Le cas Malaussène (tome 1: Ils m'ont menti)
- Автор: Пеннак Даниэль
- Серия: Le сas Malaussène #1
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Gallimard
- ISBN: 978-2070142316
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Le cas Malaussène (tome 1: Ils m'ont menti)». Краткое содержание книги:
Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle.
On ne peut pas reculer indéfiniment devant l’obstacle, ce serait faire la course à l’envers. Titus plongea les yeux dans son bol vide, prit sa respiration, releva la tête pour les regarder tous, et dit ce qu’il avait à dire :
— Maracuja, Monsieur Malaussène et C’Est Un Ange sont ici.
Flottement.
— Ici, à Paris ?
— À Paris.
— Ils sont rentrés ? demanda Gervaise.
— Ils ne sont jamais partis.
Tous les bols s’étaient posés sur la table.
Titus attendit encore deux ou trois secondes, puis :
— C’est eux qui ont enlevé Lapietà.
Difficile d’interpréter le silence qui s’installa. Il n’y eut personne pour s’exclamer quoi ? Non ? Sans blague ? Tu déconnes ? On était tout simplement au-delà de la stupeur.
— Qu’est-ce que tu dis ? demanda finalement Silistri par pur automatisme.
— Je dis que la nouvelle génération Malaussène a kidnappé Georges Lapietà, et j’ajoute qu’ils l’ont fait sous la direction de son fils, le surnommé Tuc. C’est le chef de la bande.
— Tuc ? demanda Gervaise.
— Travaux d’Utilité Collective. Tu te souviens ? Lapietà était à l’origine de cette brillante idée en quatre-vingt-quatre, quand il était ministre, les travaux d’utilité collective… Dix ans plus tard, quand son gosse est né et qu’il a commencé à grandir, gentil comme tout, aidant tout le monde, Lapietà lui a filé ce surnom, pour amuser la galerie. Aujourd’hui, Tuc revendique son surnom haut et fort. Il s’en est fait un pseudonyme. La collectivité, ça lui parle.
— Où est leur planque ? demanda Verdun.
— Dans un atelier de musique sous l’esplanade de la Défense.
La masse enfarinée de Ludovic réapparut, une deuxième cafetière à la main. Mais cette fois il retourna au fournil sans remplir les bols.
— Ils relâcheront Lapietà dimanche, après que Ménestrier, Vercel, Ritzman et Gonzalès auront remis le chèque à l’Abbé sur le parvis de Notre-Dame.
— Pourquoi ont-ils fait ça ? demanda Gervaise.
— À cause de Benjamin, répondit Titus.
À cause de Benjamin ? Comment ça à cause de Benjamin ? Qu’est-ce à dire, à cause de Benjamin ? C’est à peu près ce qui se lisait sur les visages.
— Ils comptaient vraiment passer leurs vacances dans le caritatif estampillé, expliqua Titus, ils avaient pris contact pendant l’année avec diverses associations, en Indonésie, au Mali, au Brésil, mais Benjamin leur a fait un tel portrait des ONG qu’ils ont changé d’avis. Ils ont décidé de « se rendre vraiment utiles », Mara dixit (Mara qui est ma filleule, je vous le rappelle en passant).
Suivit un long silence de digestion. Quand Verdun l’interrompit, ce fut d’une voix intermédiaire. Pas encore celle de la juge Talvern, mais plus tout à fait celle de Verdun Malaussène. Une intelligence en embuscade :
— Peut-on savoir comment Lapietà a pris la chose ?
— Lapietà ? répondit Titus. Georges ? Tu le connais, c’est le genre de type à se rouler dans la confidence comme un chien de ferme dans la fosse à purin. Il a beaucoup parlé. Les gosses l’ont enregistré.
— A-t-il su d’entrée de jeu que c’était son fils ?
Non, Lapietà n’avait pas compris tout de suite qui l’avait enlevé. Il lui avait fallu chercher, d’abord. Quelques heures. À voix haute. Les gosses avaient tout enregistré.
— Tu veux écouter ?
V
CE QUE LAPIETÀ AVAIT À DIRE
« Je suis comme l’or, moi, moins il en reste, plus c’est cher. »