Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » Un Héros De Notre Temps - Le Démon
Un Héros De Notre Temps - Le Démon - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Un Héros De Notre Temps - Le Démon

Электронная книга - «Un Héros De Notre Temps - Le Démon». Краткое содержание книги:

Un héros de notre temps est constitué de cinq récits. Dans le premier texte, Béla, un vieil officier, Maximitch, conte les aventures de Petchorin qui enleva Béla, la fille d'un prince tartare. Dans le second texte, le narrateur et Maximitch croisent Petchorin en route vers la Perse. C'est l'occasion pour le narrateur de récupérer des extraits du journal tenu par Petchorin. Ayant appris la mort de Pétchorin, le narrateur publie ces extraits qui constituent les trois textes suivants: Taman, une histoire de contrebandiers, La Princesse Marie, dans lequelle le héros séduit deux femmes, ce qui le conduit à se battre en duel, et enfin Le Fataliste, où le héros s'interroge sur la force de la destinée.
Le Démon est l'histoire du démon qui, survolant le Caucase, s'éprend d'une jeune fille, Tamara, qui attend son fiancé. Celui-ci n'arrivera jamais. Tamara se réfugie ans un monastère, mais le démon la poursuit, et sa vision hante les pensées de la jeune fille.
1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 52
Перейти на страницу:

– J’y crois; seulement, je me demande pourquoi il me semble que vous devez certainement mourir aujourd’hui…»

Ce même homme, qui tout à l’heure avait visé sa tête si tranquillement, soudain se mit à s’irriter et se fâcha.

– En voilà assez, dit-il, en se levant: notre pari est terminé et vos remarques maintenant me paraissent déplacées.

Il prit son bonnet et sortit. Tout cela me sembla étrange, et ce n’était pas en vain.

Bientôt tous s’éloignèrent pour regagner leurs demeures, interprétant diversement les bizarreries de Voulitch, et d’une seule voix, sûrement ils m’appelèrent égoïste, parce que j’avais soutenu un pari contre un homme qui voulait se briller la cervelle; comme si, sans moi, il ne pouvait trouver une occasion favorable.

Je retournai chez moi par les ruelles désertes du village. La lune, pleine et rouge comme un foyer d’incendie, commençait déjà à se montrer au-dessus de l’horizon dentelé des maisons. Les étoiles brillaient tranquillement à la voûte bleu sombre des cieux et je ne pus m’empêcher de sourire en me souvenant qu’il y avait autrefois des hommes sages qui pensaient que les constellations célestes prenaient part à leurs futiles discordes pour un morceau de terre ou pour des droits inventés à plaisir. Eh quoi donc? Ces flambeaux auraient été allumés à leur intention et seulement pour éclairer leurs luttes et leurs triomphes. Mais ils brillent toujours avec le même éclat, tandis que leurs passions et leurs espérances se sont éteintes depuis longtemps avec eux-mêmes, comme un feu mesquin, allumé sur la limite d’une forêt par un voyageur insouciant. Et quelle volonté énergique il leur a fallu, pour se persuader que le ciel entier et ses innombrables habitants, les regardaient avec une participation muette, il est vrai, mais immuable!… Quant à nous, leurs misérables descendants, errant sur la terre sans conviction et sans fierté, sans jouissances et sans douleurs, hormis une peur involontaire, qui nous serre le cœur à la pensée d’une fin inévitable, nous sommes beaucoup plus incapables des grands sacrifices que réclame la noble humanité et même notre propre bonheur; nous savons qu’il est impossible et nous marchons avec indifférence, de doute en doute, comme nos aïeux se sont jetés d’une erreur dans une autre. Nous n’avons, comme eux, ni espérances, ni même cette indéfinissable mais ardente jouissance, que reçoit l’âme, au milieu de ses luttes contre les hommes ou contre le sort…

Beaucoup d’autres pensées de ce genre envahissaient mon esprit; mais je ne m’y arrêtai pas, parce que je n’aime point à m’appesantir sur une idée abstraite quelconque. À quoi cela mène-t-il?… Dans ma première jeunesse, j’étais rêveur; j’aimais à caresser tour à tour des images sombres ou riantes; ce qui me valait une imagination inquiète et avide. Mais que me restait-il de tout cela? Une fatigue, comme après une nuit de combat avec un fantôme et un souvenir confus plein de regrets. Dans ces luttes vaines j’épuisai et l’ardeur de mon âme et la permanence de la volonté nécessaire à une vie active. J’entrai dans cette vie, dont toute l’image était déjà dans ma pensée et je m’ennuyai honteusement comme celui qui lit une mauvaise imitation d’un livre connu depuis longtemps.

