Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Maupassant - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
1 ... 498 499 500 501 502 503 504 505 506 ... 1460
Перейти на страницу:

Un soir, le docteur, en entrant, annonça : « Rosalie Tournel est morte. » M. Daron tressaillit et tout de suite il demanda : « De quoi ? — D’une angine. » Le petit vieux eut un « ah » de soulagement. Il reprit : « Elle était trop grasse, trop forte ; elle devait manger trop cette femme-là. Quand j’aurai son âge, je m’observerai davantage. » (Il était de deux ans plus vieux ; mais il n’avouait que soixante-dix ans.)

Quelques mois après, ce fut le tour d’Henri Brissot. M. Daron fut très ému. C’était un homme, cette fois, un maigre, juste de son âge à trois mois près, et un prudent. Il n’osait plus interroger, attendant que le médecin parlât, et il demeurait inquiet. « Ah ! Il est mort comme ça, tout d’un coup ? Il se portait très bien la semaine dernière, il aura fait quelque imprudence, n’est-ce pas, Docteur ? » Le médecin, qui s’amusait, répondit : « Je ne crois pas. Ses enfants m’ont dit qu’il avait été très sage. »

Alors, n’y tenant plus, pris d’angoisse, M. Daron demanda : « Mais… mais… de quoi est-il mort, alors ? — D’une pleurésie. »

Ce fut une joie, une vraie joie. Le petit vieux tapa l’une contre l’autre ses mains sèches. « Parbleu, je vous disais bien qu’il avait fait quelque imprudence. On n’attrape pas une pleurésie sans raison. Il aura voulu prendre l’air après son dîner. Et le froid lui sera tombé sur la poitrine. Une pleurésie ! C’est un accident, cela, ce n’est pas même une maladie. Il n’y a que les fous qui meurent d’une pleurésie. »

Et il dîna gaiement en parlant de ceux qui restaient. « Ils ne sont plus que quinze maintenant ; mais ils sont forts, ceux-là, n’est-ce pas ? Toute la vie est ainsi, les plus faibles tombent les premiers ; les gens qui passent trente ans ont bien des chances pour aller à soixante ; ceux qui passent soixante arrivent souvent à quatre-vingts ; et ceux qui passent quatre-vingts atteignent presque toujours la centaine, parce que ce sont les plus robustes, les plus sages, les mieux trempés. »

Deux autres encore disparurent dans l’année, l’un d’une dysenterie et l’autre d’un étouffement. M. Daron s’amusa beaucoup de la mort du premier ; et il conclut qu’il avait assurément mangé, la veille, des choses excitantes. « La dysenterie est le mal des imprudents ; que diable, vous auriez dû, Docteur, veiller sur son hygiène. »

Quant à celui qu’un étouffement avait emporté, cela ne pouvait provenir que d’une maladie du cœur mal observée jusque-là.

Mais un soir le médecin annonça le trépas de Paul Timonet, une sorte de momie dont on espérait bien faire un centenaire-réclame pour la station.

Quand M. Daron demanda, selon sa coutume : « De quoi est-il mort ? » le médecin répondit : « Ma foi, je n’en sais rien.

— Comment, vous n’en savez rien ? On sait toujours. N’avait-il pas quelque lésion organique ? »

Le docteur hocha la tête : « Non, aucune.

— Peut-être quelque affection du foie ou des reins ?

— Non pas, tout cela était sain.

— Avez-vous bien observé si l’estomac fonctionnait régulièrement ? Une attaque provient souvent d’une mauvaise digestion.

— Il n’y a pas eu d’attaque. »

M. Daron, très perplexe, s’agitait :

« Mais voyons : il est mort de quelque chose, enfin ! De quoi, à votre avis ? »

Le médecin leva les bras : « Je ne sais rien, absolument rien. Il est mort parce qu’il est mort, voilà. »

M. Daron alors, d’une voix émue, demanda : « Quel âge avait-il donc au juste, celui-là ? Je ne me le rappelle plus.

— Quatre-vingt-neuf ans. »

Et le petit vieux, d’un air incrédule et rassuré, s’écria : « Quatre-vingt-neuf ans ! Mais, alors, ce n’est pourtant pas non plus la vieillesse !.. »

