Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Пост-апокалипсис » Le Pont sur l’abîme [=La Terre demeure / Earth Abides - fr]
Le Pont sur l’abîme [=La Terre demeure / Earth Abides - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Pont sur l’abîme [=La Terre demeure / Earth Abides - fr]

Электронная книга - «Le Pont sur l’abîme [=La Terre demeure / Earth Abides - fr]». Краткое содержание книги:

...même si les hommes passent.
Les romans post-cataclysmiques sont si nombreux dans la science-fiction qu’il serait presque possible de définir cette dernière comme étant la littérature des morts et résurrections de l’humanité.
1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 102
Перейти на страницу:

Les saisons avaient accompli leur cycle et le soleil, pour la seconde fois, déclinait au sud du Golden Gate, lorsqu’un jour Ish et Em gravirent le flanc de la colline pour gagner les rochers. L’après-midi était calme et ensoleillé, chaud même pour la saison. Em portait le bébé emmitouflé dans un châle moelleux. Enceinte de nouveau, elle gardait encore la légèreté de ses mouvements. Ish était chargé du marteau et d’un burin. Princesse avait quitté la maison avec eux, mais, comme toujours, s’était lancée en jappant sur la piste d’un de ses lapins.

Quand ils eurent atteint les rochers, Em s’assit au soleil pour allaiter le bébé, et Ish, avec le marteau et son burin, grava un chiffre unique sur la surface lisse. Le rocher était dur ; pourtant, grâce au lourd marteau et au burin bien tranchant, il eut bientôt tracé une ligne droite. Mais ce serait amusant de l’enjoliver un peu et une cérémonie s’imposait pour commémorer la fin de ce premier circuit que le soleil avait décrit du sud au sud pour eux. Ish ajouta donc un empattement net à la base de la ligne droite et un petit crochet en haut. Le chiffre terminé ressembla au 1 des caractères d’imprimerie.

Ceci fait, il s’assit près d’Em au soleil. Le bébé repu riait aux éclats. Ils jouèrent avec lui.

« Eh bien, c’était l’an 1, remarqua Ish.

— Oui, répondit Em, mais moi je l’appellerai toujours l’année du Bébé. Les noms restent plus longtemps dans la mémoire que les chiffres. »

Ainsi, dès le début, souvent ils désignèrent l’année non par un chiffre, mais par quelque événement qui l’avait marquée.

Au printemps de la seconde année, Ish ensemença son premier potager. Il n’avait jamais aimé le jardinage, aussi ses résolutions et deux tentatives sans enthousiasme ne furent cette année-là récompensées d’aucun résultat. Pourtant, lorsqu’il retourna de sa bêche le sol humide et noir, le contact avec la mère primitive lui fit éprouver une profonde satisfaction.

Ce fut d’ailleurs la seule joie qui lui vint de son jardin. D’abord les semences – il avait eu beaucoup de peine pour les trouver à cause des ravages des rats – avaient plusieurs années d’existence et la plupart ne germèrent pas. Les escargots et les limaces firent ensuite leur apparition ; un poison en triompha. Mais, au moment où la laitue commençait à pommer, un chevreuil sauta par-dessus la palissade et ravagea tout. Ish rehaussa la clôture. Les lapins creusèrent alors par-dessous. De nouveaux travaux devinrent nécessaires. Un soir, un grand fracas le fit accourir et il arriva juste à temps pour chasser une vache qui s’efforçait d’enfoncer la palissade. Nouveaux travaux !

La nuit il était éveillé en sursaut par un cauchemar de cerfs voraces, de lapins et de vaches rôdant autour de son jardin et lorgnant ses laitues avec des yeux de tigre.

En juin ce fut le tour des insectes. Il aspergea ses salades d’insecticide et se demanda s’il oserait les manger au cas où l’une d’elles arriverait à maturité.

Les corbeaux furent les derniers visiteurs du jardin, mais, en juillet, ils compensèrent par leur nombre leur arrivée tardive. Ish fit le guet et en tua quelques-uns. On eût pu croire qu’ils postaient des sentinelles et, dès qu’Ish avait le dos tourné, ils s’abattaient sur les carrés ; il ne pouvait pourtant monter la garde toute la journée. Les épouvantails et les miroirs les éloignèrent pendant vingt-quatre heures, mais ils n’eurent plus peur ensuite.

En désespoir de cause, il protégea avec des moustiquaires les quelques rangées qu’il tenait à préserver et récolta une petite laitue, quelques tomates rabougries et des oignons. Consciencieusement il laissa monter en graine plusieurs plantes qui lui fourniraient des semences pour l’année suivante.

