L’indice de la peur
- Автор: Харрис Роберт
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Éditions Plon
- ISBN: 978-2259214827
- Переводчик: Natalie Zimmermann
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «L’indice de la peur». Краткое содержание книги:
La folie le guette et pendant ce temps l'indice de la peur s’emballe, le système devient incontrôlable, est sur le point de provoquer un krach boursier sans précédent. La panique s’empare des marchés et l'étau se referme : Alexander ne pourra peut-être plus détruire le monstre qu’il a créé, un monstre numérique et immortel.
— Oh, non, dit-il.
— Allez, Alexi, le pressa à mi-voix Quarry, rien que deux mots et puis ce sera terminé pour une huitaine d’années.
— Je ne peux pas, vraiment.
Mais ses mots furent accueillis par une salve de « Non ! » et de « Quel dommage ! » si sincères qu’Hoffmann se leva malgré lui. Sa serviette glissa de ses genoux et tomba sur la moquette. Il posa une main sur la table pour reprendre son équilibre et trouver quoi dire. Sans y penser, il regarda par la fenêtre, sa vue englobant, maintenant qu’il était debout, non seulement la rive opposée, le Jet d’eau et les eaux ténébreuses du lac, mais aussi la promenade où l’impératrice avait été poignardée, juste devant l’hôtel.
Le quai du Mont-Blanc est particulièrement large à ce niveau. Il abrite une sorte de jardin miniature bordé de tilleuls, de bancs, de petites pelouses soigneusement tondues, de lampadaires Belle Époque et de topiaires vert sombre. Le quai forme à cet endroit une rotonde délimitée par une balustrade en pierre, qui s’avance dans l’eau et donne en contrebas sur un embarcadère et la station de ferrys. Cet après-midi-là, une dizaine de personnes faisaient la queue devant le petit kiosque de métal blanc pour acheter un ticket de traversée. Une jeune femme coiffée d’une casquette de base-ball rouge passa à côté sur des rollers. Deux hommes en jean promenaient un grand caniche noir. Hoffmann posa enfin les yeux sur une apparition émaciée vêtue d’un manteau de cuir brun, postée sous l’un des tilleuls vert pâle. Il avait une mine de déterré, comme s’il venait de vomir ou de s’évanouir, et des yeux enfoncés dans des orbites violacées sous un front proéminent dont tous les cheveux étaient tirés en arrière en un catogan gris. Il regardait directement la fenêtre d’où le contemplait Hoffmann.
Celui-ci sentit ses membres se bloquer. Pendant plusieurs secondes, il fut incapable de bouger. Puis il recula instinctivement d’un pas, renversant sa chaise. Quarry, qui le surveillait avec inquiétude, lâcha :
— Bon Dieu, tu vas tomber dans les pommes.
Il voulut se précipiter, mais Hoffmann leva la main pour l’arrêter. Il s’éloigna d’un autre pas de la table et se prit les pieds dans la chaise retournée. Il trébucha et faillit tomber, mais il sembla alors à ceux qui l’observaient que cela rompit la force qui le paralysait car il écarta soudain le siège d’un coup de pied, fit volte-face et courut vers la porte.
Hoffmann eut à peine conscience des exclamations étonnées qui fusaient de toutes parts ou de Quarry qui l’appelait par son nom. Il remonta au pas de course le couloir aux miroirs et dévala l’escalier, saisissant la rampe pour négocier les paliers. Il franchit les dernières marches d’un bond, dépassa son garde du corps — qui parlait avec la concierge de l’hôtel — et déboucha sur la promenade.
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« … la lutte [pour l’existence] est presque toujours beaucoup plus acharnée entre les individus appartenant à la même espèce ; en effet, ils fréquentent les mêmes districts, recherchent la même nourriture, et sont exposés aux mêmes dangers. »