26 septembre 1882

UN MILLION

C’était un modeste ménage d’employés. Le mari, commis de ministère, correct et méticuleux, accomplissait strictement son devoir. Il s’appelait Léopold Bonnin. C’était un petit jeune homme qui pensait en tout ce qu’on devait penser. Élevé religieusement, il devenait moins croyant depuis que la République tendait à la séparation de l’Église et de l’État. Il disait bien haut, dans les corridors de son ministère : « Je suis religieux, très religieux même, mais religieux à Dieu ; je ne suis pas clérical. »

Il avait avant tout la prétention d’être un honnête homme, et il le proclamait en se frappant la poitrine. Il était, en effet, un honnête homme dans le sens le plus terre à terre du mot. Il venait à l’heure, partait à l’heure, ne flânait guère, et se montrait toujours fort droit sur la « question d’argent ». Il avait épousé la fille d’un collègue pauvre, mais dont la sœur était riche d’un million, ayant été épousée par amour. Elle n’avait pas eu d’enfants, d’où une désolation pour elle, et ne pouvait laisser son bien, par conséquent, qu’à sa nièce.

Cet héritage était la pensée de la famille. Il planait sur la maison, planait sur le ministère tout entier ; on savait que « Les Bonnin auraient un million ».

Les jeunes gens non plus n’avaient pas d’enfants, mais ils n’y tenaient guère, vivant tranquilles dans leur étroite et placide honnêteté. Leur appartement était propre, rangé, dormant, car ils étaient calmes et modérés en tout ; et ils pensaient qu’un enfant troublerait leur vie, leur intérieur, leur repos.

Ils ne se seraient pas efforcés de rester sans descendance ; mais puisque le ciel ne leur en avait point envoyé, tant mieux.

La tante au million se désolait de leur stérilité et leur donnait des conseils pour la faire cesser. Elle avait essayé autrefois, sans succès, de mille pratiques révélées par des amis ou des chiromanciennes ; depuis qu’elle n’était plus en âge de procréer, on lui avait indiqué mille autres moyens qu’elle supposait infaillibles en se désolant de n’en pouvoir faire l’expérience, mais elle s’acharnait à les découvrir à ses neveux, et leur répétait à tout moment : « Eh bien, avez-vous essayé ce que je vous recommandais l’autre jour ? »

Elle mourut. Ce fut dans le cœur des deux jeunes gens une de ces joies secrètes qu’on voile de deuil vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. La conscience se drape de noir, mais l’âme frémit d’allégresse.

Ils furent avisés qu’un testament était déposé chez un notaire. Ils y coururent à la sortie de l’église.

La tante, fidèle à l’idée fixe de toute sa vie, laissait un million à leur premier-né, avec la jouissance de rente aux parents jusqu’à leur mort. Si le jeune ménage n’avait pas d’héritier avant trois ans, cette fortune irait aux pauvres.

Ils furent stupéfaits, atterrés. Le mari tomba malade et demeura huit jours sans retourner au bureau. Puis, quand il fut rétabli, il se promit avec énergie d’être père.

Pendant six mois, il s’y acharna jusqu’à n’être plus que l’ombre de lui-même. Il se rappelait maintenant tous les moyens de la tante et les mettait en œuvre consciencieusement, mais en vain. Sa volonté désespérée lui donnait une force factice qui faillit lui devenir fatale.

L’anémie le minait ; on craignait la phtisie. Un médecin consulté l’épouvanta et le fit rentrer dans son existence paisible, plus paisible même qu’autrefois, avec un régime réconfortant.

Des bruits gais couraient au ministère, on savait la désillusion du testament et on plaisantait dans toutes les divisions sur ce fameux « coup du million ». Les uns donnaient à Bonnin des conseils plaisants ; d’autres s’offraient avec outrecuidance pour remplir la clause désespérante. Un grand garçon surtout, qui passait pour un viveur terrible, et dont les bonnes fortunes étaient célèbres par les bureaux, le harcelait d’allusions, de mots grivois, se faisant fort, disait-il, de le faire hériter en vingt minutes.

1 ... 498 499 500 501 502 503 504 505 506 ... 1460
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)