L'Automne a Pekin
- Автор: Виан Борис
- Год: 1947
- Язык: французский
- Год: Éditions 10/18
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «L'Automne a Pekin». Краткое содержание книги:
— Il va dormir et se calmer, demanda l’abbé.
— Il aura l’éternité pour ça ! dit Mangemanche. C’était du cyanure des Karpathes.
— La variété active ? dit l’archéologue.
— Oui, répondit le professeur.
Angel regardait sans comprendre.
— Quoi ?… murmura-t-il. Il est mort.
Athanagore l’entraîna vers la porte. L’abbé Petitjean suivait. Le Pr Mangemanche ôtait sa blouse. Il se pencha sur l’interne et lui mit le doigt dans l’œil. Le corps resta immobile.
— Personne n’y pouvait rien, dit le professeur. Regardez.
Angel se retourna. Le biceps de l’interne, du côté du moignon, venait de se craqueler et de s’entrouvrir. La chair, autour de la déchirure, se soulevait en bourrelets verdâtres, et des millions de petites bulles montaient en tourbillonnant des profondeurs obscures de la plaie béante.
— Au revoir, les enfants, dit Mangemanche. Je regrette tout ça. Je ne pensais pas que cela tournerait de cette façon. En fait, si Dudu avait réellement disparu, comme on pensait qu’il le ferait, rien ne se serait passé ainsi et l’interne et Barrizone seraient encore vivants. Mais on ne peut pas remonter le courant. Trop de pente, et puis…
Il regarda l’heure.
— Et puis, on est trop vieux.
— Au revoir, docteur, dit Athanagore.
Le Pr Mangemanche avait un sourire triste.
— Au revoir, dit Angel.
— Ne vous en faites pas, dit l’abbé. Les inspecteurs sont des gourdes en général. Voulez-vous une place d’ermite ?
— Non, dit Mangemanche. Je suis fatigué. C’est bien comme ça. Au revoir, Angel. Ne faites pas l’andouille. Je vous laisserai mes chemises jaunes.
— Je les porterai, dit Angel.
Ils revinrent sur leurs pas et serrèrent la main du Pr Mangemanche. Puis, l’abbé Petitjean le premier, ils descendirent l’escalier bruyant. Angel venait le troisième. Il se retourna une dernière fois. Le Pr Mangemanche lui fit un signe d’adieu. Les coins de sa bouche trahissaient son émotion.
XI
Athanagore était au milieu. À sa gauche marchait Angel qu’il tenait par l’épaule, et l’abbé lui avait pris le bras droit. Ils allaient vers le campement d’Athanagore, pour chercher Cuivre et l’emmener voir Claude Léon.
Ils se turent d’abord, mais l’abbé Petitjean ne pouvait pas supporter ça très longtemps.
— Je me demande pourquoi le Pr Mangemanche a refusé une place d’ermite, dit-il.
— Il en avait assez, je pense, dit Athanagore. Soigner des gens toute sa vie pour arriver à ce résultat…
— Mais tous les docteurs en sont là… dit l’abbé.
— On ne les arrête pas tous, dit Athanagore. Ils camouflent, en général. Le Pr Mangemanche n’a jamais voulu avoir recours au truquage.
— Mais comment camouflent-ils ? demanda l’abbé.
— Ils passent leurs malades à d’autres confrères plus jeunes, au moment où ils vont mourir, et ainsi de suite.
— Il y a là quelque chose qui m’échappe. Si le malade meurt à ce moment, il y a toujours un médecin qui trinque ?
— Souvent, dans ce cas-là, le malade guérit.
— Dans quel cas ? dit l’abbé. Excusez-moi, mais je ne vous suis pas bien.
— Quand un vieux médecin le passe à un confrère plus jeune, dit Athanagore.
— Mais le Dr Mangemanche n’était pas un vieux médecin… dit Angel.
— Quarante, quarante-cinq… estima l’abbé.
— Oui, dit Athanagore. Il n’a pas eu de chance.
— Oh, dit l’abbé, tout le monde tue des gens, tous les jours. Je ne comprends pas pourquoi il a refusé une place d’ermite. La religion a été inventée pour placer les criminels. Alors ?
— Vous avez eu raison de le lui proposer, dit l’archéologue, mais il est trop honnête pour accepter.
— Il est noix, dit l’abbé. Personne ne le lui demande d’être honnête. Qu’est-ce qu’il va faire, maintenant ?
— Je ne pourrais pas dire… murmura Athanagore.
— Il va s’en aller, dit Angel. Il ne veut pas se faire arrêter. Il s’en ira exprès dans un sale endroit.
— Parlons d’autre chose, proposa l’archéologue.
— C’est une bonne idée, dit l’abbé Petitjean. Angel ne dit rien. Tous trois continuèrent à marcher en silence. De temps à autre, ils écrasaient des escargots, et le sable jaune volait en l’air. Leurs ombres progressaient avec eux, verticales et minuscules. Ils pouvaient les percevoir en écartant les jambes, mais par un hasard curieux, celle de l’abbé était à la place de l’ombre de l’archéologue.
XII
Louise :
— Oui.