Une porte sur l'été [The Door into Summer - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1959
- Язык: французский
- Год: OPTA
- Переводчик: Regine Vivier
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Une porte sur l'été [The Door into Summer - fr]». Краткое содержание книги:
Daniel choisit la route du « long sommeil », c’est-à-dire celle de l’hibernation artificielle. Mais son chat disparaît et c’est seul qu’il affronte le bond dans le temps. Par quel miracle, trente ans plus tard, Rocky est-elle âgée de vingt ans à peine et Petronius le Sage, présent dans ce monde du futur ?
Je sortis des billets aux chiffres convaincants.
— Cessez de me tarabuster, sergent. Voulez-vous me prendre en charge, oui ou non ? Dites-le. Sans quoi j’arrangerai cela avec la Central Valley. Il me faut partir aujourd’hui.
Il fulmina, mais abandonna la lutte. Il grogna aussi d’avoir à rajouter six mois à ma période d’hypothermie et ne voulut pas garantir la date de mon réveil.
— Les contrats disent « A un mois près » afin de permettre les imprévus administratifs.
— Celui-ci ne dit rien de ce genre. Il dit : « 27 avril 2001 ». En ce qui me concerne, je me fiche que l’en-tête soit Mutual ou Central Valley. Écoutez, Mr Powell, vous êtes vendeur et moi acheteur. Si vous refusez de me vendre ce dont j’ai besoin, j’irai là où l’on pourra me le procurer.
Il modifia la clause du contrat et nous y apposâmes nos initiales.
A midi sonnant, j’étais chez le contrôleur médical pour mon examen final. Il me lança un coup d’œil.
— Vous êtes resté à jeun ?
— Aussi à jeun qu’un juge.
— Ce n’est pas une référence. Nous allons voir.
Il m’ausculta presque aussi soigneusement qu’il l’avait fait la « veille ». Quand finalement il posa son marteau en caoutchouc, il se gratta la tête.
— Je suis vraiment très étonné. Vous êtes en bien meilleure forme qu’hier. C’est extraordinaire.
— Vous n’imaginez même pas le centième de la vérité, docteur !
Je maintins Pete tandis qu’on lui injectait le premier somnifère. Puis je m’allongeai en vue d’un traitement analogue. Je suppose que j’aurais pu attendre un jour de plus – ou de moins – mais à vrai dire, j’avais une hâte prodigieuse de revenir à l’an 2001.
Vers 4 heures de l’après-midi, la tête de Pete appuyée bien à plat sur ma poitrine, je m’endormis le cœur joyeux.
12
Mes rêves, cette fois, furent plus agréables. Le seul souvenir déplaisant qui m’en soit resté n’était d’ailleurs pas vraiment insupportable. Je ne puis le comparer qu’à une interminable frustration. C’était un rêve glacé dans lequel j’errais, tout grelottant, à travers d’innombrables couloirs, en essayant toutes les portes, croyant chaque fois que la suivante serait celle donnant sur l’été, et que Ricky m’attendait derrière. Pete m’exaspérait. Ah ! Cette habitude qu’ont les chats (précède-moi en me suivant) de courir entre vos jambes avec la certitude qu’on ne leur marchera pas dessus et qu’ils n’encaisseront pas le moindre coup de pied !
A chaque nouvelle porte, Pete se précipitait, lançait un regard au-dehors et, constatant que l’hiver sévissait toujours, faisait demi-tour, au risque, à chaque fois, de me faire trébucher.
Pourtant, nul de nous n’abandonna sa conviction que la prochaine porte serait la bonne.
Mon réveil fut facile, cette fois. Je ne me sentais pas désorienté. Le docteur sembla même vexé que je ne voulusse ni petit déjeuner, ni journal, ni bavardage. Je ne me crus pas tenu d’expliquer que c’était mon deuxième réveil. Il n’en eût rien cru.
Un message, daté d’une semaine, m’attendait. C’était de John :
Cher Dan,
Bon, je donne ma langue au chat. Comment avez-vous bien pu vous y prendre ! Malgré Jenny, je me range à votre vœu de ne pas être accueilli. Elle vous envoie ses amitiés, et espère que vous ne serez pas trop long à nous rendre visite. J’ai tâché de lui expliquer que vous seriez occupé un certain temps. Nous allons bien tous les deux ; mais j’ai tendance à marcher là où je courais. Jenny est plus belle que jamais.
Hasta la vista, amigo.