Glaive imparfait [Imperfect Sword - fr]
- Автор: Хемри Джон
- Серия: La flotte perdue: Étoiles perdues #3
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: L'Atalante
- ISBN: 978-2-84172-717-9
- Переводчик: Frank Reichert
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Glaive imparfait [Imperfect Sword - fr]». Краткое содержание книги:
Le général Drakon va partir en mission dans le système voisin d’Ulindi où un potentat local aux visées impérialistes s’est emparé du pouvoir. Piège, Ulindi, car le Syndicat n’a pas dit son dernier mot ; piège encore, la menace de soulèvement que la présidente Iceni va devoir affronter seule… L’étau se resserre.
Comme toujours, l’issue serait un pas nouveau vers la démocratie, mais le parcours et la culture de nos deux dirigeants rebelles ne leur rendent pas cette démarche naturelle.
Boyens eut un hochement de tête contrit. « C’est votre système stellaire. Vous le gérez à votre guise. Pouvez-vous… me dire où est allé Drakon ?
— À condition d’obtenir de vous un renseignement utile en contrepartie. »
Boyens hésita un instant puis hocha de nouveau la tête. « Marché conclu.
— Pour Ulindi. »
Boyens la fixa, manifestement ébranlé. « Pour Ulindi ? Vous y envoyez des forces armées ?
— C’est ce que je viens de dire.
— Vous… Combien ? Dans quelles proportions ? »
Iceni le dévisagea en se demandant où il voulait en venir. « Pourquoi vous fournirais-je aussi cette information ? »
Il baissa les yeux, se mordilla la lèvre, garda plusieurs secondes le silence puis finit par relever la tête et hausser les épaules. « Très bien. Je ne tenais pas à jouer une de mes dernières cartes maîtresses. Vous vous en prenez à Haris, n’est-ce pas ?
— Au CECH suprême Haris, en effet. En quoi est-ce que ça vous inquiète ? C’est un de vos amis ?
— Haris ? Les seuls amis qu’il cultive sont ceux qui peuvent l’aider à monter en grade. » Boyens fit la grimace puis se passa la main dans les cheveux. « Mais ce n’est pas vraiment le CECH suprême Haris. Il n’a pas inventé lui-même ce titre, je veux dire. Il le tient des serpents.
— Des serpents ? » Iceni sentit un frisson lui parcourir l’échine. « Haris est à leurs ordres ?
— Exactement. Il n’a pas réellement réclamé son indépendance. C’est de la pure comédie. Haris fait toujours partie du SSI syndic. » Boyens se pencha, insistant. « Le Syndicat se prépare à affecter des renforts à Ulindi. Je ne connais ni leurs effectifs ni la forme qu’ils prennent. Tout est passé par les canaux du SSI, et je ne pouvais pas prendre le risque de creuser trop profond. Mais Haris dispose de plus de puissance de feu que vous ne le croyez. »
Iceni étudia Boyens, le menton en appui dans sa main en coupe. Tous les voyants de la cellule de Boyens étaient au vert, de sorte que l’homme était follement doué pour tromper les senseurs ou que lui-même croyait à ses dires. « Nous avons procédé à une excellente reconnaissance pré-opératoire, finit-elle par dire. Elle n’a pas détecté ces renforts que vous prétendez exister.
— Elle ne l’aurait pas pu ! On n’en trouve aucune trace dans les archives d’Ulindi. Tous les liens sont coupés entre ce système et le Syndicat comme si la rupture était réellement consommée. Mais les informateurs du SSI restés à Midway qui auraient eu vent de vos préparatifs d’une invasion d’Ulindi pourraient lui avoir passé le mot, et les serpents auraient pu synchroniser l’envoi de ces renforts de manière à repousser la force que vous y avez envoyée. Compte tenu du délai exigé par le transfert des informations, vos sources à Ulindi n’auront pas eu le temps de vous avertir de leur arrivée avant le départ de votre force d’assaut. »
Boyens tendit les bras devant lui pour lui montrer ses paumes et poursuivre d’une voix suppliante. « Écoutez, je sais que vous avez de bonnes raisons de vous montrer sceptique à mon égard. Mais je ne tiens pas à vous voir broyés, Drakon et vous, et je sais aussi que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre une bonne partie du peu de vaisseaux dont vous disposez. Je peux vous assurer que ce que vous avez envoyé à Ulindi n’y suffira pas. Votre force d’assaut va tomber dans un piège. »
Chapitre sept
Iceni secoua la tête mais resta de marbre en dépit de sa lutte intérieure. « Ulindi serait un traquenard ? Pourquoi devrais-je vous croire ?
