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La Maldonne des sleepings

Электронная книга - «La Maldonne des sleepings». Краткое содержание книги:

« Dans les trains de nuit, mon boulot, c'est le sommeil des autres.
Mais quand il s'agit de veiller sur un dormeur que l'Europe s'arrache, quand les contrôleurs, les douaniers et les énervés du cran d'arrêt cherchent à me poinçonner, je regrette le doux temps de l'Orient-Express…
Tout ce que je désire, c'est éviter de me faire descendre à la prochaine… »
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J'ai tiré.

Pour échapper à leurs cris j'ai pressé les mains sur mes oreilles. Il s'est arc-bouté, dans le silence, et s'est écroulé à terre.

Elle a le visage défiguré de haine, elle tente de sortir de sous ce corps inerte. Le train s'est arrêté, j'ai cru que c'était à cause de moi.

Ce n'est que l'entrée en gare.

Je ferme les yeux en attendant qu'il reparte, doucement, sur le quai. Il fait noir mais je le sens, je le devine, il longe le quai 2, il s'étire jusqu'aux abords du hall. Et finit par se figer.

Le couloir s'est vidé, sans moi. J'ai vu le revolver pendre au bout de mon bras et l'ai jeté à terre. Il faut que je prenne mon sac, avant de descendre. Je regarde ma cabine, je l'inspecte, sûrement pour la dernière fois, le bac de linge dans lequel il faut plonger pour atteindre les derniers draps propres, l'armoire à passeports, la banquette des nuits paisibles et sans sommeil. Mes jambes flageolent sur le marchepied, tous ces gens pressés me donnent un peu le vertige.

Une voix de femme qui surgit, partout dans les haut-parleurs.

Je pose un pied sur la terre ferme.

Les collègues du Florence me tapent sur l'épaule, au passage. Je souris. Un vent frais me caresse le cou, et j'avance, malhabile, jusque dans le hall.

Des gens s'embrassent et se cherchent, ils vont tous plus vite que moi, ils s'engouffrent dans le sous-sol, vers le métro et les taxis.

Deux stations jusqu'à Saint-Paul, un petit peu de marche pour rejoindre la rue de Turenne. Je vais y aller à pied. Aux abords du café, juste sous le restaurant du « Train Bleu », je vois Éric et Richard, debout. J'ai l'impression qu'ils m'attendent. Ils se taisent à mon approche. Richard n'ose aucun geste, aucune parole. Éric fait un léger pas en arrière. Je réfléchis, un peu, le nez en l'air.

Et, le geste incertain, je rentre la main dans mon sac et fouille pour en sortir une boule molle. Blanche. Éric me regarde, intrigué. Inquiet. Pour qu'il comprenne bien ce qu'est la boule, je l'ouvre en deux, en deux gants de soie. Et je les engouffre dans la pochette de son blazer.

— Garde-les. Et ne m'en veux plus, pour mercredi soir.

Le dôme résonne.

J'ai regardé vers la sortie « Grandes lignes ». Et m'y suis engagé.

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Главный герой
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