En terre étrangère [Stranger in a Strange Land - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- Переводчик: Frank Straschitz
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «En terre étrangère [Stranger in a Strange Land - fr]». Краткое содержание книги:
Physiquement Valentine Michael Smith était humain.
Mentalement, il était martien.
La seule analogie qui convînt pour le définir était celle des enfants-loups, des enfants élevés par des loups. Mais les martiens n'étaient pas des loups. Leur culture était plus complexe que celle de la terre.
Le premier problème de Mike : survivre sur la Terre ! Tout lui était agression : la pesanteur, la pression atmosphérique, et surtout les hommes…
Le second problème fut pour lui de comprendre en quoi et pourquoi les hommes différaient des martiens et pourquoi ils étaient malheureux…
Smith resta songeur. « Alors, j’apprendrai à mon frère le langage de mon nid.
— Vous arrivez cinquante ans trop tard.
— J’ai fait quelque chose de mal ?
— Pas du tout. Vous devriez plutôt l’apprendre à Jill.
— Cela me fait mal à la gorge, objecta Jill.
— Gargarisez-vous avec de l’aspirine. Voilà une bien faible excuse, infirmière. Je vous engage comme assistante de recherches sur la linguistique martienne… ce qui comprendra éventuellement des Services spéciaux. Anne, occupez-vous des formalités – et assurez-vous que son salaire soit déduit de mes revenus imposables.
— Dois-je l’antidater ? Elle nous aide déjà à la cuisine.
— Ne m’embêtez pas avec les détails.
— Mais Jubal, protesta Jill, je ne pense pas pouvoir apprendre le martien !
— Vous pouvez toujours essayer.
— Mais…
— Que disiez-vous à propos de « gratitude » ? Vous acceptez ou non ? »
Jill se mordit les lèvres. « J’accepte… patron. » Smith lui toucha timidement la main. « Jill… Je vous apprendrai. »
Jill lui caressa affectueusement la sienne. « Merci, Mike. » Elle se tourna vers Harshaw. « Je vais l’apprendre rien que pour vous embêter !
— Ah, voilà un mobile que je gnoque ! Vous l’apprendrez. Mike, que savez-vous faire encore dont nous soyons incapables ? »
— Je ne sais pas, répondit Smith.
— Comment le saurait-il, protesta Jill, puisqu’il ignore ce que nous savons ou ne savons pas faire ?
— Oui, bien sûr… Anne, changez son titre en « assistante de recherches sur la langue, la culture, et les techniques martiennes ». En apprenant leur langue, vous découvrirez sans doute des choses différentes, complètement différentes – n’oubliez pas de me les signaler. Et vous aussi, Mike, si vous remarquez une chose que vous pouvez faire et que nous ne pouvons pas faire, dites-le moi.
— Je le dirai, Jubal. Quelles choses ?
— Je ne sais pas. Des choses comme ce que vous venez de faire, ou comme rester très longtemps au fond de la piscine. Euh… Duke !
— J’ai les mains pleines de pellicule, patron.
— Cela ne vous empêche pas de parler, non ? J’ai remarqué que l’eau de la piscine était trouble.
— Je sais. Je vais mettre du précipitant ce soir et la vider demain matin.
— Que donne l’analyse ?
— On pourrait la boire à table. Mais son aspect est vilain.
— N’y touchez pas, alors. Je vous dirai quand je voudrai que vous la changiez.
— Personne n’aime nager dans de l’eau de vaisselle, patron.
— Les dégoûtés ne sont pas obligés d’y aller. Et cessez de discuter. Les films sont prêts ?
— Dans cinq minutes.
— Parfait. Mike, savez-vous ce que c’est qu’un pistolet ?
— Un pistolet, répondit Mike avec sérieux, est une bouche à feu destinée à lancer des projectiles grâce à la force d’un explosif tel que la poudre à canon ; il consiste en un tube, ou canon, fermé à une extrémité, où se…
— Bien, bien. Vous le gnoquez ?
— Je n’en suis pas certain.
— En avez-vous déjà vu un ?
— Je ne sais pas.
— Mais si, intervint Jill. Repensez à cette chambre au tapis d’herbe où un homme m’a frappée – mais ne vous inquiétez pas !
— Oui, je me souviens.
— Et l’autre homme dirigeait un objet vers moi.
— Oh oui. Un mauvais objet.
