Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert

Электронная книга - «La vérité sur l'Affaire Harry Quebert». Краткое содержание книги:

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces.
Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.
1 ... 31 32 33 34 35 36 37 38 39 ... 158
Перейти на страницу:

— Harry… Je sais que c’est osé, mais… Pourrais-je lire ? Juste quelques pages ? Je suis si curieuse de voir ce que vous écrivez. Ce doit être des mots merveilleux.

— Ce n’est pas encore assez abouti…

— C’est sûrement déjà formidable.

— Nous verrons plus tard.

Elle sourit encore.

— Laissez-moi vous apporter une limonade pour vous rafraîchir. Voulez-vous manger quelque chose ?

— Je prendrai des œufs et du bacon.

Jenny disparut aussitôt dans la cuisine et hurla au cuisinier : Œufs et bacon pour le grrrrand écrivain ! Sa mère, qui l’avait vue badiner en salle, la rappela à l’ordre :

— Jenny, je veux que tu cesses d’importuner Monsieur Quebert !

— Importuner ? Oh, Maman, tu n’y es pas : je l’inspire.

Tamara Quinn regarda sa fille d’un air peu convaincu. Sa Jenny était une gentille fille mais beaucoup trop naïve.

— Qui t’a mis ces sornettes dans la tête ?

— Je sais que Harry en pince pour moi, Maman. Et je crois bien que je figure en bonne place dans son livre. Oui, Maman, ta fille ne servira pas du bacon et du café toute sa vie. Ta fille va devenir quelqu’un.

— Que me chantes-tu là ?

Jenny exagéra un peu pour que sa mère comprenne bien.

— Harry et moi, bientôt, ce sera officiel.

Et, triomphante, elle eut un petit rictus narquois et s’en retourna en salle avec une démarche de Première Dame.

Tamara Quinn ne put réprimer un sourire de contentement : si sa fille parvenait à mettre le grappin sur Quebert, on parlerait du Clark’s à travers tout le pays. Qui sait, le mariage pourrait même avoir lieu ici, elle trouverait les mots pour convaincre Harry. Quartier bouclé, de grandes tentes blanches sur la rue, invités triés sur le volet ; la moitié du gratin new-yorkais, des journalistes par dizaines pour couvrir l’événement, et le crépitement des flashs à n’en plus finir. Il était l’homme providentiel.

Ce jour-là, Harry quitta le Clark’s à seize heures, de façon précipitée, comme s’il s’était laissé surprendre par l’horloge. Il s’engouffra dans sa voiture parquée devant l’établissement et démarra rapidement. Il ne voulait pas être en retard, il ne voulait pas la rater. Peu après son départ, un véhicule de la police d’Aurora se gara dans la place qu’il avait laissée libre. L’officier de police Travis Dawn scruta discrètement l’intérieur du restaurant, en se cramponnant nerveusement à son volant. Jugeant qu’il y avait encore trop de monde à l’intérieur, il n’osa pas entrer. Il en profita pour répéter la phrase qu’il avait préparée. Une seule phrase, il pouvait le faire ; il ne devait pas être si timide. Une misérable phrase, à peine plus de dix mots. Il se regarda dans le rétroviseur et il déclama à lui-même : Jonjour, Benny. Je me disais qu’on pourrait alla au cinémer samedi… Il pesta : ce n’était pas la phrase ! Une seule phrase de rien du tout et il n’arrivait pas à s’en rappeler. Il déplia un morceau de papier et relut les mots qu’il avait écrits :

Bonjour, Jenny,

Je me disais que si tu étais libre on pourrait aller au cinéma à Montburry samedi soir.

Ce n’était pourtant pas difficile : il devait entrer dans le Clark’s, sourire, s’installer au comptoir et demander un café. Pendant qu’elle remplirait sa tasse, il devrait dire la phrase. Il remit ses cheveux en place et fit semblant de parler dans le micro de sa radio de bord pour paraître occupé si quelqu’un le voyait. Il attendit dix minutes : quatre clients quittèrent ensemble le Clark’s. La voie était libre. Son cœur battait fort : il le sentait retentir dans sa poitrine, dans ses mains, dans sa tête, même les bouts de ses doigts semblaient réagir à chacune de ses pulsations. Il sortit de sa voiture, serrant dans son poing son morceau de papier. Il l’aimait. Depuis le lycée, il l’aimait. Elle était la plus merveilleuse femme qu’il ait jamais connue. C’était pour elle qu’il était resté à Aurora : à l’académie de police, on avait relevé ses aptitudes, on lui avait suggéré de viser plus haut qu’une police locale. On lui avait parlé de police d’État et même de police fédérale. Un type venu de Washington lui avait dit : « Fiston, perds pas ton temps dans un patelin perdu. Le FBI recrute. C’est quand même quelque chose le FBI. » Le FBI. On lui avait proposé le FBI. Il aurait peut-être même pu demander à rejoindre le très prestigieux Secret Service chargé de la protection du Président et des hautes personnalités du pays. Mais il y avait cette jeune femme qui servait au Clark’s, à Aurora, cette fille dont il était amoureux depuis toujours et dont il avait toujours espéré qu’elle pose un jour les yeux sur lui : Jenny Quinn. Alors il avait demandé pour affectation la police d’Aurora. Sans Jenny, sa vie n’avait pas de sens. Arrivé devant la porte du restaurant, il prit une ample respiration et il entra.

