Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Mais il n’avait pas imprimé plus de quelques mètres quand Cess surgit du brouillard et lui tapa sur l’épaule.
— Le brouillard se lève. On ferait mieux de s’en aller. Je termine les tanks, commence à ranger le matériel.
Cess ne se trompait pas. Le brouillard s’éclaircissait. Ernest pouvait deviner les formes floues et fantomatiques des arbres dans le gris de l’aube et, à l’extrémité du champ, trois vaches noires et blanches qui broutaient placidement, par chance de l’autre côté d’une barrière.
Ernest releva la bâche, détacha le parapluie, l’apporta au camion avec la pompe, et revint pour le traceur. Il le souleva, décida qu’il ne parviendrait pas à le porter jusqu’au bout, le posa, tira sur le démarreur et poussa l’appareil une dernière fois, créant une nouvelle empreinte depuis la chenille gauche du tank jusqu’au bord du pré. Puis il le remorqua, tant bien que mal, jusqu’au camion. Le temps qu’il l’embarque à l’arrière, la brume terminait de s’effilocher en vastes traînées qui flottaient sur l’herbage comme des voiles. La longue ligne des empreintes de char apparaissait, conduisant au bosquet et au dos d’un tank imparfaitement caché par les feuillages, l’autre à demi masqué derrière lui. Même si Ernest connaissait la supercherie, la scène paraissait réelle, et il ne survolait pas l’endroit à quinze mille pieds. De là-haut, l’illusion serait parfaite. À moins, évidemment, qu’il reste un phonographe au beau milieu.
Il retourna le chercher, et cette fois son champ de vision était de plusieurs mètres à chaque pas mais, quand il arriva près du tank, le brouillard l’enveloppa de nouveau, plus dense que jamais, et engloutit tout, même le tank à côté de lui. Il rabattit le couvercle du phonographe et boucla les fermoirs, puis plia la table.
— Cess ! appela-t-il dans ce qui lui semblait la bonne direction. Où en es-tu ?
Et le brouillard s’ouvrit brusquement, comme un rideau de théâtre. Ernest découvrit le bosquet et l’enclos tout entier…
… et le taureau. Qui se tenait à mi-chemin du pacage. Un monstre brun hirsute aux petits yeux de fouine et aux cornes démesurées. Il observait le tank.
— Hé ! vous, là-bas ! cria une voix depuis la barrière. Qu’est-ce que vous foutez dans mon pré ?
Ernest se tourna instinctivement pour regarder le fermier qui l’interpellait.
Tout comme le taureau.
— Virez-moi ces satanés chars de là ! hurla l’homme, qui fendait l’air d’un doigt coléreux.
Le taureau le considéra un moment, captivé, puis sa tête opéra un mouvement de balancier… et se braqua sur Ernest.
Londres, le 15 septembre 1940
J’ai toujours beaucoup regretté que nous ayons dû rompre avec nos traditions, et que, contrairement à certain théâtre célèbre pour ses femmes nues, nous ne pouvions nous vanter : « Nous n’avons jamais fermé nos portes ! »