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La queue en trompette

Электронная книга - «La queue en trompette». Краткое содержание книги:

D'après certains renseignements que j'ai obtenus, il y a deux basset-hound dans la vie de San-Antonio.
Le premier était une chienne nommée Jezabelle, mais qui s'appellait Belle tout court. Elle est morte pour avoir mangé une taupe empoisonnée.
Le deuxième, c'est moi : Salami.
Malgré mes origines britanniques, je sors d'un élevage italien dirigé par un ancien chef de la Police romaine.
Je dispose de plusieurs particularités dont la principale est de comprendre couramment le langage humain, voire même de le parler pour peu qu'on établisse un code.
Autre singularité de mon personnage : je préfère les femmes aux chiennes, bien que je n'aie pas eu l'occasion d'en consommer à ce jour.
Encore un fait saillant : je ne réponds pas quand on me siffle. Mon hérédité anglaise, sans doute. Au restaurant, j'abomine « la gamelle à Médor » sous la table. Généralement, je prends mon repas assis sur une chaise, en face ds San-A.
J'ai encore beaucoup, beaucoup d'autres choses pas tristes à révéler ; mais je ne vais pas résumer au dos d'une couverture ce que mon connard de maître à raconté en trois cents pages !
Il aurait l'air de quoi ?
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— Dites donc, il faut pas vous gêner, espèce de gros dégueulasse ! l’apostrophe un gendarme en faction devant la demeure.

Il se tait en découvrant le mandrin de Sa Majesté.

— Dedieu la verge que voilà ! balbutie le pandore. J’en ai jamais vu de pareille ; et pourtant j’ai assisté à des tas de conseils de révision !

Oubliant la plus élémentaire discrétion, il s’approche du Mastard pour avoir un panorama plus complet de son intimité.

— Elle va chercher dans les combien ?

— Elle n’est pas à vendre, rétorque le Rogue.

— Je parle de sa longueur ?

— La dernière fois qu’une dame m’ l’a sucée, elle dépassait les quarante-quatre centimètres.

— Parce que vous arrivez à trouver chaussure à votre pied, avec un calibre pareil ?

— Qu’est-ce vous croiliez ? Les frangines ont la chaglatte extensive.

— Ça doit pas toujours leur être agréable, assure le gendarme enjalousé.

— L’essentiel est qu’ ça rent’, non ? Une fois dans la place, la nature y met du sien.

Parvenu en fin d’épanchement, Alexandre-Benoît secoue le monstre avant de lui faire réintégrer sa cage.

C’est sur ce coucher de soleil que je me montre.

— Ah ! t’ vlà, rugit le Mastodonte en m’apercevant. J’ t’ remercille pour la façon qu’ tu t’arrêtes quand t’est-ce j’ sus en rade. Que, n’en outr’, ces cons d’ poulets d’ici m’envoyent aux bains trucs biscotte j’ai pas d’ commission rogaton. On s’ croirerait en Papoisie, j’ t’ jure !

Sur ces entremiches, un perdreau civilard sort de la maison et nous interpelle avec la voix d’un ours brun souffrant d’une angine.

— Qui est-ce encore ce nouveau ? il lance. Un gandin de Paris ? Vous êtes accrédité pour venir nous casser les pieds pendant notre travail ?

— Écoutez, mon vieux, réponds-je, je ne vois pas pourquoi vous prenez mal notre présence. Cette affaire a débuté à Paris et il est normal que nous suivions ses ramifications. Je vous signale que c’est moi qui vous ai prévenus.

Son cri de mammouth au fond d’une grotte de l’époque tertiaire attire un de ses collègues que je reconnais : Simon Darbandais, qui fit un stage dans notre crèche, il y a de cela une douzaine d’années.

M’apercevant, ce dernier pousse une exclamation à alvéoles gutturées. Puis vient à moi, le cul serré kif les lèvres d’une institutrice anglaise pendant la projection d’un film hard, dont le rôle principal est interprété par sa mère.

— Monsieur le directeur ! Si je m’attendais… Mais comment se fesse ? Je veux dire : se fait-il ? Vous ici ! En personne ! Sans escorte, sans tambour, sans trompette !

Tu le conçois aussi clairement que je l’énonce : mon arrivée improvisteuse devient événementielle. Bérurier profite de la renversée et se laisse choyer mollement, en homme « qui n’en pense pas moins ».

— C’est vous qui dirigez l’enquête, Simon ? je fais à Darbandais.

— En effet, monsieur le directeur.

— Savez-vous à qui appartient cette maison ?

— Nous venons de l’apprendre.

Je le cisaille en jetant négligemment :

— Je souhaiterais un rapport plus que détaillé sur Rigobert Panoche, son propriétaire. Comment vivait-il ? Qui recevait-il ? Enfin, vous voyez ?

