Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
Il y eut une pause, un silence.
"Harry -" dit-elle. "Je - je ne suis plus sûre que ce soit une si bonne idée de combattre des brutes."
Les yeux de Harry restèrent braqués sur les siens. "Parce que d'autres filles pourraient se faire mal ?"
Elle hocha seulement la tête.
"C'est leur choix, Hermione, tout comme c'est le tien. J'ai décidé de ne pas faire le choix évidemment stupide que tout le monde fait dans les livres, de ne pas essayer de te garder à l'abri, protégée et incapable, ce qui t'aurait mise très en colère contre moi, et tu m'aurais repoussé, serais partie seule, aurais fait face à encore plus d'ennuis, aurais héroïquement surmonté tes obstacles, après quoi j'aurais eu mon épiphanie et j'aurais compris que bla bla bla et cetera. Je sais comment cette partie de l'histoire de ma vie se déroule alors je la saute. Si je peux prédire ce que je vais penser plus tard, autant que je le pense maintenant. Bref, ce que je veux dire c'est que tu ne devrais pas non plus étouffer tes amies pour les garder à l'abri. Dis leur juste à l'avance que ça va horriblement mal tourner et ce de façon tout à fait prévisible et que si elles veulent quand même être des héroïnes malgré ça alors d'accord."
C'était pendant des moments comme celui là que Hermione se demandait si elle allait jamais s'habituer à la façon de penser de Harry. "Harry, je ne veux vraiment," sa voix buta pendant une seconde, "vraiment, vraiment pas qu'il leur arrive du mal ! Surtout à cause de quelque chose que j'ai commencé !"
"Hermione," dit Harry avec sérieux, "je suis assez certain que tu as fait ce qu'il fallait. Je ne vois pas de scénario plausible qui serait pire pour elles, à long terme, que de ne rien faire."
"Et s'il leur arrive quelque chose de grave ?" dit Hermione. Sa voix se bloqua dans sa gorge; elle se souvint de capitaine Ernie racontant comment Harry avait juste regardé droit dans les yeux d'une brute pendant que celle-ci tordait son doigt en arrière, avant que le professeur Chourave n'arrive pour le sauver ; et une autre pensée suivit celle-ci, une pensée pour Hannah et ses mains délicates avec ses ongles qu'elle peignait précautionneusement d'un jaune Poufsouffle chaque matin, mais imaginer la suite lui fut alors interdit. "Et alors - alors elles ne feront plus jamais rien de courageux, plus jamais -"
"Je ne pense pas que ça marche comme ça," dit Harry d'un ton ferme. "Même si tout tourne atrocement mal, je ne pense pas que ça marche comme ça dans l'esprit humain. Ce qui est important c'est qu'elles se voient comme des gens capables de dépasser leurs limites. Essayer et avoir mal ne peut pas être pire pour quelqu'un que d'être... coincé."
"Et si tu as tort, Harry ?"
Harry se tut un moment, puis il haussa les épaules d'un air un peu triste et dit "Et si j'ai raison ?"
Hermione rabaissa les yeux vers le maillage posé noir sur sa main. De l'intérieur, la cape était étrangement douce et pourtant ferme contre sa paume, comme si la cape avait essayé de donner un câlin rassurant à sa main.
Puis elle releva le bras, tendit la cape à Harry.
Harry ne fit pas un geste pour la prendre.
"Je -" dit Hermione. "Enfin, merci, merci beaucoup, mais je dois encore y réfléchir, alors tu peux la reprendre pour l'instant. Et... Harry, je ne pense pas que ce soit bien d'espionner les gens -"
"Même pas des brutes, pour sauver leurs victimes ?" dit Harry. "Je n'ai jamais été brutalisé, mais j'ai participé à une simulation réaliste et ça n'était pas très agréable. As-tu jamais été brutalisée, Hermione ?"
