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L’Homme Au Masque De Fer

Электронная книга - «L’Homme Au Masque De Fer». Краткое содержание книги:

Les médecins sont formels. Si Anne d'Autriche n'a pas encore donné d'héritier au trône de France, ce n'est pas de son fait, mais de celui de Louis XIII. Cette situation ne satisfait pas Richelieu qui redoute que son plus grand ennemi, Gaston d'Orléans, frère du roi, ne puisse accéder au trône. Or, un jour, un émissaire de Richelieu, M. Durbec, lui apprend que la reine est partie du Val-de-Grâce où elle s'était retirée pour quelques semaines. M. Durbec en connaît la raison: la reine va être mère. Richelieu comprend immédiatement que le père de l'enfant à naître ne peut être que Mazarin, alors confident de la reine. L'enfant naît et est secrètement confié au chevalier Gaëtan de Castel-Rajac, amant de Mme de Chevreuse, confidente de Mazarin et de la reine. Gaëtan n'aura de cesse de protéger cet enfant contre tous les complots visant à le faire disparaître, derrière lesquels on retrouve Richelieu, puis, bien des années après, Colbert, et toujours M. Durbec…
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Aussi, pendant tout le voyage, fut-il, de la part de ses deux compagnons, l’objet des attentions les plus grandes.

Ce fut pourtant en vain que le jeune homme, à plusieurs reprises, tenta de savoir pourquoi il était victime de ce traitement aussi barbare qu’imprévu.

– Nous ne pouvons rien vous dire! telle fut la réponse qu’il obtint.

– Cependant, on n’arrête pas les gens sans leur en fournir le motif! gronda le jeune homme! Et pourquoi ce masque! Ôtez-le! Il me gêne!

– Monsieur, répondit Durbec de sa voix doucereuse, ce que vous me demandez-là est tout à fait impossible! Je dois même ajouter que si vous manifestez, au cours de ce voyage, la moindre envie de nous quitter, ou si vous cherchez à intéresser des étrangers à votre sort par une façon quelconque, nous n’hésiterons pas à vous tuer. Nous en avons reçu l’ordre formel!

Cependant, tandis que le carrosse fermé galopait ainsi sur la route de Marseille, emportant le fils de la reine vers une destination qu’il ne soupçonnait pas encore, d’autres événements se passaient au château de Chevreuse.

Le cheval d’Henry, habitué aux caprices de son maître, s’était mis tranquillement à brouter les jeunes pousses; toutefois, lorsque Henry eut été transporté dans le carrosse et que celui-ci eut disparu au grand galop de ses quatre chevaux, la bête avait paru inquiète. Après avoir poussé deux ou trois hennissements d’appel, voyant que personne ne revenait, elle s’était décidée à reprendre tout doucement le chemin de l’écurie.

Lorsqu’on s’aperçut, à Chevreuse, que le cheval revenait seul, il y eut un moment d’affolement. Pour que sa monture revienne sans Henry, il fallait que celui-ci ait été victime d’un accident!

Le précepteur du jeune prince, l’abbé Vertot, dès que le jardinier vint le prévenir de ce qui se passait, ordonna des recherches, fort inquiet, et persuadé que son élève était victime d’une chute. À son idée, il devait être resté par là, évanoui sans doute, et privé de secours.

Il tint à se joindre lui-même aux chercheurs, malgré son âge. Il savait quelle responsabilité il avait, vis-à-vis de la duchesse et du chevalier de Castel-Rajac.

Mais ce fut en vain qu’ils parcoururent les champs et la forêt, qu’ils interrogèrent ceux qu’ils rencontrèrent. Nul ne put leur donner un renseignement.

Cependant, au moment où ils commençaient à désespérer de le trouver, ils avisèrent deux petites bergères qui se souvenaient parfaitement avoir vu Henry pénétrer dans le bois et qui purent même leur indiquer par quel chemin.

Les gens du château et l’abbé se dirigèrent aussitôt vers cet endroit. Il avait plu la nuit, et les traces de fer du cheval étaient aisément reconnaissables.

Ils arrivèrent de la sorte jusqu’au lieu de l’attentat. Le jardinier se pencha, examina les herbes, foulées, piétinées, et il s’exclama:

– Monsieur l’abbé, regardez donc! Voici les roues d’un carrosse! On dirait qu’il y a eu lutte!

Les indices étaient évidents. L’abbé essuya son front baigné de sueur.

