Le festival des macchabées
- Автор: Héléna André
- Серия: Maurice Debar #2
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Éditions E-dite
- ISBN: 978-2846083041
- Жанр: Военная проза
Электронная книга - «Le festival des macchabées». Краткое содержание книги:
Macabre, grotesque, l'œuvre d'Héléna n'a rien perdu de son actualité historique et humaine. La corruption et le vice sont inexorablement liés à la politique et au pouvoir. On croyait le savoir depuis toujours, on l'avait oublié, et c'est un écrivain désormais immortel qui nous rappelle que la mort et l'ignominie sont toujours au rendez-vous de l'Histoire. Avertissement d'autant plus fort qu'André Héléna, maître du roman noir français, renoue avec la verve rabelaisienne et l'ironie populaire.
Notre adolescence s’est écoulée dans un monde où les valeurs les plus évidentes étaient remplacées par l’argent, le problème de la tripe, la chair et la haine.
Nous avons vécu les plus belles années de notre vie à éviter la mort partout présente et la faim et le froid.
On nous a tout de suite fait comprendre, en pesant bien sûr les mots, pour ceux d’entre nous qui auraient la tête dure, que la vie quotidienne ça s’apprend à coups de pied dans le cul.
Et maintenant on nous demande d’écrire, avec une encre parfumée, des sornettes imbuvables à l’usage de vieilles filles refoulées que la ménopause rend frénétiques.
Monsieur Thomas Narcejac, par exemple, qui écrit des romans policiers, prétend que, pour sa part, « il en a marre ».
Il n’est pas le seul. Nous aussi. Nous avons marre de cette vie.
Seulement, il faudrait tout de même essayer d’être sincère. D’abord, ce n’est pas nous qui avons inventé le meurtre, bien qu’on essaye de le faire croire. Il y avait un type autrefois, qui s’appelait Caïn, figurez-vous. Et avez-vous lu ce roman noir bourré d’assassinats, de viols, d’adultères et d’incestes qui s’appelle la Bible ? Seulement l’auteur, prudent, a soigneusement gardé l’anonymat.
La littérature n’est pas responsable de son époque, c’est l’époque qui est responsable de sa littérature. Les débauches de la Régence nous ont donné les livres libertins du début du dix-huitième siècle tandis que les troubles sociaux donnaient naissance aux Encyclopédistes.
On demeure confondu devant une naïveté qui confine à la mauvaise foi lorsqu’on voit des gens prétendre le contraire avec une acrimonie qui éclaire tout de suite l’auditeur.
Gentils vieillards, de « votre temps » bien sûr c’était autre chose.
Il n’y avait pas de gang des tractions avant, mais il y en avait d’autres, seulement on les appelait des « bandes ».
Certains de vos contemporains nous en ont parlé. Ils les ont même chantés, ces pâles voyous de Belleville, de Ménilmontant ou de Grenelle. Je ne veux citer qu’Aristide Bruant. Et n’était-ce pas déjà des petits romans noirs, ces chansons atroces ?
Je ne pense pas qu’on guérisse un mal en refusant de le regarder. C’est la politique de l’autruche, jointe à l’hypocrisie de Tartuffe.
Nos grands-parents lisaient Choderlos de Laclos et même, sous la « Belle Époque », des auteurs légers, tels que Willy et Paul de Kock.
Sont-ils tous morts de la vérole ?