Mysterium [fr]
- Автор: Уилсон Роберт Чарльз
- Год: 1995
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-23949-6
- Переводчик: Pierre-Paul Durastanti
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Mysterium [fr]». Краткое содержание книги:
Et puis, ce soir-là… Un immense éclair dans le ciel. L’orage ? Non, ce n’était pas la saison. Le lendemain, ébahis, les habitants de Two Rivers découvrirent qu’ils étaient coupés du monde. Leur ville se terminait net, en bordure de forêt. C’est alors qu’apparurent les avions. De vieux coucous de la dernière guerre…
— Bon. N’hésitez pas à vous faire porter pâle. (Hoskins soupira.) De toute façon, on n’en a plus pour longtemps. J’ai la triste et nette impression de gérer un magasin en faillite.
La classe était aussi glaciale que le reste du bâtiment. Dex, qui avait oublié ses notes, doutait de ses aptitudes à tenir un discours cohérent. Lorsque ses premiers élèves, emmitouflés dans des manteaux élimés, entrèrent en traînant les pieds, il décréta une heure d’étude et leur assigna un chapitre à lire – trois pages de polycop sur les États-Unis pendant la Première Guerre mondiale.
— Quand vous aurez fini, vous pourrez parler entre vous.
Le temps passa. Assis à son bureau, Dex faisait semblant de corriger des copies. Les devoirs étaient bien là, entassés, et il veillait à tourner une page de temps en temps, mais il ne comprenait rien. Les signes manuscrits ou tapés à la machine avaient décidé de vivre leur vie ; ils planaient sur la page tels des ballons aux amarres rompues.
Il résistait à une envie pressante de poser la tête sur ses bras croisés et de dormir mais, vers la fin de la deuxième heure, il piquait du nez. Quand la cloche sonna, il sursauta. Plusieurs élèves le dévisagèrent d’un drôle d’air en sortant. Shelda Burmeister, une fille studieuse au pull turquoise démaillé et aux verres correcteurs puissants, s’immobilisa devant son bureau, le temps que la classe se vide.
— Monsieur Graham ?
— Oui. (Il eut toutes les peines du monde à lever les yeux sur elle.) Qu’est-ce qu’il y a, Shelda ?
— Je crois que vous vous êtes coupé.
Suivant la direction de son regard, il baissa les yeux. Du sang avait goutté le long de son bras et débordé du parement de son manteau pour former une petite flaque sur le Formica. Il en estima la quantité à une cuillerée.
— On dirait, oui. Que j’ai dû me couper. Merci, Shelda.
— Vous êtes sûr que ça ira ?
— Bien sûr. Ne crains rien.
Elle sortit. Il se leva. Le goutte-à-goutte devint un filet. Il sentait sa moiteur déplaisante. Tenant sa manche fermée, il se dirigea vers la porte. Se nettoyer aux toilettes des profs, changer le bandage…
La porte s’ouvrit avant qu’il ne l’atteigne. Linneth Stone, toute pimpante et radieuse dans sa jupe grise et son chemisier blanc, entra dans la salle. Il la fixa, l’esprit confus.
— Dex ? Je sais que nous n’avions pas rendez-vous. Mais comme je disposais de tout l’après-midi, je me disais… Dex ? Seigneur, que vous est-il arrivé ?
Il tombait. Elle le rattrapa et l’allongea à même le sol. Il vit du sang sur le chemisier et voulut s’excuser. Je suis navré, pensa-t-il. Mais Linneth, la classe, le lycée, tout se fondit dans une nuit soudaine.
DEUXIÈME PARTIE
MYSTERIUM TREMENDAE
Le passé engendre le présent.
D’après les lois de la thermodynamique, rien ne se crée, rien ne se meurt, tout se transforme. Dans la matrice, nous revivons l’évolution. L’histoire de l’espèce est gravée en chacune de nos cellules.
Mais ce processus suit nécessairement les diktats de la loi naturelle – pour l’évolution de l’univers comme pour celle de la vie. Chaque composante de notre réalité est devenue, durant la première nanoseconde de la singularité primordiale, une implication qui avait simplement besoin de temps pour accéder à l’incarnation. À sa naissance, l’univers recelait la conscience, au sens où le gland recèle le chêne.