Terminus Elicius
- Автор: Giébel Karine
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Éditions Pocket
- ISBN: 978-2266223720
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Terminus Elicius». Краткое содержание книги:
Il n’y avait pas grand monde dans le wagon, ce soir. Quelques habitués, quelques inconnus. Le train quitta Saint-Charles et Jeanne posa son sac à ses pieds. Elle n’avait pas apporté de roman, elle allait s’ennuyer. Elle pensait à Elicius, elle pensait au capitaine Esposito. Deux êtres que tout séparait ; tout, sauf elle. J’ai été tellement nulle, avant-hier. Tellement nulle ! J’aurais dû lui dire que je le trouvais beau, que j’avais envie de vivre quelque chose avec lui… Si t’étais pas si conne, ma pauvre Jeanne ! Tu t’es comportée comme une gamine de quinze ans ! Morte de peur, Jeanne !
Les murs, les tags, la chaleur lourde avant l’orage. La lumière grise qui filtrait au travers des nuages déjà épais. Un train d’enfer. Elicius, encore. Oublie-le, Jeanne ! Il est en prison, là où est sa place !
Le train prenait de la vitesse. Jeanne, mélancolique, sombrait doucement. Son visage se reflétait dans la vitre sale. Qui es-tu, Jeanne ? De quoi es-tu capable ? Fuir, trahir, mentir. Voilà tout ce dont je suis capable. Jugement brutal et sans appel… Les mots d’Elicius vinrent à son secours. Si beaux, si touchants. Ces mots qu’elle ne lirait plus…
Instinctivement, elle glissa sa main à droite du siège pour éprouver le vide. Mais ses doigts effleurèrent quelque chose de familier. Non ! C’est pas possible ! Paniquée, elle enleva tout de suite sa main. Comme si elle venait de se brûler. Non ! C’est pas possible ! Elle tremblait, maintenant. Mais il fallait qu’elle en ait le cœur net. Alors, elle prit l’enveloppe. Toujours la même. La même écriture sur le même papier. D’un geste mal contrôlé, elle déplia l’unique feuille. Seulement quelques lignes. Quelques mots qui allaient forcément changer le cours de sa vie.
« Vendredi, le 12 juin,
Jeanne,
Il y a des choses irréversibles. Des blessures inguérissables. Vous étiez ma seule source de vie et d’espoir. La seule personne qui comptait. Mais je devais savoir si je pouvais avoir confiance en vous. Savoir si vous m’aimiez autant que je vous aime. Il fallait que je sache, Jeanne. Et maintenant, je sais. Je sais à quel point votre trahison m’a fait mal. À quel point elle a brisé mes derniers espoirs.
J’ai tué sept bourreaux.
Sept sur huit, Jeanne.
Notre rencontre aurait dû être la plus belle. Pour vous, elle sera la dernière.