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Les zinzins d'Olive-Oued [Moving Pictures - fr]

Электронная книга - «Les zinzins d'Olive-Oued [Moving Pictures - fr]». Краткое содержание книги:

La manivelle tourne…
Et les diablotins se décarcassent dans la boîte à images.
Car un alchimiste d’Ankh-Morpork a découvert la magie des images animées. Une activité fébrile s’empare d’une colline déserte au bord de l’océan : Olive-Oued.

Du friçon ! De l’aventure !
Avec les étoiles
**Victor Marasquino**
et **Delorès de Vyce**
Et avecque mille éléfants !
Une daibauche de passionne et de grands aiscaliers sur fond d’hystoire tumulte-tueuse :
QUAND S’EMPORTE LE VENT D’AUTAN
Après le pestacle, l’Antre à Côtes de Harga vous attend.
Sa cuisine gaz trop gnomique.
Mais les rêves d’Olive-Oued cachent un noir mystère qui menace le Disque-monde.
Il était une fois à Olive-Oued…
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— Excusez-moi, monsieur Planteur, intervint l’affichiste qui leur tournait autour d’un air gêné, je ne comprends pas, ici… »

Planteur lui arracha le papier des mains.

« Où ça ? demanda-t-il sèchement.

— Là où vous décrivez mademoiselle de Vyce…

— C’est pourtant clair. Ce qu’on veut, c’est évoquer le charme exotique, attrayant mais lointain de Klatch, un pays parsemé de pyramides, non ? Alors on a ’videmment pris le symbole d’un continent mystérieux et indéchiffrable, voyez ? Est-ce qu’il faut tout l’temps que j’explique tout à tout le monde ?

— Je me disais juste que… commença l’artiste.

— Peignez-moi ça ! »

Le peintre baissa les yeux sur le papier. « Elle a la tête… lut-il, d’un spink…

— Parfaitement, assura Planteur. Parfaitement !

— Je pense que c’est plutôt « sphinx »…

— Est-ce qu’on va m’écouter, à la fin ? » s’emporta Planteur en prenant à nouveau le ciel à témoin. Il fusilla le peintre du regard. « Elle ressemble pas à deux de ces bestiaux, hein ? Un spink, deux spinkses. Maintenant, au travail. J’veux ces affiches dans toute la ville dès demain matin. »

Le peintre gratifia Victor d’un regard angoissé que le jeune homme commençait à connaître. Tous ceux qui fréquentaient Planteur avaient le même au bout d’un certain temps.

« Entendu, monsieur Planteur, fit-il.

— Voilà. » Planteur se tourna vers Victor.

« Pourquoi t’es pas encore habillé, toi ? » lança-t-il.

Victor plongea dans une tente. Une petite vieille[10] à la silhouette de miche de pain l’aida à passer un costume apparemment composé de draps maladroitement teints en noir ; mais vu l’état actuel du logement à Olive-Oued, il devait sûrement s’agir de draps pris dans un lit au hasard. Puis elle lui tendit une épée recourbée.

« Pourquoi elle est tordue ? demanda-t-il.

— J’pense que c’est comme ça, chéri, répondit-elle sans assurance.

— Je croyais que les épées devaient être droites », fit Victor. Dehors, il entendait Planteur demander au ciel pourquoi tout le monde était si bête.

« Peut-être qu’elles sont droites au début et qu’elles se tordent à l’usage, dit la vieille femme en lui tapotant la main. Ça arrive à des tas de choses. »

Elle lui fit un sourire radieux. « Si ça va pour toi, chéri, faut que j’aille aider la jeune dame, des fois que des p’tits nains se mettraient à la reluquer. »

Elle sortit en se dandinant. De la tente voisine parvint un tintement métallique suivi des récriminations de Ginger.

Victor fendit plusieurs fois l’air de son épée, à titre d’essai.

Gaspode l’observait, la tête de côté.

« T’es censé jouer quoi ? finit-il par demander.

— Le chef d’une bande de pillards du désert, on dirait, répondit Victor. De la romance et du panache.

— Du panache de quoi ?

— Du panache en général, j’imagine. Gaspode, de quoi tu voulais parler quand tu as dit que ça tenait Planteur ? »

Le chien se mordilla une patte.

« Regarde ses yeux, dit-il. Pires que les tiens.

— Les miens ? Qu’est-ce qu’ils ont, les miens ? »

Détritus le troll passa la tête par les rabats de la tente. « M’sieur Planteur a dit il vous veut tout d’suite, annonça-t-il.

— Mes yeux ? fit Victor. Ils ont quelque chose, mes yeux ?

— Ouah.

— M’sieur Planteur a dit… commença Détritus.