Sidéré que j’en sache déjà tant, mon confrère opine comme un cheval de haras.

— Nous allons nous y atteler, promet-il.

— Voyez-vous, poursuis-je charitablement, je suppose que les meurtriers ne sont pas venus fortuitement dans cette maison de campagne. On peut dire qu’ils s’y sont carrément installés et y ont pris leurs aises. Des crapules ne bivouaquent pas ainsi dans une propriété qui leur est inconnue. Ici, on a dormi, on a allumé un feu d’enfer pour incinérer des cadavres, toutes choses auxquelles ne se livreraient pas des gens sur le qui-vive. Vos gars vont devoir enquêter dans le voisinage. La crèche a beau se trouver isolée, elle est en bordure de route. Plusieurs bagnoles ont dû séjourner sur ce terre-plein, au moins deux, ça sûrement.

— Pourquoi ? demande étourdiment Simon Darbandais.

— Il y en a une sur place, les meurtriers ont bien dû repartir par leurs propres moyens !

— C’est évident.

— D’où la nécessité d’une seconde tire !

— Naturellement.

Je pose ma main absolvatrice sur son épaule cintrahabiste :

— Comme je viens de le dire, nous ne voulons pas chasser sur vos terres, Simon, simplement l’affaire de Paname déborde jusque dans l’Yonne et le temps presse.

— Je comprends tout à fait, monsieur le directeur, et croyez à notre entier dévouement.

Béru pousse un hennissement de vieil étalon humant le fion d’une pouliche.

— Bordel à cul, Sana ! C’est toive qu’as mon bigophone portatif ?

— Je l’ai prêté à notre confrère Hanoudeux.

— T’es généreux av’c les affaires des autres ! Moive qui l’ croivais perdu ! D’ c’ fait j’ai pas pu prendre des nouvelles de ma pauv’ femme qu’est probab’ment clamsée à l’heure dont j’ cause.

— Emprunte celui du gendarme ici présent. Vous permettez, brigadier ?

Le pandore, qui n’est pas sans grandeur d’âme, tend son déconnoir au Gros. Béru forme le numéro de l’hosto.

— Allô ! lance-t-il à la standardiste, passez-moive la chamb’ 333 ! Oui : trois, trois, trois ! Si personne répond, branchez-moive su’ la morgue d’ l’hôpital, car c’ s’ ra qu’ ma dame est cannée.

Bref silence. Nos confrères et ma pomme attendons la suite du suspense.

L’organe du Mahousse reprend, teinté d’angoisse :

— Éscusez d’ vous déranger, c’est pour avoir des nouvelles fâcheuses d’ mame Berthe Bérurier qu’ j’étais l’époux. Pardon ? Vous disez ? Causez pas la bouche pleine, j’ me croive en communicance avec un’ pompe à merde !

« Comment ? Ah ! c’est toive, Berthe ! J’ t’entends à peine. Tu vis toujours ? Dis donc, ma grande, c’est du peu au jus, si j’ me fille à ta pauv’ voix qu’est comme une chandelle qui s’éteint. Quoive ? Tu quoi ? Tu manges ! Comment ça, tu manges ? Tu veux dire qu’ tu communilles ? On t’adminis’ les cinq sacr’ments ? Ben cause, bordel ! Avale c’ qu’ t’as dans ta grande clape d’ vache ! Oui, v’là, j’ t’entends.

« Quoi-ce ? Tu bouffes une omelette ! Non, je rêve ! Une om’lette quand t’est-ce on a un panard dans la terre glaise et l’aut’ su’ une plaque d’ verglas ! Attention, Berthe : faut pas m’ la faire. Mourante t’étais, mourante tu restes ! D’alieurs les docteurs s’ sont portés garantis. J’ai déjà donné mon costard gris au pressinge pour qu’ils le teindent en noir ! Et j’ai offerte ton manteau d’ fourrure à une personne dont j’ connais et qui va l’ faire reprendre, biscotte y l’est trop grand pour elle ! Alors tu voyes : y a plus à y r’viendre. Soye raisonnab’, ma grosse : la vie n’a qu’un temps. Si tu m’en croives, laisse quimper ton omelette et commence tes arrangements av’c le Seigneur, biscotte ta garce d’ vie n’a pas été très cline. Plutôt glauque même, à des moments.

« Hein ? Comment ? Quoi ? T’y peux rien ? T’es guérie ? C’tait une fausse alerte ? Ah ! bon… C’est dur à admett’, mais j’ m’y f’rai. J’en ai vu d’aut’. Simp’ment, Berthe, ton manteau d’ fourrure, j’ croive qu’on devrait l’ laisser à celle dont j’ l’ai donné, ça s’rait plus corrèque, tu comprends ? »

Il coupe la communication devant une assemblée de policiers effarés. Il a un regard balayeur et déclare :

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