De force
- Автор: Giébel Karine
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Belfond
- ISBN: 978-2-7144-5964-0
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «De force». Краткое содержание книги:
Mathéo raccompagne Maud chez sa copine de classe. Elle ne le reverra plus jamais, pleurera quelques jours durant, puis l’oubliera doucement.
Elle ne l’aimait pas, finalement.
Rien n’a vraiment changé, finalement.
Maud est toujours une adolescente névrosée qui suffoque sous les preuves d’amour que lui donne son père…
20
Reynier actionne la télécommande du portail et la Porsche s’élance sur le goudron. Mais dix mètres plus loin, il freine en apercevant Luc qui revient vers la maison à petites foulées.
Armand baisse sa vitre, Luc s’arrête à sa hauteur.
— Bonjour, monsieur.
— Bonjour, Luc… Vous avez terminé votre footing ?
— Oui, je rentre.
— Combien de kilomètres ? interroge le professeur.
— Une dizaine.
— Le footing, c’est pas terrible pour les articulations.
— Je l’ignorais.
— Maintenant, vous le savez. Bon, je dois y aller…
— Bonne journée, monsieur.
— À vous aussi.
La Porsche s’éloigne et Luc rejoint la propriété en marchant. Après une douche rapide, il s’aventure jusque dans la cuisine. Amanda s’y trouve, occupée à vider le lave-vaisselle.
— Salut ! dit Luc en lui déposant un baiser furtif sur la bouche.
Il se prépare un café et s’installe devant une panière de pain toasté. C’est alors que la gouvernante lui tend une enveloppe.
— Tu as une lettre de ta maman ! dit-elle avec un sourire tendrement moqueur.
— Comment tu sais que c’est ma mère ?
— C’est marqué Madame Garnier au dos de l’enveloppe ! Et comme tu n’es pas marié…
Luc met la lettre dans sa poche et étale une épaisse couche de beurre sur une tartine.
— Elle t’écrit souvent, souligne Amanda.
— Et alors ?
— Avec l’adresse au dos, j’ai vu qu’elle habitait Nice. Je trouve ça curieux, c’est tout.
— Tu as remarqué que je suis ici vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? rétorque Luc avec un sourire crispé. Je peux difficilement passer la voir !
— C’est sûr, mais… Les gens, aujourd’hui, préfèrent téléphoner.
— Eh bien ma mère préfère écrire. Elle a toujours aimé ça… Parce qu’un coup de fil, ça disparaît. Alors qu’une lettre, ça se garde.
— C’est pas faux, concède la gouvernante.
— Maud n’est pas encore levée ?
— Non, répond Amanda.
Luc termine son petit déjeuner et se hâte de retourner dans son studio. Il ouvre l’enveloppe blanche perlée et déplie la feuille.
Mon chéri,
Avec cette canicule, j’espère que l’endroit où tu loges est climatisé ! Ici, dans ma petite maison, je dois dire que je souffre de la chaleur, surtout la nuit.
Tu sais que j’ai du mal à dormir depuis longtemps. Depuis que ton père…
Mais à mon âge, quelques heures de sommeil suffisent amplement !
J’ai fait du tri dans les photos, hier. J’ai eu tant de plaisir à te revoir lorsque tu étais enfant ! Et ça m’a replongée dans les souvenirs…
Tu te souviens, l’été où nous sommes partis en vacances en Auvergne ? Nous avions loué une maison dans un minuscule hameau, perdu dans les montagnes. Tu avais neuf ans, tu étais déjà très dégourdi. Tu avais rencontré une petite fille de ton âge, la fille du menuisier du village. Et je ne te voyais quasiment pas de la journée ! Chaque matin, juste après le petit déjeuner, tu prenais un petit sac à dos et tu courais la retrouver. Et le soir, tu me racontais tes balades avec elle dans la forêt toute proche. J’ai tenté de me rappeler son prénom, mais ma mémoire commence à flancher… Impossible de m’en souvenir. J’ai retrouvé une photo où vous posez tous les deux et j’en ferai faire une copie pour te l’envoyer. Ou bien tu la récupéreras lorsque tu passeras me voir. Ta chambre est toujours prête, tu le sais.
Je t’embrasse fort,