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Rama II [fr]

Электронная книга - «Rama II [fr]». Краткое содержание книги:

Rama est revenu ! Rama, ou plutôt son double, son clone, son jumeau : Rama II. Soixante-dix ans plus tôt, un mystérieux engin extraterrestre traversait brièvement le système solaire, donnant corps à cette fabuleuse révélation : l’homme n’était pas seul dans l’Univers.
Et voilà qu’en cette année 2196, le scénario se répète ! Un deuxième vaisseau interstellaire, exactement semblable au précédent, se matérialise dans l’espace… L’humanité, pour la seconde fois de son histoire, envoie une équipe de savants à la rencontre du visiteur.
Mission exaltante, bien sûr, mais les intentions des uns et des autres sont-elles aussi nobles qu’elles le paraissent ? Sans oublier celles de l’étranger : pourquoi la nef infléchit-elle brusquement sa course vers la Terre ? Que dissimulent les flancs de Rama II ? Des merveilles… ou un danger mortel ?
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Richard s’installa dans la petite nacelle et attendit que l’algorithme de chargement automatique du microprocesseur l’eût assujettie au câble.

— Au fait, dit-il à Janos en entamant l’ascension, je tenais à vous remercier. J’aurais certainement craqué, sans votre bonne humeur.

L’autre homme sourit et agita la main. Richard Wakefield leva les yeux et discerna à peine la lumière du projecteur frontal de Francesca. Elle est à plus de cent étages au-dessus de moi, se dit-il, mais cela représente seulement deux et demi pour cent de la distance qui me sépare du moyeu. Ce vaisseau est vraiment démesuré.

Il plongea la main dans sa poche et en sortit la station météorologique portative que Takagishi lui avait demandé d’emporter. Le professeur désirait disposer d’un relevé précis de tous les paramètres atmosphériques dans la cuvette du pôle Nord. Il lui fallait connaître avec précision la pression et la température en fonction de l’éloignement du sas pour pouvoir établir ses modèles de circulation de l’air à l’intérieur de Rama.

Wakefield regarda le baromètre. De 1,05 bar la pression chuta rapidement au-dessous des normes terrestres et poursuivit sa descente régulière, mais la température restait à moins huit degrés. Il se pencha en arrière et ferma les yeux. Grimper toujours plus haut dans ces ténèbres lui procurait une étrange sensation. Il baissa le volume du canal de communication. Il n’y avait qu’une seule conversation en cours, entre Yamanaka et Turgenyev qui n’avaient pas grand-chose à se dire, et il amplifia la Sixième Symphonie de Beethoven qui servait de fond sonore sur une autre fréquence.

La musique évoquait des ruisseaux, des fleurs et des prairies, et il fut surpris par la nostalgie de la Terre qu’elle fit naître en lui. Il lui était presque impossible de reconstituer l’enchaînement miraculeux d’événements qui l’avaient conduit de Stratford-on-Avon à Cambridge, puis à l’Académie spatiale du Colorado et finalement ici, dans Rama, où il s’élevait au sein d’une obscurité profonde le long de l’escalier des Dieux.

Non, Prospero, récita-t-il, nul magicien n’aurait pu imaginer un tel lieu. Il avait lu pour la première fois La Tempête au cours de son enfance et la description d’un monde dont les mystères dépassaient la compréhension l’avait alors effrayé. Rien n’est magique, s’était-il dit. Il n’y a que des choses naturelles que nous ne pouvons pas encore expliquer. Il sourit. Prospero n’était pas un mage, seulement un scientifique rongé par la frustration.

Un instant plus tard Richard Wakefield resta frappé de stupeur face à la vision la plus extraordinaire qu’il lui avait été donné de voir. Alors que son siège s’élevait sans bruit le long de l’escalier imposant l’aube se leva sur Rama. Trois kilomètres en contrebas les longues vallées rectilignes qui s’ouvraient dans la Plaine centrale du pourtour de la cuvette jusqu’à la mer Cylindrique s’embrasèrent. Les soleils linéaires de Rama, au nombre de trois dans chaque hémicylindre, nimbèrent la totalité de ce monde artificiel d’une clarté régulière. Wakefield eut tout d’abord des vertiges et des nausées, ainsi suspendu à un câble fragile à des milliers de mètres au-dessus du sol. Il ferma les yeux et tenta de surmonter sa peur. Tu ne cours aucun risque de tomber, s’affirma-t-il.

