Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Les fantômes de Belfast
Les fantômes de Belfast - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les fantômes de Belfast

Электронная книга - «Les fantômes de Belfast». Краткое содержание книги:

Signé le 10 avril 1998, l’Accord de Paix pour l’Irlande du Nord a mis un terme à des années de guerre sanglante. En 2007, Belfast est une ville où se presse une foule d’étudiants et de jeunes cadres, et où ont fleuri bars branchés et boutiques de luxe. Pourtant, les anciennes haines n’ont pas disparu. Entre les anciens militants toujours attachés à leur cause, les activistes reconvertis en politiciens présentables et les gangsters qui prospèrent, le pays cherche son identité. Gerry Fegan, lui, se débat avec ses démons personnels. Depuis qu’il est sorti de la prison de Maze, cet ex tueur de l’IRA est devenu alcoolique. Il est hanté par les fantômes des douze personnes qu’il a délibérément assassinées et ne connaît plus le repos. Le seul moyen de se débarrasser de ces ombres qui assaillent sa conscience sera d’exécuter un par un les commanditaires des meurtres. Mais les nouveaux cadavres que laisse Gerry Fegan sur son passage menacent le précaire équilibre du processus de paix. Une chasse à l’homme commence sur fond de paranoïa et de duplicité, jusqu’à un final explosif.
Avec Les Fantômes de Belfast, Stuart Neville, révélation du roman noir irlandais, signe un thriller où dominent la tension et l’effroi, servi par une écriture tranchante. Il a su donner à son personnage principal un caractère ambigu et profondément tragique. Entre remords et désir de vengeance, Fegan, qui aspire à la rédemption, incarne les contradictions d’un territoire en quête d’identité, où le feu semble toujours couver.
1 ... 39 40 41 42 43 44 45 46 47 ... 79
Перейти на страницу:

Un équilibre qu’à présent Fegan venait perturber. Quelles que fussent les raisons de sa folle vendetta, il détenait potentiellement la capacité de faire dérailler le train politique. Si Campbell avait vu juste et que Fegan réussissait à éliminer McGinty, le parti s’en trouverait meurtri. On le remplacerait, bien sûr — selon certaines rumeurs, son successeur était déjà choisi, en attendant de pouvoir l’écarter —, mais la bande de McGinty ne s’en accommoderait pas. Querelles et rivalités se déchaîneraient. Avec la perte de McGinty, l’Assemblée de Stormont, déjà fragile, se trouverait plus que jamais sur le fil du rasoir.

Cela ne faisait aucun doute : Fegan devait disparaître.

Et ensuite ?

Campbell se rappela ce qu’avait dit l’agent. Tout arrêter ? Non, c’était impossible. Lorsqu’il fermait les yeux et s’imaginait quitter cette vie, c’était comme s’il se jetait du haut d’une falaise. Une longue chute vers le néant. Rien que d’y penser, la tête lui tournait.

Du temps de son arrivée à Belfast avec la Black Watch, on disait que ça ne finirait jamais. Les dissensions, les haines, étaient trop profondément enracinées. La sale guerre continuerait à jamais, à coups de bombes et de cadavres entassés. Les politiques s’écrasaient devant le fanatisme de leurs électeurs, et les groupes paramilitaires gagnaient trop d’argent pour se retirer du jeu.

Pourtant, malgré tous les obstacles qui semblaient insurmontables, ils avaient réussi. Campbell ne parvenait pas à y croire. Tout cela lui paraissait irréel. À force de cajoleries et de chantage, sous les pressions exercées par les gouvernements britannique et irlandais, les politiques avaient fini par trouver une solution. Ce minuscule pays, au bout de quatre-vingts ans de luttes et de conflits, pouvait enfin se tourner vers l’avenir.

Campbell, non.

En descendant de voiture, un proverbe chinois lui revint à l’esprit. « Tel est chanceux, qui vit une époque porteuse de fruits. »

Il s’engagea dans un passage qui s’ouvrait entre deux maisons et débouchait sur une ruelle parallèle à Calcutta Street. Longeant les murs, collant son ombre à la brique, il compta les portails à l’arrière des jardins. La peinture s’écaillait sur celui de Fegan, et les gonds parurent près de céder sous la pression de ses doigts. Un simple coup de pied, ce serait facile, mais il ne voulait pas faire de bruit. Escalader le mur ne le tentait pas plus. Il suffirait à Fegan de regarder par la fenêtre pour le surprendre.

Campbell continua son chemin dans la ruelle. Deux maisons plus loin, il se hissa par-dessus le mur d’un jardin, atterrit silencieusement de l’autre côté, et profita d’une poubelle pour passer dans le jardin voisin. Un petit chien l’accueillit en jappant entre divers pots de fleurs. Jurant à voix basse, Campbell lui lança un coup de pied. Merde ! Avec un tel raffut, autant se ramener à dos d’éléphant.

