elle le regarde d’en haut, une mèche de cheveux tombée sur les yeux. Elle avance la lèvre inférieure et souffle dessus pour la chasser. « Ne bouge pas. Laisse-moi faire. Et laisse-toi faire. Je suis pas une femme dominatrice mais j’ai pas couché avec quelqu’un depuis deux ans et la dernière fois était nulle. Alors là j’ai envie de prendre mon pied. Je le mérite. »
Sa chaleur intime referme sur lui son étreinte humide et il ne peut retenir un mouvement de hanches.
« Bouge pas, j’ai dit. Tu bougeras tant que tu voudras la prochaine fois, cette fois c’est la mienne. »
C’est difficile, mais il fait comme elle dit.
Ses cheveux lui tombent de nouveau sur le visage mais cette fois elle ne peut souffler dessus pour les chasser car elle est en train de se mordre la lèvre inférieure, qui en sera sûrement meurtrie plus tard, se dit Hodges. Elle pose ses deux mains à plat sur son torse et les frotte avec ardeur dans sa toison grisonnante, puis descend vers sa grosse bedaine embarrassante.
« Faut… que je perde du poids, souffle-t-il.
— Faut surtout que tu la fermes, dit-elle, puis elle commence à bouger — juste un peu — et ferme les yeux. Oh, ce que c’est bon. Et profond. Tu t’inquiéteras de ton régime plus tard, OK ? » Elle se remet à bouger, s’arrête un instant pour se repositionner, puis trouve le rythme.
« Je sais pas si je pourrai tenir longtemps…
— T’as intérêt. » Elle a toujours les yeux fermés. « T’as intérêt à tenir, inspecteur Hodges. Compte les nombres premiers. Repense aux livres que t’aimais quand t’étais gosse. Épelle xylophone à l’envers. Mais me lâche pas. Ça va pas me prendre longtemps. »
Il tient juste le temps que ça lui prend.
11
Des fois, quand il est contrarié, Brady se refait le trajet de son plus grand triomphe. Ça l’apaise. Ce vendredi soir, après avoir ramené le camion et fait sa petite blague habituelle à Shirley Orton en passant devant le bureau, il ne rentre pas directement chez lui. Au lieu de ça, il conduit son tas de ferraille en centre-ville et les vibrations des roues avant et le bruit inquiétant du moteur ne lui plaisent pas du tout. Il devra bientôt se décider entre acheter une nouvelle voiture (une nouvelle voiture d’occasion) ou faire des réparations. Et la Honda de sa mère a encore plus besoin de faire un tour chez le garagiste que sa Subaru. Non pas qu’elle s’en serve beaucoup ces derniers temps, et c’est tant mieux, vu la quantité de temps qu’elle passe biturée.
Sa remontée des Rues de la Mémoire commence à Lake Avenue, juste après les lumières du centre-ville, où Mrs Trelawney avait l’habitude de garer sa Mercedes le jeudi soir, et se poursuit tout le long de Marlborough Street jusqu’au City Center. Sauf que ce soir, il ne va pas plus loin que l’immeuble d’appartements en copropriété. Il freine si brusquement que la voiture de derrière manque l’emplafonner. S’ensuit un long coup de klaxon indigné mais Brady n’y prête pas plus d’attention que si ç’avait été une corne de brume de l’autre côté du lac.
L’automobiliste déboîte et baisse sa vitre côté passager pour lui gueuler Connard avec fureur. Brady n’y prête toujours aucune attention.
Il doit bien y avoir un millier de Toyota Corolla dans cette ville, et des centaines de Toyota Corolla bleues, mais combien de Toyota Corolla bleues avec un autocollant SOUTENEZ VOTRE POLICE LOCALE collé au cul ? Brady parierait qu’il n’y en a qu’une seule, et qu’est-ce que fout l’ex-flic dans l’appartement de la vieille ? Pourquoi est-ce qu’il rend visite à la sœur de Mrs Trelawney qui habite maintenant l’appartement ?
La réponse semble évidente : l’officier Hodges (Ret) mène son enquête.
Brady n’a plus aucune envie de revivre le triomphe de l’an passé. Il tape un demi-tour en plein milieu de la chaussée (chose interdite qu’il ne fait jamais) et file vers le North Side. File vers chez lui avec une seule pensée en tête, clignotant comme une enseigne au néon.
Salopard, salopard, salopard.
Ça ne se passe pas comme prévu. Le cours des événements est en train de lui échapper. C’est pas bon.
Il faut faire quelque chose.
12