— Parce que… » Boyens s’arrêta tout net et partit d’un rire contrit. « Parce que j’aime voir la situation sous tous ses angles, connaître tous les choix possibles, Gwen. Je suis comme ça, d’accord ? Et je ne peux pas réfléchir aux options s’il n’en existe aucune. Vous comprenez ? Pour l’instant, Artur Drakon et vous-même représentez la seule alternative au Syndicat qui ait une chance de survivre dans ce secteur. D’autres systèmes stellaires se révoltent sans doute dans les régions voisines, mais je ne connais ni ces gens ni la situation exacte qui y règne, et nombre d’entre eux sont d’ailleurs en train de partir à vau-l’eau à cause des différentes factions qui luttent pour s’emparer du pouvoir. Si le Syndicat recouvre assez de force, il finira par les écraser toutes. S’il se contente de tenter d’en reprendre le contrôle, ces luttes intestines elles-mêmes finiront vraisemblablement par les dévaster, quel que soit le vainqueur. »
Boyens ouvrit les mains et se fendit d’un sourire piteux. « Je ne veux pas d’un pouvoir éphémère régnant sur des décombres. Bon sang, je ne veux même pas de décombres. Je ne vais pas vous mentir : j’aspire au pouvoir, à une position d’autorité stable. Regardez autour de vous, Gwen. Où voyez-vous la stabilité et la sécurité ? Ici. Pas à Prime, où tout se joue à couteaux tirés, où les CECH s’emploient à poignarder leurs rivaux dans le dos et les serpents à éliminer tous ceux qui leur paraissent assez puissants pour les menacer. Essayez d’imaginer l’effet que ça fait d’avoir Jua la Joie sur le dos, prête à vous frapper en cas d’échec trop cuisant ou de trop grand succès. Je ne sais pas comment Artur et vous avez réussi à travailler de conserve, mais, avec cet atout dans votre manche, le soutien de Black Jack et les forces que vous avez pu réunir, vous avez une bonne chance de parvenir à vos fins maintenant que vous avez brisé le pouvoir des serpents à Midway.
— Vous êtes guidé par votre seul intérêt personnel, c’est ça ? Vous voyez en nous votre meilleure chance d’obtenir ce que vous voulez ?
— Foutrement exact.
— Cela au moins, je peux le croire. » Iceni s’interrompit un instant pour réfléchir aux choix qui s’offraient à elle.
« Vous devez envoyer un vaisseau aux trousses de votre force d’assaut, la pressa Boyens. La rappeler avant qu’il ne soit trop tard.
— Il est déjà trop tard. Le temps qu’une mise en garde de ma part leur parvienne, les forces terrestres auront déjà débarqué à Ulindi. Je dois surtout leur dépêcher des renforts pour égaliser leurs chances.
— Des renforts ? » Boyens regarda autour de lui comme s’il pouvait voir à travers les murs qui l’emprisonnaient. « En quoi ceux dont vous disposez pourraient-ils changer la donne ?
— Je vais tâcher de le découvrir », répondit Iceni en espérant qu’elle finirait par trouver de quoi rééquilibrer les plateaux de la balance. « Maudit soyez-vous, Boyens. Si Artur Drakon meurt parce que vous avez gardé trop longtemps cette information par-devers vous, je vous promets que vous connaîtrez le même sort, et ce ne sera pas une mort douce ! »
La zone d’exercice se trouvait au cœur de la campagne, très loin de la ville, au bout de routes où ne circulaient normalement que des véhicules militaires. Roh Morgan avait mis bien trop de temps à parcourir cette distance sans se faire repérer, tout cela pour tomber sur un champ de senseurs récemment élargi et renforcé encerclant tout son pourtour. Elle fut un instant tentée de rebrousser chemin puis elle se rendit compte qu’elle devait découvrir ce que protégeaient tous ces senseurs. C’était forcément quelque chose d’important.
Les appareils étaient du dernier modèle, les plus sensibles jamais fabriqués, mais, pour ce qui concernait Morgan, ce n’était pas plus mal. Plus sensible est un senseur, plus on peut le régler et le calibrer de manière à ignorer la présence et les mouvements de la faune locale, oiseaux, insectes, etc., ainsi que ceux de la végétation agitée par le vent. En adoptant la tenue et le mode de déplacement adéquats, on pouvait imiter suffisamment bien les espèces autochtones et leur mobilité naturelle pour interdire aux senseurs de donner l’alerte.