— Aïe ! entendit-il hurler.

C’était Hiro Yamanaka. La conversation qui s’ensuivit lui permit de comprendre que, surpris par l’explosion de lumière, le Japonais avait trébuché en plein milieu de l’escalier Gamma. Après une chute de vingt ou trente mètres son adresse et sa chance lui avaient permis d’agripper un élément de la rambarde.

— Rien de cassé ? demanda David Brown.

— Je ne crois pas, répondit Yamanaka, le souffle court.

La crise passée, tous parlèrent en même temps.

— C’est fantastique ! s’écria le Dr Takagishi. La luminosité a atteint immédiatement son intensité maximale, et avant le dégel de la mer. C’est différent. Complètement différent.

— Préparez-moi un chargeur, demanda Francesca. Je serai à court de bande, à mon arrivée au sommet.

— Tant de beauté. Une splendeur indescriptible, commenta le général O’Toole.

Il assistait au spectacle sur le moniteur de la salle de contrôle de Newton, au côté de Nicole Desjardins. Les images de Francesca leur parvenaient en direct par la station-relais du moyeu.

Richard Wakefield ne disait rien. Il se contentait d’ouvrir de grands yeux, fasciné par le monde qui s’étendait à ses pieds. Il discernait à peine Janos Tabori, le mécanisme du télésiège et le camp en cours d’installation au bas de l’escalier. Mais leur distance lui fournissait des éléments de comparaison pour mesurer cet univers extraterrestre. Dans les centaines de kilomètres carrés de la Plaine centrale il apercevait des formes extraordinaires. Deux choses défiaient l’imagination : la mer Cylindrique et les structures coniques massives qui saillaient de la cuvette opposée du pôle Sud, à cinquante kilomètres de là.

Quand ses yeux se furent accoutumés à la clarté, il eut l’impression que la tour géante entrait en expansion. Les premiers explorateurs l’avaient appelée la Grande Corne. Peut-elle véritablement mesurer huit mille mètres de haut ? se demanda-t-il. Les six structures de moindre importance qui formaient un hexagone tout autour étaient reliées à la structure centrale et au cylindre de Rama par d’énormes arcs-boutants, et tout ce que l’homme avait jamais créé sur la Terre paraissait par comparaison minuscule. Mais tout cela était rapetissé par la pointe gigantesque qui se dressait au milieu de la cuvette et se prolongeait dans l’axe de rotation de Rama.

À mi-chemin entre Wakefield et les tours titanesques une bande d’une blancheur bleutée parait d’un anneau le monde cylindrique. La mer gelée lançait un défi à la logique et au sens de l’orientation. L’esprit soutenait qu’en fondant ses flots se déverseraient dans le ciel mais la force centrifuge les maintiendrait entre ses berges. Nul ne savait mieux que les membres de l’expédition Newton qu’ils auraient sur ses rives le même poids qu’au bord d’un océan de la Terre.

La ville insulaire visible dans la mer Cylindrique n’était autre que le New York raméen. Richard n’avait pas trouvé ses gratte-ciel très imposants sous la clarté des fusées éclairantes, mais sous celle des soleils de Rama la cité attirait les regards. De n’importe quel point du cylindre, les yeux se portaient irrésistiblement sur la petite île ovale où se serraient ces immeubles démesurés, l’unique élément qui rompait l’uniformité de la mer Cylindrique.

— Regardez New York ! s’exclama le Dr Takagishi. Il semble y avoir près d’un millier de bâtiments de plus de deux cents mètres de hauteur.

Il ne s’interrompit que le temps de reprendre son souffle.

— C’est là qu’ils vivent. Je le sais. Il faut visiter cet endroit en priorité.

Puis tous se turent pour graver la scène dans leur esprit. À présent, Richard voyait nettement Francesca quatre cents mètres plus haut, là où l’escalier cédait la place aux échelles.

La voix de David Brown rompit le silence.

— Je viens de m’entretenir avec l’amiral Heilmann et le Dr Takagishi qui nous a prodigué des conseils. À première vue, rien ne justifie que nous modifiions nos projets pour cette sortie, pas dans sa phase initiale tout au moins. Nous allons donc suivre la suggestion de Wakefield. Après l’installation des deux télésièges, nous descendrons les éléments d’un V.L.R. que les techs assembleront plus tard dans la soirée, et nous passerons la nuit dans le camp de la plaine.

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