Le cas Malaussène (tome 1: Ils m'ont menti)
- Автор: Пеннак Даниэль
- Серия: Le сas Malaussène #1
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Gallimard
- ISBN: 978-2070142316
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Le cas Malaussène (tome 1: Ils m'ont menti)». Краткое содержание книги:
Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle.
Enfin, c’est-à-dire, pour être couverts ils ont donné leurs passeports à trois copains qui sont allés bosser en leur nom dans les ONG avec lesquelles ils avaient eux-mêmes pris contact. Comme ça, en cas de problème, les billets d’avion et les contrats signés prouveraient qu’ils n’étaient pas à Paris au moment de l’enlèvement mais au bout du monde, comme d’ailleurs leur entourage familial le croyait. À l’origine, c’était une idée de Tuc qui ne voulait pas compromettre Maracuja si ça tournait mal. Sept s’était arrangé pour les passeports, il avait…
Mais la porte du dortoir s’ouvre.
Gervaise fait une apparition sidérée.
— Venez voir, vite !
Depuis une demi-heure, le noyau familial de la tribu est rassemblé dans le bureau de Gervaise. Il y a là Clara, Thérèse, Louna, Jérémy, Le Petit, Ludovic, Hadouch et Théo. Quelqu’un a battu le rappel. Il s’agissait de prévenir ceux qui n’étaient pas au courant. Une chose à vous dire : Ce sont les gosses qui ont enlevé Lapietà.
Les gosses ?
Les nôtres, Mara, Sept et Mosma.
Non ?
Si.
Mais je les croyais dans leurs ONG.
Ils étaient ici.
Vous vous rendez compte ?
Tout le monde se rend compte.
Vous imaginez la situation de Verdun ?
Ils imaginent.
On leur a raconté le reste, la nuit qu’on vient de passer, la fusillade sous la Défense, le deuxième enlèvement…
LE PETIT : Merde alors !
JÉRÉMY : Cette fusillade, il y a eu des témoins ?
GERVAISE : Apparemment non, d’après Titus et Manin, personne, ça s’est passé très vite dans une espèce de coude de l’autoroute A4 qui n’est pas vraiment un lieu de passage, plutôt une sorte de parking, presque un cul-de-sac.
Ainsi va la conversation jusqu’à ce que Théo demande :
— Et le chèque du parachute doré, la rançon, elle a été remise à l’Abbé, ce matin, sur le parvis de Notre-Dame ?
— Je sais pas.
— Moi non plus.
— Et toi, Hadouch ?
— Je vais pas à la messe tous les dimanches.
— Qu’est-ce qu’ils en disent, aux nouvelles ?
La question étant posée à treize heures pile, on allume la télé. Le sujet fait l’ouverture. On entend le refus catégorique de l’abbé Courson de Loir. Quelqu’un dit : Il est pas si mal ce curé. Beau mec, en plus, lâche Théo. On s’apprête à éteindre, mais voilà que la tête de Benjamin apparaît, plein écran ! Benjamin occupé à expliquer posément qu’il plaint la famille de ces preneurs d’otages.
C’est là que Gervaise fonce chercher Verdun et Titus.
— Qu’est-ce qu’il dit ? demande Titus en découvrant Benjamin dans le poste.
Benjamin fait l’éloge des ravisseurs. Il affirme préférer l’intérieur de ces jeunes têtes à celui de nos têtes gouvernantes et des adultes en général.
Jusqu’à ce que la télé passe à autre chose.
Exit Benjamin.
Voilà.
On éteint.
On se tait.
Assez longuement.
C’Est Un Ange parle le premier. Un murmure consterné :
— Il ne faut pas qu’il apprenne que c’est nous, le pauvre.
Thérèse trouve une justification à la Thérèse :
— Tout à fait d’accord, il a suffisamment écopé dans sa jeunesse.
Monsieur Malaussène approuve.
— Et puis il a assez d’emmerdes comme ça avec ses vévés !
Maracuja conclut, les poings fermés, tout à fait close :
— S’il l’apprend, je me tue.
En fin de chapitre, il reste souvent des miettes. Par exemple cette phrase prononcée par l’ex-commissaire divisionnaire Coudrier à l’autre bout de la France, à la même heure, en commentant le même journal télévisé :
— Aucun doute ma chère Julie, votre Malaussène est un cas ; si après une pareille sortie il ne se trouve pas impliqué d’une façon ou d’une autre dans cette affaire Lapietà, c’est que mon gendre et la police française ont beaucoup changé depuis mon départ à la retraite.
Pour l’instant, le gendre en question a d’autres chats à fouetter. Son ministre de tutelle le tient au bout du téléphone :
— Une seule question, Legendre, et une seule réponse, je vous prie : concernant cette remise de rançon à l’Abbé, pourquoi ne pas m’avoir prévenu qu’il refuserait ?
— …
— J’attends, Legendre.
Ou le bref murmure de Maracuja, quand Titus lui montre le manteau de cachemire — deux fois troué — que Gervaise vient de lui rendre :
— Ben quoi ? Fallait pas m’apprendre à tirer !
VII
LA RENTRÉE
« Si j’y pense il faut que je raconte ça à Malaussène, c’est le genre d’idiotie qui l’amuse. »