Le Parfum De La Dame En Noir
- Автор: Леру Гастон
- Язык: французский
- Жанр: Классические детективы
Электронная книга - «Le Parfum De La Dame En Noir». Краткое содержание книги:
Grâce à Rouletabille, le mariage de Robert Darzac et de Mathilde Stangerson a enfin eu lieu et la mort de leur ennemi est officiellement constatée. A peine partie en voyage de noces, cependant, la belle Mathilde appelle Rouletabille à son secours. Leur impitoyable ennemi est réapparu! La situation devient alors angoissante: disparition, crime… Le mystère s'épaissit. Le jeune reporter Rouletabille aura besoin de tout son flair et de son intelligence hors pair pour venir à bout de cette véritable histoire du diable .
Tout à coup, Rouletabille se releva, il tenait dans la main un revolver qu’il venait de trouver sous le placard.
«Ah! vous avez trouvé son revolver! fit M. Darzac. Heureusement qu’il n’a pas eu le temps de s’en servir.»
Ce disant, M. Robert Darzac retira de la poche de son veston son propre revolver, le revolver sauveur et le tendit au jeune homme.
«Voilà une bonne arme!» fit-il.
Rouletabille fit jouer le barillet de revolver de Darzac, sauter le culot de la cartouche qui avait donné la mort; puis il compara cette arme à l’autre, celle qu’il avait trouvée sous le placard et qui avait échappé aux mains de l’assassin. Celle-ci était un bulldog et portait une marque de Londres; il paraissait tout neuf, était garni de toutes ses cartouches et Rouletabille affirma qu’il n’avait encore jamais servi.
«Larsan ne se sert des armes à feu qu’à la dernière extrémité, fit-il. Il lui répugne de faire du bruit. Soyez persuadé qu’il voulait simplement vous faire peur avec son revolver, sans quoi il eût tiré tout de suite.»
Et Rouletabille rendit son revolver à M. Darzac et mit celui de Larsan dans sa poche.
«Oh! à quoi bon rester armés maintenant! fit M. Darzac en secouant la tête, je vous jure que c’est bien inutile!
– Vous croyez? demanda Rouletabille.
– J’en suis sûr.»
Rouletabille se leva, fit quelques pas dans la chambre et dit:
«Avec Larsan, on n’est jamais sûr d’une chose pareille. Où est le cadavre?»
M. Darzac répondit:
«Demandez-le à Mme Darzac. Moi, je veux l’avoir oublié. Je ne sais plus rien de cette affreuse affaire. Quand le souvenir de ce voyage atroce avec cet homme à l’agonie, ballottant dans mes jambes, me reviendra, je dirai: c’est un cauchemar! Et je le chasserai!… Ne me parlez plus jamais de cela. Il n’y a plus que Mme Darzac qui sache où est le cadavre. Elle vous le dira, s’il lui plaît.
– Moi aussi, je l’ai oublié, fit Mme Darzac. Il le faut.
– Tout de même, insista Rouletabille, qui secouait la tête, tout de même, vous disiez qu’il était encore à l’agonie. Et maintenant, êtes-vous sûr qu’il soit mort?
– J’en suis sûr, répondit simplement M. Darzac.
– Oh! c’est fini! c’est fini! N’est-ce pas que tout est fini? implora Mathilde. (Elle alla à la fenêtre.) Regardez, voici le soleil!… Cette atroce nuit est morte! morte pour toujours! C’est fini!»
Pauvre Dame en noir! Tout son état d’âme était présentement dans ce mot-là: «C’est fini!…» Et elle oubliait toute l’horreur du drame qui venait de se passer dans cette chambre devant cet évident résultat. Plus de Larsan! Enterré, Larsan! Enterré dans le sac de pommes de terre!
Et nous nous dressâmes tous, affolés, parce que la Dame en noir venait d’éclater de rire, un rire frénétique qui s’arrêta subitement et qui fut suivi d’un silence horrible. Nous n’osions ni nous regarder ni la regarder; ce fut elle, la première, qui parla:
«C’est passé… dit-elle, c’est fini!… c’est fini, je ne rirai plus!…»
Alors, on entendit la voix de Rouletabille qui disait, très bas.
