Les Loups de la Calla
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Серия: La Tour Sombre #5
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: Éditions J'ai Lu
- ISBN: 978-2290332467
- Переводчик: Marie de Prémonville
- Жанр: Ужасы
Электронная книга - «Les Loups de la Calla». Краткое содержание книги:
Bien sûr, elle savait à quoi tout ça rimait ; pas besoin d’être ingénieur en astrophysique, comme disait Eddie. Ces rêves fous et brouillés qu’elle ne se rappelait pas, les faiblesses et les nausées au réveil, les maux de tête, ces violentes crampes d’estomac, tout ça disait la même chose : elle voulait un bébé de lui. Plus que tout au monde, elle voulait sentir grandir en elle le p’tit gars d’Eddie Dean.
Ce qu’elle ne voulait pas, c’était faire la baleine avec une de ces grossesses nerveuses.
Peu importent toutes ces histoires, se dit-elle en voyant approcher Callahan et sa bande. Pour l’instant, tu dois observer. Voir ce que Roland, Eddie et Jake ne verront pas. Comme ça rien ne se perdra.
Et elle sentit qu’elle pourrait faire ce travail à merveille.
Vraiment, jamais de sa vie elle ne s’était sentie aussi bien.
Callahan s’avança en premier. Derrière lui venaient deux hommes, l’un âgé d’une trentaine d’années environ, et l’autre qui parut le double à Susannah. Il avait de grosses joues, qui se transformeraient en bajoues dans les cinq ans à venir, et des rides qui couraient des ailes du nez jusqu’au menton. Des rides « je veux », comme les aurait appelées son père (et Dan Holmes savait de quoi il parlait, en la matière). Le plus jeune portait un sombrero usé, et le plus vieux un Stetson blanc immaculé qui donna à Susannah envie de sourire — le genre de chapeau que le gentil porterait dans un vieux western en noir et blanc. Pourtant, elle se dit qu’un couvre-chef de ce genre devait valoir une petite fortune, et elle en déduisit que le type dessous devait être Wayne Overholser. « Le gros fermier », comme l’avait appelé Roland. Celui qu’il fallait convaincre, selon Callahan.
Mais pas nous, se dit Susannah avec un certain soulagement. La bouche fine, les yeux perspicaces, et surtout ces rides profondes (il en avait une autre, qui lui barrait verticalement le front, juste au-dessus des yeux), tout suggérait que sai Overholser se révélerait une vraie calamité, à convaincre.
Et derrière ces deux-là — plus exactement, derrière le plus jeune — s’avança une grande femme, pas vraiment noire mais au teint au moins aussi brun que celui de Susannah. Et fermant la marche, un homme à lunettes, à l’air sérieux et à la tenue de fermier accompagné d’un garçon qui ne devait pas avoir plus de deux ou trois ans de plus que Jake. Ces deux-là se ressemblaient comme deux gouttes d’eau : il s’agissait forcément de Slightman l’Aîné et Slightman le Jeune.
Le garçon est peut-être plus âgé que Jake, mais il m’a l’air bien tendre, se dit Susannah. C’était vrai, mais ça n’était pas forcément un inconvénient. Jake en avait vu beaucoup trop pour un garçon de son âge. Il en avait fait beaucoup trop, aussi.
Overholser jeta un œil à leurs armes (Roland et Eddie portaient chacun un des gros revolvers à crosse de bois de santal). Le .44 Ruger en provenance de New York était accroché sous l’aisselle de Jake, avec ce que Roland appelait un crampon de débardeur, puis son regard se posa sur Roland. Il salua de manière indifférente, passant brièvement son poing à demi serré pas très loin de son front. Il ne s’inclina pas. Si Roland en fut offensé, son visage n’en trahit rien. Son visage n’exprimait rien d’autre qu’un intérêt poli.
— Aïle, pistolero, fit l’homme qui marchait aux côtés d’Overholser, et lui mit un genou en terre, la tête inclinée et le front reposant sur le poing. Je suis Tian Jaffords, fils de Luke. Cette dame est ma femme, Zalia.
— Aïle. Appelez-moi Roland, si cela vous convient. Que vos jours soient longs sur cette terre, sai Jaffords.
— Tian. S’il vous plaît. Et le double du compte pour vous et vos am…
— Je m’appelle Overholser, l’interrompit brusquement l’homme en Stetson blanc. C’est sur la requête de Callahan et du jeune Jaffords que nous sommes venus vous trouver — vous et vos amis. J’abrégerai les cérémonies, pour en venir le plus vite possible au fait, sans offense, je vous prie.
— Mille excuses, mais ce n’est pas ainsi que se sont faites les choses, dit Jaffords. Nous avons tenu conseil, entre hommes de La Calla, et nous avons voté…
Overholser l’interrompit de nouveau. C’était visiblement son genre. Susannah doutait même qu’il s’en rendît compte.
— La ville, oui, La Calla. Je suis venu dans le désir de faire ce qu’il faut pour la ville et pour mes voisins, mais c’est une période chargée pour moi, la plus chargée même…
— Charyou tri, dit Roland doucement, et Susannah avait beau connaître un sens plus profond à cette expression, un sens qui lui donnait la chair de poule, elle vit les yeux d’Overholser s’éclairer. Et, pour la première fois, elle eut une petite idée de ce qu’allait donner cette journée.
— La Moisson, oui m’sieur, grand merci à vous.
Un peu à l’écart, Callahan regardait vers les bois avec un air de patience étudiée. Derrière Overholser, Tian Jaffords et sa femme échangèrent un regard embarrassé. Les Slightman se contentèrent d’attendre en observant.
— Jusque-là vous comprenez, au moins.
— À Gilead, nous étions entourés de champs et de métairies, dit Roland. J’ai eu mon compte de foin et de maïs à mettre à la grange. Si fait, et de vive-rave aussi.
Overholser adressa à Roland un sourire que Susannah trouva légèrement déplaisant. Un sourire qui disait : On sait tous les deux ce qu’il y a derrière, pas vrai, sai ? Après tout, nous sommes tous deux des hommes d’expérience.
— D’où venez-vous réellement, sai Roland ?
— Mon ami, il faut que vous consultiez un audiologue, fit Eddie.
Overholser lui lança un regard perplexe.
— Qu’ouis-je-pardon ?
Eddie fit un geste qui disait Ah, vous voyez ? et hocha la tête.
— C’est bien ce que je disais.
— Du calme, Eddie, dit Roland, toujours doux comme le miel. Sai Overholser, il nous faudra peut-être du temps pour échanger nos noms et exprimer des souhaits de politesse, aussi. Car c’est ainsi que se comportent les gens civilisés et amicaux, n’est-ce pas ?
Roland marqua une pause — juste un instant, pour souligner ses propos — puis il reprit :
— C’est sans doute différent avec les écumeurs, mais je ne vois aucun écumeur ici.
Overholser serra les lèvres et lança un regard dur à Roland, tout prêt qu’il était à s’offenser. Mais il ne trouva aucune prise dans l’expression du Pistolero, et se détendit.
— Grand merci, fit-il. Voici Tian et Zalia Jaffords, qui se sont présentés…
Zalia fit la révérence, séparant des jupes invisibles de chaque côté de sa culotte de velours usé.