Ceci est bien une pipe
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #172
- Год: 1999
- Язык: французский
- Год: Fleuve noir
- ISBN: 978-2265089617
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Ceci est bien une pipe». Краткое содержание книги:
Le conflit a fait moins de victimes que celui de 14–18, toutefois, il a été sévère. En ce temps-là, quand tu dérapais sur un trottoir, c'était dans une flaque de sang plutôt que sur une peau de banane !
Y avait des flingueurs partout : dans les restaurants, les cinoches, les églises, les pissotières et les rues, surtout !
On croyait ces fantaisies révolues. Fume, mon grand, fume ! Voilà que, sous une autre forme, tout recommence. En gigantesque ! En omniprésent ! En plus qu'impitoyable !
Le « Consortium », ça s'appelle, cette vérolerie.
Et moi, le Sana-joli, avec mon courage démentiel et ma belle bitoune toujours prête, je m'attaque à cette hydre !
Malheur de mes os !
A compter de cet instant, il m'arrive les pires trucs et je marche sur un tapis de cadavres !
Tout s'écroule autour de ma pomme. Apocalypse intégrale ! La mort, l'horreur, la folie ! Le bout du bout, quoi !
Âmes sensibles s'abstenir !
Quant aux autres, prenez le pied de votre vie !
C'est ma tournée
J'embraye sans mot dire (et sans maudire). Une certitude radieuse me gonfle poumons et testicules. Tout mon individu réalise que nous touchons au but. Ça va craquer dans les prochaines heures. C'est aussi incontournable que la fin d'une gestation. Quand un être est terminé, IL FAUT QU'*IL NAISSE !
Je rallie Berne en savourant la paix ambiante.
Dix secondes avant le largage de « la bombe », Hiroshima devait être aussi paisible.
Tu ne devineras jamais ce que je trouve dans ma chambre en rentrant !
Je te dis ?
Fridoline et une autre gonzesse, mon baby chéri ! La seconde doit être la Roumaine recueillie, avec son époux, par notre « correspondante ». C'est une fille menue et brune, à la peau ambrée, au regard d'un vert étrange. Je ne suis pas amateur de cette couleur, mais quand elle s'applique à des yeux de bergère, elle est sublime.
— Je me suis permis de demander la clé de votre appartement, avoue la Bernoise.
— Heureux qu'on vous l'ait remise.
— Voici Elvira, l'amie dont je vous avais parlé.
J'adresse un sourire d'extrême bienvenue à sa camarade de baise.
— Si je l'ai amenée, c'est à cause de votre collaborateur, poursuit la charmante ; mon amie n'a jamais connu l'amour avec un Black et en rêve.
— Selon moi, son souhait a toutes les chances d'être exaucé, assuré-je.
Je fonce toquer à la porte de mon féal.
Il survient, une jetée de secondes plus tard, torse nu et en caleçon. Découvrant ces dames, il se jette en arrière, mais je le stoppe d'un péremptoire :
— Non, viens ! Tu es au contraire dans une tenue adéquate pour dispenser ce qu'on espère de toi !
Sans la plus légère vergogne, disait Paul Claudel, il se rend à mes adjurations.
Jérémie saisit la petite greluche par la taille et l'empale, en deux couilles la grosse, sur son brigadier[26]. Je sens qu'il va lui laisser un souvenir cuisant et qu'elle devra marcher Louis XV, la malheureuse.
Ce qui s'ensuit ne serait racontable que dans un ouvrage fortement licencieux. Obéissant à ma nature pudibonde, je le passerai donc sous silence.
Eh bien ! croive-moi ou va t'engager comme botaniste au Groenland, mais ce coup de rapière aura des conséquences incalculables sur le dénouement de mon conte de fées !
20
La, tu incertaines, pas vrai, gros malin ?
Te demandes quel chamboulement l'emplâtrage d'Elvira par le premier de mes seconds peut occasionner ?
N'ayant rien de caché pour toi, je vais te mettre au parfum sans entraîner de perturbation dans ton budget.
Tandis que Mister Réglisse y va de sa calçade Grand Veneur, ma collaboratrice prend inopportunément congé après avoir simplement passé un coup de menteuse express sur la fente déjà obstruée de sa potesse, par politesse, voire simple gourmandise. Puis, comme je lui présente les armes, elle me rebuffe gentiment :
— Non, pas ce soir !
Phrase désespérante qui mélancolise les mâles aux bourses pleines.
J'ai tout de suite pigé, à l'intonation, la définitivité de sa décision. Voilà pourquoi je remets mon guignolet dans ses starting-blocks.
Fridoline me sait gré de ma courtoisance et m'explique : Mme sa maman étant alitée, elle lui a promis de dormir dans sa maison.
Je la raccompagne à sa charrette où elle m'aumônise d'un baiser fourré.
— Vous voudrez bien appeler un taxi pour mon amie ? demande-t-elle.
— Il n'en est pas question, me récrié-je. Nous reconduirons la petite Roumanoche dans les bras de son époux après usage, à moins qu'elle ne préfère passer la nuit ici ?
— Impossible ! Son mari est à une réunion de Suisse-Roumanie, et doit rentrer peu après minuit. Si, au contraire, vous pouviez écourter leurs ébats…
— J'y veillerai, promets-je.
Je rallie mes pénates.
« A Berne, j'ai le paf en berne », rimaillé-je, brusquement saisi par le spleen consécutif aux coups imperpétrés. Dans ma chambre, la bite de Jérémie fait rage. Tu croirais une bielle en folie. Sa partenaire clame en un unique chant sa souffrance et sa jouissance étroitement mêlées.
M'attarder ici serait du voyeurisme de lupanar, aussi vais-je attendre dans la carrée du Black la fin de la mousson.
J'éteins la lumière et l'obscurité m'endort.
Le matin vint, m'éveillant par ses chants de coqs. Que raconté-je ! Nous sommes en pleine ville ! Donc : pas de gallinacé. M'éveillant à cause des camions vide-ordures.
J'avais roupillé dans la chambre de mon ami lequel, anéanti par l'amour, devait en écraser dans la mienne avec sa dulcinée.
Une fois sur mon séant, j'aperçus un rectangle de papelard au pied du pageot. En pris connaissance. Lus :
Pas le courage de te réveiller. Je vais raccompagner la petite. C'est l'affaire du siècle !