«Ce sera fini quand nous saurons comment il est entré!
– À quoi bon? répliqua la Dame en noir. C’est un mystère qu’il a emporté. Il n’y a que lui qui pouvait nous le dire et il est mort.
– Il ne sera vraiment mort que lorsque nous saurons cela! reprit Rouletabille.
– Évidemment, fit M. Darzac, tant que nous ne le saurons pas, nous voudrons le savoir; et il sera là, debout, dans notre esprit. Il faut le chasser! Il faut le chasser!
– Chassons-le», dit encore Rouletabille.
Alors, il se leva et tout doucement s’en fut prendre la main de la Dame en noir. Il essaya encore de l’entraîner dans la chambre voisine en lui parlant de repos. Mais Mathilde déclara qu’elle ne s’en irait point. Elle dit: «Vous voulez chasser Larsan et je ne serais pas là!…» Et nous crûmes qu’elle allait encore rire! Alors, nous fîmes signe à Rouletabille de ne point insister.
Rouletabille ouvrit alors la porte de l’appartement et appela Bernier et sa femme.
Ceux-ci entrèrent parce que nous les y forçâmes et il eut une confrontation générale de nous tous d’où il résulta d’une façon définitive que:
1° Rouletabille avait visité l’appartement à cinq heures et fouillé le placard et qu’il n’y avait personne dans l’appartement;
2° Depuis cinq heures la porte de l’appartement avait été ouverte deux fois par le père Bernier qui, seul, pouvait l’ouvrir en l’absence de M. et Mme Darzac. D’abord à cinq heures et quelques minutes pour y laisser entrer M. Darzac; ensuite à onze heures et demie pour y laisser entrer M. et Mme Darzac;
3° Bernier avait refermé la porte de l’appartement quand M. Darzac en était sorti avec nous entre six heures et quart et six heures et demie;
4° La porte de l’appartement avait été refermée au verrou par M. Darzac aussitôt qu’il était entré dans sa chambre, et cela les deux fois, l’après-midi et le soir;
5° Bernier était resté en sentinelle devant la porte de l’appartement de cinq heures à onze heures et demie avec une courte interruption de deux minutes à six heures.
Quand ceci fut établi, Rouletabille, qui s’était assis au bureau de M. Darzac pour prendre des notes, se leva et dit:
«Voilà, c’est bien simple. Nous n’avons qu’un espoir: il est dans la brève solution de continuité qui se trouve dans la garde de Bernier vers six heures. Au moins, à ce moment, il n’y a plus personne devant la porte. Mais il y a quelqu’un derrière. C’est vous, monsieur Darzac. Pouvez-vous répéter, après avoir rappelé tout votre souvenir, pouvez-vous répéter que, lorsque vous êtes entré dans la chambre, vous avez fermé immédiatement la porte de l’appartement et que vous en avez poussé les verrous?»
M. Darzac, sans hésitation, répondit solennellement: «Je le répète!» et il ajouta: «Et je n’ai rouvert ces verrous que lorsque vous êtes venu avec votre ami Sainclair frapper à ma porte. Je le répète!»
Et, en répétant cela, cet homme disait la vérité comme il a été prouvé plus tard.
On remercia les Bernier qui retournèrent dans leur loge.
Alors, Rouletabille, dont la voix tremblait dit:
«C’est bien, monsieur Darzac, vous avez fermé le cercle!… L’appartement de la Tour Carrée est aussi fermé maintenant que l’était la Chambre Jaune, qui l’était comme un coffre-fort; ou encore que l’était la galerie inexplicable.
– On reconnaît tout de suite que l’on a affaire à Larsan, fis-je: ce sont les mêmes procédés.
– Oui, fit observer Mme Darzac, oui, monsieur Sainclair, ce sont les mêmes procédés, et elle enleva du cou de son mari la cravate qui cachait ses blessures.
– Voyez, ajouta-t-elle, c’est le même coup de pouce. Je le connais bien!…»
Il y eut un douloureux silence.
M. Darzac, lui, ne songeait qu’à cet étrange problème, renouvelé du crime du Glandier, mais plus tyrannique encore. Et il répéta ce qui avait été dit pour la Chambre Jaune.