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Le trouillometre à zéro

Электронная книга - «Le trouillometre à zéro». Краткое содержание книги:

Ils voulaient pas que je sorte ce livre.
Ils m'ont dit : « Non ! T'as pas le droit, des choses pareilles, de les mettre sur le marché ! »
« Elles sont épouvantablement affreuses », ils m'ont dit !
« Elles vont leur chanstiquer la pensarde, comme à toi dans le bouquin ! »
« Des lecteurs aussi fidèles, Ça se ménage, ils ont ajouté. Ils ont droit que tu fasses gaffe à leur mental. »
« Rends-les pas fous, Sana ! Ce serait trop injustement injuste ! En tout, y a des limites à pas enfreindre ! »
Ils m'ont dit bien d'autres trucs encore.
M'ont balancé des menaces odieuses, même, je certifie.
Z'ont même demandé au président de la République d'interviendre. Et il l'a fait !
J'ai la lettre, te la montrerai !
Mais moi, plus on veut me dissuader, plus j'obstine. C'est dans mon caractère !
Alors, voilà ce bouquin, intact ! J'y ai pas déplacé une virgule, pas une faute de français !
Un petit conseil ultime : si tu portes un râtelier, ôte-le avant de le lire, car il est désagréable de bouquiner en produisant un bruit de castagnettes !
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Les troufions qui s'y trouvaient f'saient à gagla. Mathias leur a demandé après mon neveu par alliance.

Sa voix s'enroue.

— Tu sais quoi, grand ? Marie-Marie est veuve : son petit doc s'a pendu dans sa cellote. Ie ne pouvait plus supporter sa carcération.

Il soupire :

— Je sais pas comment t'est-ce elle va prende la chose, c'te pauve agnelle ; quoique, côté bistounette, y n'avait pas l'air téméraire, ce garçon. Le zob à crampons, y semblait ignorer. Quand je lu f'sais des astuces sur la chose du rada, y contournait la converse, ce qu'est mauvais signe.

Je suis contraint d'avouer que le veuvage blanc de Marie-Marie ne me consterne pas outre mesure. Libre ! Elle est de nouveau libre ! Libre et intacte ! Je crois avoir rêvé la chose ! N'est-ce pas encore quelque illusion maudite ? Non, tu me jures ?

Le roi Béru continue :

— Ayant fait chourave à la caserne Yapabézeff, on a décidé de s'éponger par Israël, l'Incendié et ma pomme. Pourtant, ça me taraudait d'en retourner les mains vides.

— Si maintenant qu'on dispose de ce bulldozer, on allait ratisser un peu la cabane à Monkhu. Je propose au Rouquemoute.

— Si tu voudras, rétroque Mathias.

— Non, je t'ai répondu : Si tu veux, précise le Flamboyant.

— Et où est la différence, grand marie ? Or, donc, on se pointe pile que la taule cramait. Une Range Rover en décarrait. La suite, tu connais ?

Pour conclure, je te le dis, Antoine, ce char, il nous aura sorti l'épine du pied et les pines du cul !

Il rit fort car il raffole de ses bons mots.

— C'est pas le tout, dit-il, faut qu'on va partager. Moi, vous savez mon honnêteté ? Pas question de tout garder pour moi.

— Partager quoi ?

— Ben, l'argent du blindé. Je viens de le vendre à l'armée israélienne. Mais les affaires, avec les trépanés du gland, c'est pis que le Tournoi des Cinq Nations ! Enfin y m'en ont tout de même donné un centime du kilo ; et comme y pèse cent tonnes !

FIN TOTALE

Putain ! Tu en as acheté combien ? demande M. Blanc, frappé par l'ampleur de ma gerbe de roses.

— Vingt-cinq.

— Pourquoi pas deux douzaines ?

— Tu ne sais pas qu'il faut toujours un nombre impair pour assurer la complète harmonie d'un bouquet ?

— Encore une connerie de vos civilisades ! ronchonne-t-il.

— Béru, qui s'assoupissait, redevient présent à l'extrême.

— Arrête de toujours te foute de nos gueules de Blancs, moricaud, sinon je te shoote dans tes cocotiers ! On t'avait pas sonné, balayeur !

Jérémie sort de la bagnole.

— Décidément, me dit-il, je peux plus supporter ce gros sac de conneries. Il a beau m'avoir sauvé la vie, il me fait chier, mon vieux ! J'en ai déjà rencontré des types qui me faisaient chier, mais qui me fassent chier autant que lui, c'est pas envisageable !

— Allons, monte, Noirpiot ! ordonné-je. Vous n'allez pas recommencer à vous bouffer les noix ! Et puis ta sœur sera joyce de te revoir.

— Et pendant ce temps, toi, tu tireras madame ! fait-il en se réinstallant à bord de ma Maserati.

— C'est pas impossible ! Elle m'a laissé de l'indélébile dans les burnes, et dans l'âme, mon pote !

On fouette le cocher.

Dix broquilles plus tard, c'est la maison de la colonelle Curet-Trécy.

Cadillac V 12 vient nous ouvrir, pimpante avec son tablier rouge et son gros nœud jaune canari dans les tifs. Elle nous saute au cou avec sa fougue coutumière.

— Qui est-ce, ma fille ? chevrote une voix bisaïeulisée.

— Le commissaire Santonio et mon f'è, Maame, avec un gos dégueulasse !

— Qu'ouïs-je ? Mon jeune roi est de retour ?

Ma conquête apparaît dans le hall. Voûtée, béquillante, fanée, s'émiettant.

Elle ressemble à la colonelle, elle a la voix de la colonelle, mais c'est du Canada Dry éventé !

— Seigneur ! mais c'est sa mère ? murmuré-je à travers mes vingt-cinq roses.

— Penses-tu, c'est bien elle, affirme M. Blanc dans un chuchotement.

— Mais, mais comment ça se peut-il ?

— T'avais eu un mirage, grand con, quand je t'affirmais qu'elle était vieille en plein et plus possible !

Je regarde s'avancer l'ancêtre claudicante, qui me sourit à plein râtelier.

— Bon, je sens que ça va êt' à moi d'interviendre, soupire le Gros. A moi de reprendre le flambeau. J' sus le saint-bernard de la baise. Dans les cas désespérés, on fait toujours appel à moi ! Bon, fais-toi pas de mouron, Sana : je vais assurer !

FIN
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Сюжет
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Главный герой
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