Zulu
- Автор: Ferey Caryl
- Год: 2010
- Язык: французский
- Год: Éditions Gallimard
- ISBN: 978-2070437573
- Жанр: Другие приключения
Электронная книга - «Zulu». Краткое содержание книги:
Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds… Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale…
Sa sœur Margot n’avait pas attendu la fin de la crémation pour ramener les enfants à la maison : réunir les cendres et régler les dernières formalités prendraient des heures et Claire avait besoin d’être seule avec lui, une dernière fois.
Elle avait attendu que la famille s’en aille, puis elle avait pris l’urne et roulé jusqu’à leur crique, près de Llandudno. C’était leur pèlerinage d’amoureux, une façon de se retrouver, et aujourd’hui de se quitter. Les vagues défilaient sur la plage déserte, un horizon crépusculaire où elle répandrait sa poudre d’homme. Claire avait serré l’urne contre son cœur et marché dans l’écume, aussi loin que ses jambes pouvaient la porter. Elle lui avait parlé sur le chemin, des mots d’amour, les derniers, avant de jeter ce qui restait de lui dans les flots. Les cendres flottèrent un moment à la surface, avant que les tourbillons ne les emportent. L’urne aussi avait coulé, Titanic affolé parmi les remous…
— Tu as faim ? demanda Margot. J’ai fait un poulet aux pruneaux.
Leur plat préféré, quand elles étaient petites. Claire venait de rentrer à la maison.
— Non, merci.
Leurs regards se croisèrent. Compassion, détresse. Elles discuteraient plus tard, quand les enfants seraient couchés.
— Qu’est-ce qui est arrivé à ta robe ? reprit sa sœur aînée pour faire la conversation. Tu as vu ?
Le sel, en séchant, avait fait des auréoles sur sa robe noire. Claire ne répondit pas. Les enfants, attablés dans la cuisine, repoussaient des bouts de pruneaux déchiquetés sur le rebord de l’assiette. Margot serra l’épaule de sa petite sœur, même si ça ne servait à rien.
— Maman, bouda Zoé. J’aime plus les pruneaux…
Claire vit la boîte posée sur le bar de la cuisine.
— Ah, oui ! fit Margot. Un ami à toi est venu déposer ce paquet pour toi tout à l’heure : un grand brun, l’air pas bien réveillé… (Puis elle se tourna vers la table des enfants.) Mais si, enfin, c’est très bon les pruneaux !
Il s’agissait d’une boîte en fer-blanc, qui valait dix fois son prix dans les boutiques de Long Street. Claire trouva des photos d’elle à l’intérieur — elle et les enfants, elle et Dan, elle seule, parmi les oiseaux du parc Kruger… Il y avait aussi un dépliant de voyage à destination de l’Europe, ses carnets d’enquête, que Dan gardait par phobie des bugs informatiques, deux ou trois bricolages ramenés de l’école par les enfants, et les mots d’un autre, sur une feuille blanche pliée en deux :
Dan ne gardait presque rien dans ses tiroirs — tout dans sa tête. J’ai pensé que ça te ferait plaisir d’avoir ces affaires. Je ne sais pas quoi dire, Claire : amitié ? Tendresse ? Appelle dès que tu peux. Ali aussi t’embrasse.