Les événements de cette soirée avaient jeté en moi une assez profonde impression et avaient irrité mes nerfs. Je ne savais vraiment si je croyais à la prédestination ou si je n’y croyais pas; mais ce soir-là j’y avais cru fermement. L’épreuve avait été frappante, et quoique je me fusse moqué de nos aïeux et de leur serviable astrologie, j’étais tombé comme eux dans l’ornière. Mais je m’arrêtai à temps dans ce chemin dangereux, ayant pour principe de ne rien récuser d’une manière décisive et de ne croire à rien aveuglément. Je rejetai la métaphysique de côté et je regardai à mes pieds. Ma circonspection vint fort à propos; j’avais failli tomber en heurtant quelque chose de gros et de mou, un corps mort apparemment. Je me penchai, la lune éclairait juste alors le chemin. Devant moi était étendu un porc presque coupé en deux par un coup de sabre… Je venais à peine de le voir, que j’entendis un bruit de pas. Deux Cosaques accouraient d’une rue; l’un vint à moi et me demanda si je n’avais pas vu un Cosaque ivre qui courait après un porc.

Je leur déclarai que je n’avais pas rencontré de Cosaque, mais je leur montrai la malheureuse victime de sa furieuse bravoure.

«Ce brigand! dit le second Cosaque, quand il a bu du vin nouveau, il faut qu’il mette en pièces tout ce qu’il trouve. Courons après lui, Eremeitch; il faut l’atteindre, car…»

Ils disparurent, je continuai mon chemin avec beaucoup de prudence et enfin je parvins heureusement jusqu’à mon logement.

Je demeurais chez un vieux sous-officier que j’aimais pour sa bonne humeur, mais surtout à cause de sa jolie fille Nastia.

Selon l’habitude, elle m’avait attendu pour m’ouvrir la porte, enveloppée dans sa pelisse. La lune me montra ses chères petites lèvres bleuies par le froid de la nuit. En me reconnaissant, elle sourit, mais je n’allai point jusqu’à elle.

«Adieu Nastia!» lui dis-je, en passant près d’elle. Elle avait envie de me répondre quelque chose, mais elle se contenta de pousser un soupir. Je fermai la porte de ma chambre derrière moi, j’allumai la bougie et me jetai sur mon lit. Cette fois seulement, le sommeil se fit attendre plus que d’ordinaire. L’Orient commençait déjà à pâlir, lorsque je m’endormis, mais évidemment il était écrit aux cieux, que je ne dormirais pas cette nuit. À quatre heures du matin, deux coups de poing ébranlèrent ma fenêtre. Je m’élance:

– Qui est là?

– Lève-toi, habille-toi! me crient quelques voix.

Je m’habillai rapidement et sortis.

– Sais-tu ce qui est arrivé? me dirent d’une seule voix trois officiers placés devant moi. Ils étaient pâles comme la mort:

– Quoi?

– Voulitch a été tué.

Je restai stupéfait.

– Oui, il a été tué! continuèrent-ils. Allons plus vite.

– Mais où donc?

– Tu l’apprendras en route.»

Nous partîmes: ils me racontèrent tout ce qui était arrivé, en faisant différentes remarques sur le compte de cette prédestination qui l’avait soustrait à une mort inévitable une demi-heure avant sa mort. Voulitch allait seul dans une rue obscure. Le Cosaque ivre qui avait coupé en deux le porc, s’était trouvé devant lui et peut-être serait-il passé à côté sans l’apercevoir, si Voulitch ne s’était arrêté et ne lui avait dit: qui cherches-tu, mon cher? Toi! avait répondu le Cosaque en le frappant de son sabre, et il l’avait traversé presque de l’épaule au cœur…

Les deux Cosaques qui m’avaient rencontré et qui poursuivaient l’assassin étaient arrivés juste à temps pour ramasser le blessé, mais il rendait déjà le dernier soupir et n’avait pu dire que ces trois mots: «il avait raison!» – Moi seul je compris l’obscure signification de ces paroles; elles s’adressaient à moi. Je lui avais prédit involontairement sa triste destinée. Mes pressentiments ne m’avaient pas trompé, et effectivement j’avais distingué sur son visage le signe d’une fin prochaine.

L’assassin s’était enfermé dans une cabane vide, au bout du village. Nous y allâmes. Une foule de femmes couraient de ce côté, en poussant des gémissements. Au même instant un Cosaque sauta dans la rue, brandissant un poignard, et se hâtant, nous devança à la course. L’alarme était effrayante.

1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 52
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)