– Que Dieu le protège! murmura-t-il. Le malheureux enfant a été enlevé!

Ils revinrent au château en toute hâte. Au passage, les bergères, interrogées de nouveau, affirmèrent avoir remarqué un carrosse clos qui était sorti au grand galop de la forêt, entouré d’une escorte de soldats armés.

L’enlèvement se confirmait.

La petite troupe, consternée, rentra en grande hâte au château.

Dès qu’ils furent arrivés, l’abbé s’assit à son écritoire, traça un billet pour Castel-Rajac, le scella, et appela un domestique qu’il savait dévoué au chevalier:

– Colin, dit-il, cours à Paris sans perdre un instant. Tu remettras ce billet de toute urgence à M. le lieutenant de Castel-Rajac! En ces circonstances, lui seul peut faire quelque chose!

Le valet, un jeune gars déluré, ne se fit pas répéter la commission.

Il fit si bien diligence qu’il arriva à Paris dans le minimum de temps. Il courut au Louvre, et demanda à parler d’urgence à M. le chevalier de Castel-Rajac.

Celui-ci accourut, pressentant un malheur.

Dès qu’il eut parcouru la missive, sa figure se crispa. Il proféra un sonore: «Mordiou!» et courut chez M. de Guissancourt.

– Capitaine, dit-il d’une voix altérée, je vous prie de me donner congé tout de suite. Un événement grave vient de se passer chez moi, on me mande d’urgence.

– Allez, lieutenant, répondit l’officier, qui savait que Gaëtan ne solliciterait pas une permission durant son service sans un motif important.

Castel-Rajac ne se fit pas répéter l’invitation. Il courut chercher sa monture, et revint à francs étriers avec le jeune valet.

Dès qu’il fut arrivé, l’abbé Vertot lui confirma ce qu’il lui disait dans sa lettre, et les explications que Colin lui avait déjà fournies.

– Les misérables! gronda-t-il en tortillant nerveusement sa moustache. Oh! mais cela ne se passera pas ainsi! je le sauverai ou je le vengerai!

Une seule chose importait avant tout: mettre la duchesse au courant.

Et c’était cette nouvelle que Gaëtan allait porter à Saint-Germain à Mme de Chevreuse.

CHAPITRE III OÙ CASTEL-RAJAC PART EN CAMPAGNE

La duchesse de Chevreuse ne logeait pas au château de Saint-Germain, résidence principale de la cour. Elle avait préféré, afin de garder plus aisément cette liberté à laquelle elle tenait tant, demeurer dans un hôtel particulier de la ville où elle pouvait recevoir qui bon lui semblait.

Ce jour-là, après avoir rendu sa visite quotidienne à son amie la reine Anne d’Autriche, Marie de Rohan, qui avait conservé presque intégralement son éclatante beauté et entièrement son charme, son esprit et sa grâce, était rentrée chez elle et s’était retirée dans un petit boudoir où elle avait l’habitude d’écrire à ses amis.

Installée devant un petit bureau, elle avait adressé une première missive à l’une de ses cousines de province, lorsqu’on lui annonça que M. le lieutenant de Castel-Rajac sollicitait l’honneur d’être reçu par elle.

Surprise par cette visite à laquelle elle ne s’attendait guère et pressentant une catastrophe, elle donna l’ordre de faire entrer aussitôt le chevalier.

Dès que celui-ci parut sur le seuil, tout de suite, la duchesse, devinant la vérité, s’écria:

– Henry! n’est-ce pas?

– Disparu, fit simplement Gaëtan, dont la voix s’étrangla.

Tandis que Mme de Chevreuse s’effondrait sur un siège, le mousquetaire articula:

– Il a certainement été enlevé hier au cours d’une promenade, qu’il faisait en forêt.

S’efforçant de se ressaisir, Mme de Chevreuse reprit:

– Ce que je redoutais est arrivé. La ressemblance était trop frappante et c’est ce qui a perdu ce malheureux.

» Quand je pense, qu’hier encore, j’adjurais la reine d’éloigner Henry! Il était fatal que sa ressemblance avec le roi attirât sur lui l’attention des gens.

» Tant que le cardinal de Mazarin a vécu, j’étais tranquille, je savais qu’il ne permettrait pas que l’on touchât à son fils et que sa toute-puissante sauvegarde mettait à l’abri ce malheureux jeune homme de tout attentat et même de toute persécution.

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