Une vie sans fin
- Автор: Бегбедер Фредерик
- Год: 2018
- Язык: французский
- Год: Éditions Grasset
- ISBN: 978-2246812616
- Переводчик: Елена Викторовна Клокова
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «Une vie sans fin». Краткое содержание книги:
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir. »
Les premières chasses à la jouvence (« Youth Chases ») furent observées dans la banlieue de L.A. Il y a une logique géographique : ce n’est pas un hasard si les transhumanistes se sont installés sur le terrain de jeux de la Manson Family. Ce n’est pas le surf qui les a attirés en Californie mais l’odeur du sang sacrifié. Le mot « PIGS », écrit sur les murs, annonçait les cochons humanisés qui nous fourniraient bientôt des organes neufs à transplanter, et plus métaphoriquement le devenir-porcin de la néo-humanité sur une planète-auge. Des bandes de trafiquants cannibales s’attaquaient à tout citoyen âgé de moins de vingt ans. Les corps vidés des adolescents étaient enterrés dans le désert du Nevada ; régulièrement, la police découvrait des charniers remplis de peaux tannées, sèches, empilées comme du cuir humain. Une rumeur invérifiable évoquait l’existence d’élevages d’enfants en batterie au Nicaragua pour nourrir des sectes de vieillards zombies. J’avais servi de cobaye à une expérience qui déclenchait une guerre vampirique entre générations. Je m’en souviens comme si c’était hier. « Le sang est un suc tout particulier », dit Méphistophélès (le diable) dans Faust. Rajeunir est impossible sans emprunter la jeunesse d’un autre, le sang d’une vierge, les cellules d’un embryon, se greffer les organes d’un motard mort la veille ou le cœur d’un cochon humanoïde. Le problème de la vie éternelle, c’est qu’elle a besoin de cambrioler le corps d’autrui. Mon nouveau sang n’était pas le mien, il était meilleur que le mien, plus pur, plus frais, plus beau, mais je n’étais plus moi. Léonore avait eu raison de me fuir : mon humanité s’évaporait jour après jour.
Il suffisait d’y penser : la seule chance pour Homo Sapiens de vivre éternellement était de tuer ses propres enfants. Même Dieu avait crucifié son fils. Je n’ai pas été capable de suivre l’exemple évangélique : je ne pouvais pas égorger Romy. C’est pourquoi je suis tombé malade.
9
UBERMAN
« ZAB-CHÖS ZHI-KHRO DGONGS-PA RANG-GRÖL LAS BAR-DOHI THÖS GROL CHEN-MO CHÖS- NYID BAR-DOHI NGO-SPROD BZHUGS-SO. »