Renifle, c’est de la vraie
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #137
- Год: 1988
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- ISBN: 2-265-03880-6
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Renifle, c’est de la vraie». Краткое содержание книги:
Oui, mais sale nouvelle pour les perdreaux !
Les flics se ramassent à la pelle dans les rues de Paname !
Il faut absolument qu'on fasse quelque chose, non ?
Alors on fait.
Béru, par exemple, se déguise en gardien de la paix. Comme il prend du service dans le quartier des putes, c'est pas triste, malgré l'hécatombe !
Franchement, si t'es contre la chicorne, la baise et la franche rigolade, vaut mieux que tu relises l'annuaire des Chemins de fer.
Il répond spontanément :
— Nous étions proches de la démobilisation. Une circulaire est passée comme quoi la police municipale parisienne cherchait à recruter des effectifs, de préférence chez les militaires d’élite. Comme nous étions sans projets précis, on s’est dit, avec mes deux copains, qu’après tout, c’était pas plus bête qu’autre chose.
— Militaires d’élite, reprends-je. Tu m’as dit, le jour de notre rencontre, que Santorches avait eu une conduite courageuse au Liban, ou un truc de ce genre, tu te rappelles ?
Il acquiesce.
— C’était quoi, les faits d’armes, Jeannot ?
Il réfléchit peu, s’exclame :
— Oh ! oui…
Ça y est, des giclées de souvenirs lui sortent. Il revit le bigntz de là-bas, le brave agent.
— Ça a concerné Edouard et Octave, déclare-t-il.
— Je t’écoute.
— Un jour, ils ont reçu pour mission de convoyer un personnage important jusqu’à l’ambassade de France. Ils étaient trois, en fait : un dénommé Bobraque servait de chauffeur. Ils sont partis avec une jeep bâchée. C’était un jour ou ça chicornait dur dans Beyrouth. Chemin faisant, ils ont été assaillis par un groupe de Palestiniens. Bobraque a été flingué et eux faits prisonniers avec le type qu’ils escortaient. Je me rappelle plus où on les a embarqués, tous les trois. Dans un P.C. des quartiers tenus par les Syriens, il me semble. Là, on a commencé par leur faire leur fête. Et c’est alors qu’ils ont réussi l’exploit. Edouard Santorches était le plus dur de nous tous. Il conservait toujours un pistolet fixé contre son mollet sous un gros pansement bidon. Profitant d’une accalmie dans son interrogatoire, il a récupéré l’arme et s’en est servi pour allumer leurs tortionnaires. Je dois dire que pour défourailler plus vite qu’Edouard, fallait se lever de bonne heure. On l’appelait Lucky Luke. Octave et lui ont alors sauté par la fenêtre, depuis le premier étage, et ils ont couru jusqu’à la jeep remisée au bas de l’immeuble. Ils ont foncé comme des tordus, sous le feu de leurs poursuivants et sont parvenus à rallier notre quartier général. Ils étaient dans un triste état. On les a fêtés comme des héros !
Je gamberge un brin.
— Après tout, Jeannot, peut-être n’as-tu pas besoin de gilet pare-balles ni d’escorte protectrice. Si cette action a motivé la vengeance qui s’est accomplie à Paris, tu ne crains rien puisque tu n’y participais pas.
Là, il pavoise, mon pote ! Ça ne lui déplaît pas cette perspective d’être à l’abri de ces représailles différées.
— Vous pensez ? rayonne-t-il[5].
— Ben, réfléchis ! Et le type qu’ils convoyaient, qu’est-il devenu ?
— On a retrouvé son cadavre sur le bord de mer, deux jours plus tard, affreusement mutilé.
— Et c’était qui, ce bonhomme ?
— Je l’ignore, monsieur le commissaire.
— Quel genre ? Européen, Arabe ?
— Impossible de vous le préciser, je ne l’ai aperçu que de loin, lorsque mes potes sont partis avec lui. Il était habillé à l’européenne et m’a paru brun, et encore en suis-je bien sûr ?
Il hausse les épaules :
— Ça doit pouvoir être précisé en haut lieu, commissaire. Le colonel Tabite est toujours en exercice. C’est lui qui nous commandait à Beyrouth. Je me suis laissé dire qu’il avait été nommé général l’an dernier et qu’il travaille au grand Etat-Major de l’Armée de Terre.
— Merci pour les tuyaux, Jeannot. Plus j’y pense, plus je suis convaincu que tu n’as rien à craindre. Mais enfin, fais gaffe tout de même.
Je lui prends congé.
Certain d’avoir rassemblé là du « matériel » important pour la découverte de la vérité.
De retour à la Grande Volière, je cherche après Pierrot Poljak, mais il a vidé les lieux en me laissant une note.
Merci de tout cœur, monsieur le commissaire, c’était fa-bu-leux ! Il m’est venu une idée à propos des premiers agents tués. Je vais dans le quartier Saint-Denis vérifier quelque chose. Ensuite je retournerai tout de même chez moi pour changer de linge. A très vite. Votre fidèle :