La queue en trompette
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #168
- Год: 1997
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- ISBN: 2-265-06188-3
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «La queue en trompette». Краткое содержание книги:
Le premier était une chienne nommée Jezabelle, mais qui s'appellait Belle tout court. Elle est morte pour avoir mangé une taupe empoisonnée.
Le deuxième, c'est moi : Salami.
Malgré mes origines britanniques, je sors d'un élevage italien dirigé par un ancien chef de la Police romaine.
Je dispose de plusieurs particularités dont la principale est de comprendre couramment le langage humain, voire même de le parler pour peu qu'on établisse un code.
Autre singularité de mon personnage : je préfère les femmes aux chiennes, bien que je n'aie pas eu l'occasion d'en consommer à ce jour.
Encore un fait saillant : je ne réponds pas quand on me siffle. Mon hérédité anglaise, sans doute. Au restaurant, j'abomine « la gamelle à Médor » sous la table. Généralement, je prends mon repas assis sur une chaise, en face ds San-A.
J'ai encore beaucoup, beaucoup d'autres choses pas tristes à révéler ; mais je ne vais pas résumer au dos d'une couverture ce que mon connard de maître à raconté en trois cents pages !
Il aurait l'air de quoi ?
— Vous le pensez vraiment ?
— Tout à fait, je vous en donne ma parole.
Elle murmure :
— Vous croyez que…
Se tait, mais j’ai pigé. Il renifle tout, le bel Antonio.
— Oui, madame Izaure : nous nous reverrons, promets-je, et le plus rapidement possible ! J’ai réellement envie de vous fourrer !
Je raccroche sur cette promesse catégorique et presque bifide. Pinaud essuie d’une main tremblante la commissure chassieuse de ses yeux veloutés.
— Saperlipopette ! jure-t-il, j’ai encore une nouvelle à te transmettre, mais là ! je ne me rappelle plus quoi.
— Pas grave, César, je suis sûr que, sur ton lit de mort, ça te reviendra.
Et nous décarrons enfin en direction de l’hôpital.
À mon arrivée, il pleurait…
Il fixait le plaftard, et des larmes dégoulinaient des fentes de ses yeux. Généralement, on se tient à la verticale, alors nos pleurs tombent. Dans le cas présent, elles ruisselaient dans ses oreilles. C’était affligeant. La plupart des handicapés jouissent d’une grande force de caractère leur permettant de s’assumer. Voir chialer ce garçon qui, naguère, bouffait à pleines chailles la vie et la vitesse me file un coup de buis.
Je me penche sur sa couche :
— Votre âme est à l’orage, cher Casanova ?
Lui saisis une pattoune. Il amorce un sourire à travers son rideau de pluie.
— Prenez sous mon oreiller ! fait-il.
J’obéis, ramène une lettre froissée que je lui présente.
— Lisez !
Je commence par la signature : « Valériane ».
Renseigné sur le rédacteur de la babille, j’en prends connaissance :
Luciano mio,
Je crois que l’heure est venue de te dire adieu. Vois-tu, mon bien-aimé, certaines périodes de notre existence sont pareilles à des boomerangs dont tu veux te défaire mais qui reviennent te frapper par-derrière au moment où tu ne t’y attends plus.
Lors de mon séjour romain, un concours de circonstances m’a amenée à rencontrer des gens que j’ai trouvés intéressants de prime abord, mais qui, à l’expérience, se sont montrés dangereux. J’ai voulu les fuir et le répit que j’ai connu ensuite m’a donné à croire que j’en étais débarrassée. Hélas, ils ont réapparu avec des exigences plus fortes qu’auparavant. Ma vie est devenue un enfer. Je sais que tous mes efforts sont vains et qu’ils me feront disparaître car je suis au courant de trop de choses les concernant. Devant cette éventualité, je tiens à te dire que tu auras été mon unique amour. Un sort funeste nous aura brisés, Luciano moi. Puisse Dieu nous réunir un jour, et pour toujours. Je t’aime.