Sans perdre de temps, afin de ne pas attirer l’attention du propriétaire du chien, Campbell s’approcha du jardin de Fegan, risqua un coup d’œil. C’était une simple courette en ciment hérissée de mauvaises herbes. Il balança une jambe par-dessus le mur, roula et retomba accroupi de l’autre côté. De là, il voyait la fenêtre de la cuisine. Le haut du battant était ouvert. Il pourrait y introduire la main pour le déverrouiller et entrer dans la maison.

Comme la plupart des étroites constructions alignées côte à côte dans les rues de Belfast, la maison comportait deux pièces au rez-de-chaussée, deux à l’étage, ainsi qu’une cuisine en avancée au-dessus de laquelle avait été aménagée une salle de bains. Malgré les aboiements du chien, Campbell entendit par la fenêtre ouverte quelqu’un tousser et cracher ; il se représenta Fegan penché sur la cuvette des toilettes, vomissant des caillots de sang. Prudemment, il s’approcha de la fenêtre de la cuisine.

Personne.

Encore des soupirs et des raclements de gorge à l’étage. Campbell grimpa sur le rebord de la fenêtre, passa un bras par l’ouverture et souleva le loquet. Il ne lui fallut pas longtemps ensuite pour se retrouver à l’intérieur.

De l’évier qu’il enjamba avec précaution, il se laissa tomber sur le sol en linoléum. Les semelles souples de ses chaussures de sport ne produisaient aucun son, et, bouche entrouverte pour respirer sans bruit, il s’avança dans la cuisine où rien ne traînait sauf quelques outils disposés sur une étoffe. On pénétrait ensuite dans un salon, comportant un escalier sur la gauche. Sur un buffet s’alignaient une rangée d’objets en bois poli, un antique poste de radio et une bouteille de whisky vide. D’autres sculptures, plus ou moins achevées, s’entassaient sur la cheminée. Une vieille guitare était appuyée dans un coin.

À présent qu’il se trouvait dans la place, Campbell n’hésita pas. Il gagna l’escalier sur la pointe des pieds. Délaissant le pistolet calé dans sa ceinture, il sortit le petit couteau Gerber de la poche de sa veste. Mieux valait agir en silence. Il débloqua la sûreté. La lame jaillit, fine et tranchante comme un rasoir. Fegan mourrait sans émettre une seule parole.

Campbell repoussa les images de chairs entaillées, fendues par la lame, le claquement du cartilage lorsqu’il se rompt. Le cœur battant, il s’engagea dans l’escalier.

Afin de ne pas le faire craquer sous son poids, il posa le pied gauche sur le bord extérieur de la première marche, le pied droit sur le bord opposé de la marche suivante, et monta ainsi, lentement, silencieux comme un fantôme. Aucun grincement ne signala sa progression.

Par la porte entrouverte de la salle de bains, s’échappaient un trait de lumière ainsi que de pitoyables râles et gémissements. Maintenant qu’il avait atteint le palier, Campbell ne pourrait empêcher les lattes d’un plancher centenaire de donner l’alerte. Il fallait foncer. Dès que les hoquets reprendraient à l’intérieur…

Il bondit et enfonça la porte, prêt à planter son couteau dans la première veine qui se présenterait. Au lieu de quoi, son geste ne brassa que de l’air, décrivant un arc de cercle dans un espace vide devant la cuvette.

Il sentit qu’on lui appuyait un objet dur et froid derrière l’oreille.

« Ne bouge pas », dit Gerry Fegan.

28

Fegan écouta la respiration profonde et contrôlée de Campbell, qui, serrant le couteau dans son poing, se préparait à réagir.

« Je ne te le conseille pas, dit Fegan. Je sais que tu en as très envie, mais si tu bouges d’un seul millimètre, tu es mort. »

Toute la tension de Campbell reflua en lui, tel un ressort étiré qui se replie. Ses épaules s’affaissèrent. Un instant plus tard, l’énergie l’avait déserté.

Fegan lui prit le couteau, en referma la lame d’une pression du pouce et le rangea dans la poche de sa veste. Procédant toujours de sa seule main libre, il fouilla Campbell en lui palpant les flancs, puis le dos où il trouva le Glock 23, sous le blouson en jean. Campbell relâcha sa respiration au moment où il sentit Fegan le délester de l’arme.

« Tourne-toi, dit Fegan. Lentement. Et assieds-toi sur tes mains.

— Je peux baisser le couvercle ? » demanda Campbell.

Fegan appuya le Walther plus fort contre son oreille. « Je m’en fous. Vite ! »

Campbell se pencha pour rabattre le couvercle des toilettes. Puis il s’assit en glissant les mains sous ses cuisses.

« Sous tes fesses, ordonna Fegan. Les mains à plat, pouces vers l’arrière. » Il surveilla Campbell qui adoptait la position en se tortillant.

1 ... 39 40 41 42 43 44 45 46 47 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)