La matrone des sleepinges
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #155
- Год: 1993
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- ISBN: 2-265-04899-2
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «La matrone des sleepinges». Краткое содержание книги:
Jamais ?
Alors t'as tout raté !
Tu sais qu'il s'en passe des choses dans ce train de rêve ?
Et pas seulement celles que tu crois.
Des choses que t'en reviendras pas.
Je connais des tas de mecs qui n'en sont pas revenus.
Qui n'en reviendront jamais ! Cela dit, la baronne Van Trickhül ne le prend pas à chacun de ses trajets.
En voilà une, je te la recommande !
La Matrone des Sleepinges, je l'appelle.
Au retour, j'ai essayé de compter les macchabées jalonnant sa route ; comme j'avais pas de calculette, j'y ai renoncé.
Mais lorsque t'auras terminé la lecture de cette épopée ferroviaire, tu pourras t'y coller, si ça t'amuse.
Si on te filait dix balles par tête de pipe, t'aurais de quoi prendre l'Orient-Express à ton tour.
Auquel cas tu devrais faire poinçonner ton bifton plutôt que ta tronche !
Il se laissa subtiliser la clé, le niais. Et sais-tu par qui, Denis ? Par la petite Gwendoline qui avait décidé de jouer seule sa partie de baccara. Cette gosseline fut probablement dépistée par sa fausse frangine et, aux abois, glissa la chose compromettante dans ma fouille pendant que je l’embrassais. T’as bien suivi la trajectoire, Edouard ? Tu veux de l’Aspirine ? Non ? T’es sûr ?
Tu penses qu’à Budapest, quand la baronne a voulu faire récupérer la fameuse clé, Cédric était incapable non seulement de la rendre, mais de dire ce qu’elle était devenue, d’où sa triste fin.
— Fatigué, hé ? me demande Buton-Debraghette.
— Ça a été infernal, réponds-je.
— Comment va votre adjoint ?
— Jérémie Blanc ? M. le président de la République l’a fait ramener ce matin par avion sanitaire, son beau-père qui est sorcier et le professeur Ballepot sont à son chevet.
Mon confrère regarde sa fille avec inquiétude, craignant que ma raison ne roule sur la jante.
— Espérons, fait-il. Et la baronne ?
— Quand je l’ai quittée, après mon plongeon dans la tranchée, elle avait une jambe presque sectionnée et une plaie pas très belle au visage.
— Vous pensez qu’elle s’en sortira ?
— Comment le saurais-je ? De plus, je m’en fous.
— Ses complices ?
— Passablement en charpie, mais certains vivaient encore.
— Vous ne vous êtes pas occupé d’eux ? s’étonne le chosefrère avec de la réprobation plein la voix.
Je rejette ma tête en arrière et soupire :
— Ecoutez, Nicolas. Quand pendant deux heures vous tenez dans le creux de vos mains deux grenades dégoupillées pour les empêcher d’exploser et qu’en prime vous avez une capsule de cyanure collée à la gencive, vous n’avez pas envie de faire le ménage ni de changer l’eau du canari avant de partir. Moi, ces pourris, j’en ai rien à branler. J’ai pu m’en tirer à force d’énergie et de présence d’esprit et je m’en félicite. Une fois ces coquins neutralisés, j’ai sauté dans l’une des deux tires et foncé jusqu’au consulat de France de Bucarest.
— Bien sûr, bien sûr ! se hâte mon homo.
Sa fille lui chuchote qu’elle n’aurait jamais pu avoir un père plus con que lui et il en convient tristement.
— Et le… la… ? attaque-t-il.
— Oui ?
— La clé ?
— Avant de me tirer, je l’ai reprise à la baronne, naturellement et, en arrivant à Paname, j’ai couru la porter au président.
— Le président de… ?
— Lui-même.
— Vous le voyez beaucoup ?
— Pas plus qu’il n’est nécessaire, cher Nicolas. Mais c’est un homme astucieux, ses ennemis eux-mêmes l’admettent, il saura exploiter ce gadget.
Ma porte s’ouvre à la volée et Béru surgit, écarlate, suivi de notre ami Pourrinet avec sa polka.
— Mais voui ! Mais voui ! glapit Alexandre-Benoît, bien c’qu’ j’croivais : M’sieur l’dirluche est là, qui s’ royaume, pendant qu’on s’esquintait Pogne av’c les z’Hongrois pour s’en arracher. En v’là un qu’sa tronche enfle comme une poutre d’puis qu’il a l’fion dans c’fauteuil ! Du temps qu’il était commissaire, jamais y n’m’eusse laissé macérerer dans un caca pareil, sans s’l’ment lever l’petit doigt !
A mon tour d’aboyer :
— Et pourquoi crois-tu qu’ils t’ont relâché, les z’Hongrois, dis, grand con ? A cause de ta culture et de ta grosse queue ? Il a fallu l’intervention du président en personne pour qu’on vous élargisse !
La fille Buton-Debraghette s’approche de moi et me chuchote :
— C’est vrai qu’il l’a si grosse que ça, ou bien vous plaisantez ?
— Il ne l’a pas grosse, il l’a énorme ! réponds-je. Sa bite est incontournable, ma chérie. On n’a pas le droit de venir à Paris sans visiter ce monument !
Elle me remercie d’un gentil battement de cils.