"Non," dit-elle d'une petite voix, et elle continua de tendre sa cape d'invisibilité à Harry.
Il reprit enfin sa cape - elle eut un léger sentiment de perte lorsque la chanson inaudible disparut de l'arrière de son crâne - et commença à enfoncer le matériau noir dans sa bourse.
Après que la bourse eut mangé le dernier morceau de tissu, Harry se détourna de Hermione pour aller briser la barrière de silence -
"Et, euh," dit Hermione. "Ce n'est pas la Cape d'Invisibilité quand même ? Celle qu'on a vue à la bibliothèque à la page dix-huit de la traduction par Paula Vieira du Parchemin Illustré des Objets Perdus de Gottschalk ?"
Harry se retourna vers elle, un léger sourire sur le visage, et dit exactement du même ton de voix qu'il avait utilisé plus tôt avec les autres élèves au dîner : "Je ne peux ni confirmer ni infirmer que je possède des objets magiques dotés d'incroyables pouvoirs."
Cette nuit, après être entrée dans son lit, Hermione essayait encore de prendre une décision. Sa vie avait été plus simple pendant le dîner, lorsqu'il n'y avait pas eu de moyen efficace de trouver des brutes ; et maintenant il lui fallait à nouveau choisir, pas pour elle cette fois mais pour ses amis. Elle voyait continuellement en pensée le visage ridé de Dumbledore et la douleur qu'il n'avait pas tout à fait masquée, et elle entendait la voix de Harry qui lui disait : "C'est leur choix, Hermione, tout comme c'est le tien."
Et sa main continuait de se remémorer la sensation de la cape contre ses doigts, la repassait encore et encore dans son esprit. Il y avait dans cette sensation quelque chose de puissant qui contraignait ses pensées à y revenir, ainsi qu'à la chanson qu'elle avait entendue / pas entendue quelque part dans son esprit et dans sa magie, une chanson maintenant redevenue silencieuse.
Harry avait parlé à la cape comme si celle-ci était une personne, il lui avait dit de bien prendre soin de Hermione. Harry avait dit que la cape avait appartenu à son père, qu'il ne pourrait pas la remplacer si elle était perdue...
Mais... Harry ne ferait pas vraiment ça, si ?
De juste donner l'une des trois Reliques de la Mort, créées des siècles avant Poudlard ?
Elle aurait pu dire qu'elle se sentait flattée mais cela allait loin au-delà de la flatterie, jusqu'à lui faire se demander ce qu'elle représentait exactement aux yeux de Harry.
Peut-être Harry était-il le genre de personne qui aimait prêter d'anciens artefacts magiques perdus à tous ceux qu'il considérait comme des amis, mais -
Mais quand elle songeait à quelle partie de sa vie Harry disait avoir sauté, la partie où il essayait de la maintenir en sécurité...
Hermione leva les yeux vers le plafond du dortoir de Serdaigle. Quelque part à côté de son lit, Mandy et Su parlaient. Elle avait monté le niveau du sortilège de silence pour ne pas entendre les mots exacts mais elle pouvait toujours percevoir leur léger murmure ; il y avait quelque chose de réconfortant à dormir dans une pièce avec d'autres filles. Elle savait que Harry gardait son propre sortilège de silence au niveau maximum.
Elle commençait à se demander si, peut-être, Harry...
Vous savez...
S'il l'aimait bien.
Hermione mit longtemps à s'endormir cette nuit-là.
Et lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin il y avait un petit bout de parchemin qui dépassait de sous son oreiller et sur lequel était écrit : À dix heures et demie tu trouveras une brute dans la quatrième coursive à gauche du couloir qui mène à la salle des potions - S.
Ce matin là, lorsque Hermione entra dans la grande salle, son estomac était rempli de papillons aussi grands que des Hippogriffes, et elle n'avait pas encore décidé ce qu'elle ferait alors même qu'elle s'approchait de table où Serdaigle prenait son petit déjeuner.