Elle pensait à Harry en essuyant des tasses déjà sèches d’un geste mécanique. Ces derniers temps, il partait toujours vers seize heures ; elle se demandait où il allait avec une telle régularité. Avait-il rendez-vous ? Et avec qui ? Un client s’installa au comptoir, l’extirpant de ses rêveries.

— Bonjour, Jenny.

C’était Travis, son gentil copain de lycée devenu policier.

— Salut, Travis. Je te sers un café ?

— Volontiers.

Il ferma les yeux un instant pour se concentrer : il devait lui dire la phrase. Elle posa une tasse devant lui et la remplit. C’était le moment de se lancer.

— Jenny… Je voulais te dire…

— Oui ?

Elle planta ses grands yeux clairs dans les siens et il en fut complètement déstabilisé. Quelle était la suite de la phrase ? Le cinéma.

— Le cinéma, dit-il.

— Quoi le cinéma ?

— Je… Il y a eu un braquage au cinéma de Manchester.

— Ah bon ? Un braquage dans un cinéma ? Quelle drôle d’histoire.

— Au bureau de poste de Manchester, je veux dire.

Pourquoi diable parlait-il de ce braquage ? Le cinéma ! Il devait parler du cinéma !

— À la poste ou au cinéma ? demanda Jenny.

Le cinéma. Le cinéma. Le cinéma. Le cinéma. Parler du cinéma ! Son cœur allait exploser. Il se lança :

— Jenny… Je voulais… Enfin je me disais que peut-être… Enfin, si tu voulais…

À cet instant, Tamara appela sa fille depuis les cuisines et Jenny dut interrompre la récitation.

— Excuse-moi, Travis, je dois y aller. Maman est d’une humeur de chien ces temps-ci.

La jeune femme disparut derrière les portes battantes sans laisser au jeune policier le temps de finir sa phrase. Il soupira et murmura : Je me disais que si tu étais libre on pourrait aller au cinéma à Montburry samedi soir. Puis il laissa cinq dollars pour un café à cinquante cents qu’il n’avait même pas bu et il quitta le Clark’s, déçu et triste.

*

— Où alliez-vous tous les jours à seize heures, Harry ? demandai-je.

Il ne me répondit pas immédiatement. Il regarda par la fenêtre proche et il me semble qu’il eut un sourire heureux. Finalement il me dit :

— J’avais tellement besoin de la voir…

— Nola, hein ?

— Oui. Vous savez, Jenny était une fille formidable, mais ce n’était pas Nola. Être avec Nola, c’était vivre vraiment. Je ne saurais pas vous le dire autrement. Chaque seconde passée avec elle était une seconde de vie vécue pleinement. Voilà ce que signifie l’amour, je crois. Ce rire, Marcus, ce rire, je l’entends dans ma tête tous les jours depuis trente-trois ans. Ce regard extraordinaire, ces yeux pétillants de vie, ils sont toujours là, devant moi… De même que ses gestes, sa façon de remettre en place ses cheveux, de se mordiller les lèvres. Sa voix résonne toujours en moi, parfois c’est comme si elle était là. Lorsque je vais au centre-ville, à la marina, au magasin général, je la revois me parler de la vie et des livres. En ce mois de juin 1975, il n’y avait même pas un mois qu’elle était entrée dans ma vie et pourtant j’avais l’impression qu’elle en avait toujours fait partie. Et lorsqu’elle n’était pas là, il me semblait que rien n’avait de sens : un jour sans voir Nola, c’était un jour de perdu. J’avais tellement besoin de la voir que je ne pouvais pas attendre le samedi suivant. Alors je me suis mis à aller l’attendre à la sortie du lycée. Voilà ce que je faisais en partant du Clark’s à seize heures. Je prenais ma voiture, et j’allais au lycée d’Aurora. Je me garais sur le parking des enseignants, juste devant l’entrée principale, et j’attendais qu’elle sorte, caché dans ma voiture. Aussitôt qu’elle apparaissait, je me sentais tellement plus vivant, tellement plus fort. Le bonheur de l’apercevoir me suffisait : je la regardais jusqu’à ce qu’elle monte dans le bus scolaire, et je restais là encore, à attendre que le bus disparaisse sur la route. Étais-je fou, Marcus ?

1 ... 31 32 33 34 35 36 37 38 39 ... 158
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)