Les camionneurs [Truckers - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Серия: Gnomes (fr) #1
- Год: 1996
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-24178-4
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Les camionneurs [Truckers - fr]». Краткое содержание книги:
Et Arnold Frères (fond. 1905) vit que cela était bon…»
Ce ne sont pas les gnomes établis là depuis des générations qui diront le contraire. Climatisation, moquette et nourritures terrestres à profusions… On trouve de tout chez Arnold Frères, il suffit de le chaparder à ces balourds d’humains !
Mais une terrible nouvelle va fracasser cette existence paradisiaque : le Grand Magasin doit être démoli.
Que faire ? Fuir vers le Dehors ? Mais est-ce que ça existe seulement, le Dehors ? Et peut-on s’y rendre en camion ? Si oui, comment passer les vitesses quand on ne mesure que dix centimètre de haut ?
C’était Prix Sacrifiés.
Masklinn sentit son cerveau formuler des pensées limpides, au ralenti.
Il s’agit d’un humain ordinaire, lui disait son cerveau. Aucune raison d’avoir peur. Un humain banal qui porte son nom sur lui au cas où il l’oublierait, comme les humaines du Grand Magasin, qui s’appelaient « Tracy », « Sharon » ou « Mrs J.E. Williams, Responsable de Rayon ». C’est seulement ce brave vieux « Sécurité », une fois de plus. Il vit dans la chaufferie et boit du thé. Il a entendu le bruit.
Il vient voir ce qui l’a provoqué.
C’est-à-dire : nous.
— Oh, non, chuchota Angalo tandis que la silhouette s’avançait dans le garage d’un pas pesant. Tu as vu ce qu’il a en bouche ?
— Oui, une cigarette. J’ai déjà vu des humains qui en avaient. Et alors ?
— Elle est allumée, expliqua Angalo. À ton avis, il n’a pas reniflé l’odeur des sens d’yesel ?
— Qu’est-ce qui va se passer si ça prend feu ? demanda Masklinn, avec le pressentiment qu’il connaissait déjà la réponse.
— Ça fait broumpt ! répondit Angalo.
— Broumpf ? C’est tout ?
— Ça suffit, broumpf.
L’humain s’approchait. Masklinn distinguait ses yeux à présent. Les humains n’étaient pas très doués pour voir les gnomes, même des gnomes immobiles, mais il ne manquerait pas de se demander pourquoi un camion avançait tout seul dans le garage au milieu de la nuit.
Sécurité arriva au niveau de la cabine et tendit lentement la main vers la poignée de la portière. Le faisceau de sa torche pénétra par la glace sur le côté et, à cet instant, Gurder se redressa de toute sa taille, frémissant de fureur.
— Arrière, infâme démon ! s’exclama-t-il, éclairé comme par un coup de projecteur. Entends les annonces d’Arnold Frères (fond. 1905) ! Interdit de Fumer ! Sortie de secours !
Le visage de l’humain se plissa sous l’effet d’une stupeur pesante. Puis, avec la lenteur des nuages dans le ciel, il arbora une expression de panique. Il lâcha la poignée de porte, tourna les talons et commença à se diriger vers la petite porte à ce qui, pour un humain, représentait une vive allure. Ce faisant, il laissa tomber de ses lèvres la cigarette embrasée qui, pirouettant dans les airs, fila lentement vers le sol.
Masklinn et Angalo se regardèrent, puis se tournèrent vers le signaleur.
— Vitesse maximum ! hurlèrent-ils en chœur.
Un instant plus tard, le camion frémit tandis que les équipes engageaient la délicate manœuvre d’un changement de vitesse. Puis il avança.
— Vite ! J’ai dit vite ! s’égosilla Masklinn.
— Qu’est-ce qui se passe ? leur cria Dorcas. Et la porte ?
— On va l’ouvrir ! On va l’ouvrir ! hurla Masklinn.
— Comment ?
— Ben, elle ne paraissait pas très épaisse, non ?
Le monde des gnomes est, d’un point de vue humain, un monde de vitesse. Ils vivent à un rythme si accéléré que tout ce qui se passe autour d’eux paraît très lent. Ainsi le camion parut-il flotter dans le garage, gravir la pente en direction de la sortie et heurter la porte de façon paisible. Un boum prolongé, un hurlement de métal qu’on arrache, un raclement persistant contre le toit du camion, et soudain, la porte disparut, remplacée par du noir piqué de lumières.
— À gauche ! Tournez à gauche ! hurla Angalo.
Le camion dérapa au ralenti, rebondit mollement contre un mur et continua un instant sa course le long de la rue.
— Continuez ! Continuez ! Maintenant, redressez !
Une lueur vive éclaboussa brièvement le mur, à l’extérieur de la cabine.
Et puis, derrière eux, un bruit qui faisait : broumpf.
13
I. Ainsi parla Arnold Frères (fond. 1905) : Tout est désormais consommé.
II. Tous les Rideaux, les Moquettes, les Literies, la Lingerie, les Jouets, la Mercerie, la Maroquinerie, la Quincaillerie, l’Électro-ménager.
III. Tous les Murs, les Planchers, les Plafonds, les Ascenseurs, les Escaliers qui bougent.
IV. Tout doit disparaître.