— D’accord, d’accord ! J’arrive ! »

Victor sortit de sa tente en même temps que Ginger de la sienne. Il ferma les yeux.

« Bon sang, je vous demande pardon, bafouilla-t-il. Je retourne attendre que vous soyez habillée…

— Je suis habillée.

— M’sieur Planteur a dit… insista Détritus derrière eux.

— Venez, dit Ginger en lui prenant le bras. On ne va pas faire poireauter tout le monde.

— Mais vous êtes… Votre… » Victor baissa les yeux, ce qui ne lui fut pas d’un grand secours. « Vous avez un nombril dans votre diamant, hasarda-t-il.

— Celui-là, je m’y fais, dit Ginger en jouant des épaules dans un effort pour tout mettre en place. Mais ces deux couvercles de casserole, eux, ils me posent des problèmes. Avec ces trucs-là, on comprend ce que les pauvres filles doivent endurer dans les harems.

— Et ça vous est égal qu’on vous voie comme ça ? fit Victor, ébahi.

— Pourquoi ? Ce sont des images animées. Ce n’est pas comme si c’était réel. Et puis, vous seriez étonné de ce que les filles sont obligées de faire pour moins de dix piastres par jour.

— Neuf, rectifia Gaspode qui se traînait toujours sur les talons de Victor.

— Bon, approchez-vous, tout l’monde, brailla Planteur dans un mégaphone. Les Fils du Désert par là-bas, s’il vous plaît. Les esclaves… Où elles sont, les esclaves ? Bon. Opérateurs ?…

— Je n’ai jamais vu autant de monde dans un clic, murmura Ginger. Ça doit coûter plus de cent piastres ! »

Victor observa les Fils du Désert. On aurait dit que Planteur était passé chez Borgle pour engager les vingt clients les plus près de la porte, sans souci de leur apparence, et leur donner à chacun l’idée qu’il se faisait d’une coiffe de bandit du désert. Se côtoyaient des Fils du Désert trolls – Roc le reconnut et lui adressa un petit geste de la main –, des Fils du Désert nains et un minuscule Fils poilu qui prenait sa place en bout de file d’un pas traînant et se grattait furieusement dans une coiffe lui descendant jusqu’aux pattes.

« … l’attrapes, tu tombes en extase devant sa beauté et puis tu t’la jettes sur ton pommeau. » La voix de Planteur s’insinua dans la conscience de Victor.

« Sur mon quoi ? demanda-t-il.

— C’est une partie de la selle, souffla Ginger.

— Oh.

— Après, tu galopes dans la nuit, pendant que tous les Fils du Désert te poursuivent en chantant des chansons entraînantes de bandits…

— Personne va les entendre, lui fit obligeamment remarquer Sol. Mais s’ils ouvrent et referment la bouche, ça pourra créer une… tu sais, une ambiance.

— Mais ce n’est pas la nuit, dit Ginger. On est en plein jour. »

Planteur la regarda, l’œil fixe.

Sa bouche s’ouvrit une ou deux fois.

« Sol ! brailla-t-il.

— On peut pas filmer la nuit, mon oncle, répondit aussitôt le neveu. Ils y verraient que dalle, les démons. Rien nous empêche de passer un carton qui dise “C’est la nuit” au début de la scène, comme ça…

— Comme ça, y aurait plus la magie des images animées ! le coupa sèchement Planteur. Ce serait du bidouillage !

— Excusez-moi, intervint Victor. Excusez-moi, mais ça n’a sans doute pas d’importance parce que les démons peuvent sûrement peindre le ciel en noir avec des étoiles, non ? »

Suivit un moment de silence. Puis Planteur regarda Électro.

« Ils peuvent faire ça ? demanda-t-il.

— Nan, répondit l’opérateur. C’est déjà vachement dur de leur faire peindre ce qu’ils voient, alors ce qu’ils ne voient pas… »

Planteur se frotta le nez.

« Je s’rais disposé à négocier », dit-il.

L’opérateur haussa les épaules. « Vous comprenez pas, m’sieur Planteur. Ils en feraient quoi, de leur argent ? Ils le boulotteraient, c’est tout. Si on commence à leur demander de peindre des trucs qu’existent pas, on s’met dans une sacrée…

— C’est peut-être la pleine lune et on y voit comme en plein jour ? fit Ginger.

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10

Madame Marietta Cosmopilite, précédemment couturière à Ankh-Morpork jusqu’à ce que ses rêves la conduisent à Olive-Oued, où elle avait découvert qu’on appréciait fort ses talents à l’aiguille. L’ancienne raccommodeuse de chaussettes sport tricotait désormais de fausses cottes de mailles pour trolls et vous taillait un pantalon de harem en un tournemain.

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