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READ-E-BOOK » Иронические детективы » Maman, la dame fait rien qu'à me faire des choses !
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Maman, la dame fait rien qu'à me faire des choses !

Электронная книга - «Maman, la dame fait rien qu'à me faire des choses !». Краткое содержание книги:

C'est beau, un bordel.
C'est confortable.
On y passe généralement de bons moments.
Sauf quand il y vient des gens bizarres.
Alors il arrive que les choses se gâtent et qu'on se mette à y mourir à qui mieux mieux.
Un conseil : ne jamais ouvrir la fenêtre donnant sur la rue, sinon t'es obligé d'appeler les pompiers. Et les pompiers dans un bordel, quoi que tu en penses, ça la fout mal !
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Je m’y suis faite, dit-elle. Vous savez, chez moi à Fédada, c’est pas plus confortable. Et puis, Madame est plutôt gentille. Souvent, quand je la vois dans ses bons jours, je lui demande si je ne pourrais pas m’installer à l’annexe dont on ne se sert presque jamais. Ça me ferait une vraie chambre ; mais elle refuse. Elle est râteau, la vieille. Elle prétend que j’ai une odeur forte et que ça rendrait le studio inutilisable.

— De quel studio parlez-vous, Miss Cannelle ?

— De celui qui est sur le palier. Madame a fait placer un miroir sans tain dans le mur de séparation. Autrefois, il servait pour les mateurs. Maintenant, les gens n’ont plus honte et préfèrent assister en direct, sans avoir à se rhabiller pour traverser le palier ; de la sorte, ils peuvent participer, comprenez-vous ? De temps en temps on trouve encore un vieux couple qui vient se rincer l’œil ; des gens comme il faut, qui ont une haute situation et ont peur d’être reconnus, mais franchement, ça se perd de plus en plus. Vous savez, on a facilement des ministres qui viennent participer à la partouze du mardi soir.

Elle se tait. Un voile mélancolique met du vague à l’âme sur cette face d’ébène.

— Et si j’arrangeais le coup ? proposé-je.

— C’est-à-dire ?

— Je vais aller parler à la maquerelle ; vous pariez que je vous fais obtenir le fameux studio ? Restez dans le vestibule et tendez l’oreille.

D’un pas déterminé, je rejoins le salon où Madame répond à l’appel téléphonique d’un féal client dont le nom de code est « Chaton Bleu » et qui souhaiterait venir avec sa sœur qu’il fait se prostituer de temps à autre quand ses lubies l’emparent. Il va falloir préparer trois mecs costauds qui entreprendront simultanément la frangine. Il fait la mise en scène que la bordelière fignole en artiste. L’un des trois hommes portera un masque de Mickey, une combinaison noire fendue pour laisser passer sa queue, et un martinet. Le second mettra un uniforme de mousquetaire, avec un godemiché à la place de l’épée. Quant au troisième, il sera nu avec une grosse carotte pourvue de sa fane dans l’ognard.

Le scénario est ingénieux, qu’on en juge : la sœurette bouffera la carotte cependant que le mousquetaire la sodomisera avec sa prothèse en chlorure de vinyle, tandis le bon Mickey procédera à un ramonage de l’entrée des artistes tout en fouettant le dos de la dame.

La chère Mina qui en a organisé d’autres, peaufine l’ingénieux scénario. Elle, elle préconise quatre gardes du cardinal en supplément, lesquels bastonneraient les participants.

Le scénariste hésite devant le prix de revient, alléguant qu’une création de cette envergure l’entraînerait vers un devis excessif. Dame Mina propose d’entrer dans une coproduction pour une participation d’un tiers, à condition de pouvoir prendre une série de photos. Son commanditaire renâcle, prétextant que sa sœur exige l’anonymat. Qu’à cela ne tienne, réplique la taulière, elle portera un loup de velours qui pimentera la scène.

On tombe d’accord. On prend date. Elle raccroche avec la satisfaction qu’entraîne une bonne affaire rondement menée.

— Alors, vous avez vu ce que vous voulussiez voir avec ma Noiraude ? gazouille-t-elle à voix flûtée de vieille pute minaudante.

— Et davantage ! riposté-je d’un ton fermé à double tour.

— Qu’entendez-vous par là, monsieur le directeur ?

— Votre employée est logée dans des conditions inadmissibles qui vont m’obliger à demander la fermeture de votre taule.

— Mais c’est une Noire ! plaide la trayeuse de foutre.