Ses essais de jardinier amateur l’avaient profondément découragé. Cultiver des légumes quand des milliers de banlieusards en font autant est relativement facile ; c’est tout différent quand votre potager est le seul et que de plusieurs kilomètres à la ronde tous les végétariens du monde animal, mammifères, oiseaux, mollusques, insectes, arrivent au galop ou tire-d’aile, en rampant ou en sautillant, et poussent la clameur universelle : « J’ai faim ! »

Juste avant l’automne, le second bébé naquit. Ils l’appelèrent Mary pour la même raison qu’ils avaient nommé John leur premier-né, afin que les vieux noms ne disparussent pas de la terre.

Le nouveau bébé n’avait que quelques semaines lorsque se produisit un autre événement mémorable.

Au cours de ces premières années, Ish et Em, qui menaient une vie heureuse et casanière, avaient eu de temps en temps la visite de voyageurs de passage en auto, ou le plus souvent à pied, que la fumée de leur cheminée attirait à San Lupo. Ces survivants, à une seule exception près, étaient encore traumatisés. Ils étaient pareils à des abeilles qui ont perdu leur ruche, à des brebis sans bercail. Sans doute, en concluait Ish, ceux qui avaient réussi à s’adapter avaient déjà pris racine quelque part. D’ailleurs, homme ou femme, la présence d’un tiers était gênante. Et Ish et Em se réjouissaient lorsque ces êtres nerveux et malheureux se décidaient à continuer leur route.

L’exception fut Ezra. Ish n’oublia jamais cette chaude journée de septembre où Ezra flânait dans la rue, rubicond de visage, son crâne à demi chauve plus rouge encore, les traits tirés. Il aperçut Ish, s’arrêta et, dans un sourire, découvrit ses dents cariées.

« Bonjour, l’ami ! » s’écria-t-il avec une pointe d’accent du nord de l’Angleterre.

Il ne partit qu’après les premières pluies. Il était toujours de bonne humeur, même lorsque ses dents le torturaient, et il possédait le don inestimable de mettre les gens à leur aise. Les bébés avaient toujours un sourire pour Ezra.

Ish et Em auraient bien insisté pour le retenir, mais ils redoutaient la vie à trois, même avec une tierce personne aussi accommodante et aussi sociable qu’Ezra. Un jour, où la vie sédentaire semblait lui peser, ils le congédièrent et lui dirent par badinage de se mettre à la recherche d’une jolie fille et, quand il l’aurait trouvée, de revenir se fixer près d’eux. Son départ fit un grand vide dans la maison.

Déjà le soleil se dirigeait vers le sud. Et quand ils allèrent graver le chiffre 2 sur le rocher, Ezra occupait encore leur pensée bien qu’il fût parti sans espoir de retour. C’était, songeaient-ils, un ami toujours prêt à donner un coup de main, un bon compagnon. En souvenir de lui, l’année prit le nom d’année d’Ezra.

L’an 3 fut l’année des Incendies. En plein cœur de l’été, un nuage de fumée voila le ciel et, plus ou moins épais, de trois mois ne se dissipa pas. Les bébés s’éveillaient parfois avec des quintes de toux, les yeux larmoyants.

Ish imaginait sans peine ce qui se passait. Il n’y avait plus en Amérique de ces forêts vierges d’arbres géants dans lesquelles un incendie est vite éteint et fait peu de dégâts. Exploitées et saccagées par les hommes, les régions boisées présentaient surtout d’épais fourrés où les tas de menus branchages laissés par les bûcherons et les broussailles flambaient comme de la paille. Ces bois étaient la création de l’homme ; ils dépendaient de lui et ne survivaient que grâce à sa surveillance constante. Maintenant les tuyaux restaient enroulés, la rouille recouvrait de rouge les bulldozers ; l’été était particulièrement sec et, dans toute la Californie du Nord et sans doute aussi dans l’Oregon et l’État de Washington, les incendies provoqués par la foudre faisaient rage et les halliers touffus se transformaient en brasiers. Toute une horrible semaine, Ish et Em virent la nuit, au nord du golfe, de hautes flammes claires qui ravageaient les flancs de la montagne et ne mouraient que lorsqu’elles n’avaient plus rien à dévorer. Par bonheur, un large bras de mer les protégeait, et la foudre ne tomba pas de leur côté.

1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 102
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)