— C’était un pistolet.
— J’avais pensé que le mot pour cette mauvaise chose était « pistolet ». Le Webster, Nouveau dictionnaire international de la langue anglaise, troisième édition, publié à…
— C’est bien, lui dit Harshaw. Et maintenant, fils, écoutez-moi bien. Si quelqu’un pointe un pistolet sur Jill, que ferez-vous ? »
Smith attendit plus longtemps que de coutume avant de répondre : « Vous ne vous fâcherez pas si je gâche de la nourriture ?
— Non. Personne ne vous en voudrait dans ces circonstances. Mais je voudrais savoir autre chose. Pourriez-vous faire disparaître le pistolet sans faire disparaître l’homme ? »
Smith considéra le problème. « Conserver la nourriture ?
— Je ne pensais pas à cela. Pourriez-vous faire disparaître le pistolet sans faire de mal à l’homme ?
— Il n’aurait pas mal, Jubal. Je ferais disparaître le pistolet et j’arrêterais simplement l’homme. Il ne sentirait aucune douleur. Il se désincarnerait simplement. La nourriture ne se gâterait pas. »
Harshaw poussa un soupir. « Je n’en doute pas. Mais pourriez-vous seulement faire disparaître le pistolet ? Sans tuer l’homme ni l’« arrêter », en le laissant vivre ? »
Smith considéra ce nouveau problème. « Ce serait plus facile que de faire les deux à la fois ; mais, Jubal, si je le laisse incarné il pourrait encore faire du mal à Jill. C’est du moins ce que je gnoque. »
Harshaw prit le temps de se remémorer que ce bébé innocent n’était ni un bébé ni innocent – que c’était un membre sophistiqué d’une culture qui, il commençait à s’en rendre compte, était, de bien des façons mystérieuses, très supérieure à la culture humaine… et que ces remarques naïves venaient en fait d’une sorte de « surhomme ». Il lui répondit en choisissant soigneusement ses mots, car il pensait à une expérience non dénuée de danger.
« Mike, si vous arrivez à un « embranchement » où vous devez protéger Jill, faites-le.
— Certainement, Jubal.
— Et ne vous inquiétez pas si vous gâchez de la nourriture. Ne vous inquiétez de rien. Protégez Jill.
— Toujours je protégerai Jill.
— Parfait. Mais supposons qu’un homme lève un pistolet – ou le tienne simplement dans sa main. Et supposons que vous ne veuillez pas le tuer… mais qu’il soit nécessaire de faire partir le pistolet. Le pourriez-vous ?
— Je crois que je gnoque. Un pistolet est une mauvaise chose. Mais il peut être nécessaire que l’homme reste incarné. » Il réfléchit brièvement. « Je peux le faire.
— Bien, Mike. Je vais vous montrer un pistolet. Un pistolet est une chose mauvaise.
— Un pistolet est une chose mauvaise. Je le ferai partir.
— Mais pas dès que vous le verrez !
— Non ?
— Non. Je vais lever le pistolet sur vous. Avant qu’il ne soit vraiment dirigé vers vous, faites-le disparaître. Mais ne m’arrêtez pas, ne me faites pas de mal, ne me tuez pas, ne me faites rien. Et ne me gâchez pas en tant que nourriture, non plus.
— Jamais ! s’exclama Mike avec indignation. Lorsque vous vous désincarnerez, mon frère Jubal, j’espère avoir le grand honneur de manger de vous, vous louant et vous chérissant à chaque bouchée… jusqu’à ce que je vous gnoque avec plénitude. »
Réprimant un réflexe, Harshaw répondit gravement : « Merci, Mike.
— C’est moi qui dois vous remercier, mon frère – et s’il arrivait que je sois choisi avant vous, j’espère que vous me trouveriez digne d’être gnoqué – ainsi que Jill. Vous me partageriez avec Jill ? Je vous en prie ! »
Harshaw jeta un coup d’œil à Jill et vit qu’elle était restée imperturbable – déformation professionnelle d’infirmière, se dit-il. « Oui, je vous partagerai avec Jill, promit-il. Mais aucun de nous ne deviendra nourriture avant longtemps. Bien. Je vais vous montrer ce pistolet – et vous attendrez mon ordre… mais soyez très prudent, car j’ai encore beaucoup de choses à faire avant de me désincarner.
— Je serai prudent, mon frère.