— Justement ! La Ligue des Droits de l’Homme se montrera impitoyable. Cette insalubrité s’ajoutant à une affaire criminelle, vous allez devoir anticiper votre retraite, la mère !

— Oh ! Seigneur. A mon âge ! Presque sans ressources…

— A moins que…

— Que quoi ? croasse la Mina ! Disez, disez vite !

— A moins que vous ne relogiez décemment cette fille dans votre studio de matage qui, paraît-il, ne sert qu’épisodiquement.

Du coup, elle retrouve l’oxygène qui tant se raréfiait dans ses gros poumons à quatre places.

— Mais voui ! exulte la moissonneuse de braguettes ! Mais naturellement ! On va lui faire un petit nid, à cette grosse vache. Tout le confort pour son gros cul à cette négresse de merde ! Vous voulez que je vous montre ce coin douillet, monsieur le directeur ?

Je me dis que je dois tenir mon rôle jusqu’au bout.

— Et comment ! aboyé-je-t-il. Je serai intraitable, je vous préviens.

BOUM !

« Un fiacre allait trottinant. »

Elle me fait songer à la chanson d’Yvette Guilbert, la dame Mina. La manière qu’elle arpente son couloir en pressant le pas, toute sa vieille laiterie en tressautements par-dessus son estom’ dilaté.

On passe sur le palier. Il est éclairé par une grosse lanterne de laiton, à vitre bombée. Celle-ci se trouve en saillie (pour éclairer un bordel, ça s’imposait) et sépare la porte palière du claque d’une autre moins large, dépourvue de plaque nominative. Mémère a pris la clé et fourrage dans la serrure. L’huis s’écarte. Une minuscule entrée, séparée du studio par une lourde tenture, se présente, décorée de gravures qu’on appelait « licencieuses » jadis. Superbes ! Le thème de la série est la zoophilie. Tu vois une dame qui se fait mettre par un saint-bernard à l’air con (mais c’est de jouir qui lui fait ça), une autre par un âne moins bien constitué que Béru, une troisième par un bouc à l’œil démoniaque et une quatrième qui se fait lécher le triangle des Bermudes par un goret de belle prestance.

Très sympa. La série a dû être éditée par l’Association pour la Qualité de Vie des Animaux, je suppose ?

La mère maquerelle écarte le tissu. Une pièce se propose, laquelle comme on dit puis dans certains ouvrages de renommée mondiale, est plongée dans la pénombre.

— Ne bougez pas : je vais ouvrir les rideaux, annonce Mme Pain-de-fesses qui connaît les êtres.

Elle va à la fenêtre et, après tâtonnements, se met à haler un cordon kif elle hisserait le grand foc.

Une pénombre grise envahit lentement le studio.

— Ça sent le renfermé, s’excuse-t-elle.

— Et aussi le foutre, ajouté-je, en homme pour qui le sens olfactif ne sera jamais un parent pauvre.

La lumière d’aquarium qui croît dans un glissement de galets peu actionnés me découvre un divan bas, large comme un ring de boxe (ou de boxon). D’autres gravures, extrêmement pornos (et développant une documentation pédophile très poussée, qui confine à l’ingéniosité) « décorent » les murs, sauf celui du fond puisqu’il est consacré à un vaste miroir (que je sais sans tain). Peu d’écrans sont aussi riches, je gage, en images libertines. Un canapé fait face à la glace. J’ai l’intense, immense et redoutable surprise d’y voir quatre personnages dans des postures abandonnées. Ils ont été jetés pêle-mêle sur ce divan constellé de taches de foutre anciennes qui peuvent fort bien passer pour un chagrin de cierges.

Un bruit sourd distrait mon attention : celui que vient de produire la dame Mina en s’évanouissant une nouvelle fois de saisissement. Etant donné qu’elle gît sur une moquette de haute laine, je m’en désintéresse afin de me consacrer à cette réunion un temps pestive[9].

Se trouvent réunis dans la mort, comme on dit en style dramatique : une femme et trois hommes. La femme est mince, blonde et fortement marquée par son décès inopiné dû à une substance foudroyante. Ses lèvres blanches et retroussées en disent long sur la violence de son trépas. Dans un même état se trouve l’un des trois hommes, lequel ressemble beaucoup plus au prince Kanular que le duc de Bordeaux ressemble à mon cul, comme j’aime à dire parfois, étant d’un naturel facétieux. La ressemblance est stupéfiante, et je dirais même plus : ahurissante !

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Béru dixit.

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Сюжет
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Главный герой
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