Le train de 16 h 50
- Автор: Кристи Агата
- Серия: Miss Marple (fr) #8
- Год: 1984
- Язык: французский
- Год: Librairie des Champs-Élysées
- ISBN: 2-7024-2416-3
- Переводчик: Pierre Girard
- Жанр: Классические детективы
Электронная книга - «Le train de 16 h 50». Краткое содержание книги:
L’inspecteur Craddock tendit la main. Emma lui donna la lettre après une brève hésitation. Puis elle reprit, très vite :
— Vingt-quatre heures après avoir reçu cette lettre, il nous est arrivé un télégramme disant qu’Edmund était porté disparu. Sa mort nous a été confirmée par la suite. C’était juste avant la bataille de Dunkerque, et la plus grande confusion régnait. J’ai effectué des recherches auprès de l’Armée, mais on n’a trouvé aucun papier faisant état de son mariage. Comme je vous l’ai dit, le désordre était partout. Dans le même temps, je n’ai eu aucun signe de vie de cette fille. J’ai essayé, à la fin des hostilités, de reprendre mes investigations, mais je ne connaissais que son prénom, et cette région de la France avait été occupée par les Allemands, et il s’est avéré impossible de retrouver sa trace sans connaître son nom de famille ou sans en savoir à tout le moins un peu plus sur son compte. J’ai fini par me dire que ce mariage n’avait sans doute jamais eu lieu et que la fille avait peut-être épousé quelqu’un d’autre avant la fin des hostilités, ou encore qu’elle avait été tuée elle aussi.
L’inspecteur Craddock hocha la tête. Emma poursuivit :
— Imaginez ma surprise quand j’ai reçu, il y a tout juste un mois, une lettre écrite en français et signée Martine Crackenthorpe.
— Vous l’avez ?
Emma prit la lettre dans son sac et la lui tendit. Craddock la lut avec beaucoup d’attention. L’écriture, régulière et élégante, dénotait une bonne éducation :
Chère mademoiselle,
J’espère que cette lettre ne vous choquera pas. Je ne sais même pas si votre frère Edmund, avant de disparaître, vous avait informée de notre mariage. Il m’avait fait part de son intention de vous écrire à ce sujet. Il a été tué quelques jours plus tard lors de l’attaque de notre village par les Allemands. La guerre finie, j’ai décidé de ne pas vous écrire et, bien qu’Edmund me l’ait demandé, de ne rien tenter pour entrer en contact avec vous : j’avais refait ma vie, et cela ne me paraissait plus nécessaire. Mais ma situation, aujourd’hui, n’est plus la même. C’est pour mon fils que je vous écris. Il est l’enfant de votre frère, et je ne suis plus en mesure de l’élever comme je l’ai fait jusqu’à présent. Je serai en Angleterre la semaine prochaine. Pourrez-vous me recevoir ? Mon adresse postale sera 126, Elvers Crescent, N°10. Je souhaite, encore une fois, que ma démarche ne vous semble pas trop inopportune.
Acceptez, chère mademoiselle, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.