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Электронная книга - «Chroniques». Краткое содержание книги:

C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, murs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son uvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».
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Il est impossible de reproduire ici ses nombreuses et minutieuses observations. Elles sont d’un intérêt très spécial et très vif, surtout dans leurs rapports avec la loi établie dans ces derniers temps par M. Faye et la décroissance de la température en raison des hauteurs. A la surface de la terre, le thermomètre était à 30°75, et à la hauteur de 6977 mètres il était descendu à 9°5.

Gay-Lussac prit de l’air dans des ballons de, verre à 6561 et à 6636 mètres.

L’analyse de cet air lui a permis de conclure généralement que la constitution de l’atmosphère est la même depuis la surface de la terre jusqu’aux plus grandes hauteurs auxquelles .on puisse parvenir. Les expériences de Cavendish, MacCarthy, Berthollet et Davy ont d’ailleurs confirmé l’identité de composition de l’atmosphère sur toute la surface de la terre. Gay-Lussac ne ressentit à cette hauteur aucun malaise grave, bien qu’il éprouvât les accidents ordinaires dus à la raréfaction de l’air.

Malgré le désir exprimé vivement par lui que ces expériences si intéressantes fussent continuées sous le patronage de l’Institut, ce n’est que cinquante ans plus tard que MM. Barral et Bixio firent quelques ascensions scientifiques. Pendant les années qui suivirent, les accidents furent si nombreux qu’on doit peut-être attribuer à cette cause le peu d’empressement des vrais savants à aller chercher des renseignements dans l’espace.

Nous arrivons à la célèbre ascension de M. Glaisher, chef du bureau météorologique de Greenwich.

Aguerri par trente voyages aériens qui lui avaient appris à affronter les effets de la raréfaction de l’air et de l’abaissement de la température, il dépassa trois fois de suite l’altitude de 7000 mètres, et dans son ascension du 5 septembre 1862 il atteignit, avec l’aéronaute Coxwell, la hauteur fabuleuse de 10 000 mètres.

« Tout à coup, dit M. Glaisher, je me sentis incapable de faire aucun mouvement. Je voyais vaguement M. Coxwell dans le cercle, et j’essayais de lui parler mais sans parvenir à remuer ma langue impuissante. En un instant, des ténèbres épaisses m’envahirent, le nerf optique avait subitement perdu sa puissance. J’avais encore toute ma connaissance et mon cerveau était aussi actif qu’en écrivant ces lignes. Je pensais que j’étais asphyxié, que je ne ferais plus d’expériences et que la mort allait me saisir […]

D’autres pensées se précipitaient dans mon esprit, quand je perdis subitement toute connaissance, comme lorsqu’on s’endort […]

Ma dernière observation eut lieu à 1 heure 54, à 9 000 mètres d’altitude. Je suppose qu’une ou deux minutes s’écoulèrent avant que mes yeux cessassent de voir les petites divisions des thermomètres, et qu’un même temps se passa avant mon évanouissement. Tout porte à croire que je m’endormis à 1 heure 57 d’un sommeil qui pouvait être éternel. »

M. Coxwell, heureusement, avait conservé ses facultés, et bien qu’ayant les bras paralysés et les mains noires il put tirer avec ses dents la corde de la soupape.

A 8 000 mètres, le thermomètre était descendu à 21° au-dessous de zéro.

Les expériences de M. Glaisher, les plus concluantes et les plus complètes faites jusque-là, eurent un grand retentissement dans le monde savant tout entier.

Elles furent reprises en 1867 par des savants français. M. Camille Flammarion, aidé de M. Eugène Godard, poursuivirent ensemble la solution de plusieurs problèmes sur l’état physique et hygrométrique des nappes de nuages, la formation des nuées, leur hauteur, la direction et la rapidité des vents et des courants superposés, mais aucune ascension à grande hauteur n’eut lieu jusqu’à celle du Zénith, qui amena la mort de Sivel et Crocé-Spinelli.

Paul Bert, pour combattre l’asphyxie due aux grandes hauteurs et appelée mal des montagnes, avait fait de très intéressants travaux. Ayant constaté que les changements dans la pression atmosphérique n’agissent nullement, comme on le croyait jusque-là, par une influence mécanique ou physique, mais parce qu’elles font varier la tension de l’oxygène et ses combinaisons avec le sang, il en conclut qu’il suffirait d’absorber de l’oxygène pour lutter contre la torpeur des hautes régions.

A la suite de nombreuses analyses sur le sang des animaux soumis à diverses dépressions et d’épreuves personnelles subies dans un cylindre de l’appareil inventé par lui, et dans lequel une pompe à vapeur faisait le vide, il arriva à vérifier la constante exactitude de sa théorie.

Pendant ce temps, MM. Gaston et Albert Tissandier faisaient de nombreux voyages aériens et de remarquables observations relatives aux ombres aérostatiques, tandis que Sivel, ancien officier de marine, et Crocé-Spinelli, ancien élève de l’École centrale, entreprenaient une série d’ascensions destinées à expérimenter les découvertes de Paul Bert.

Ce sont MM. Gaston Tissandier, Sivel et Crocé-Spinelli qui montaient le Zénith qui entreprit, après un long et heureux voyage de durée, l’ascension en hauteur où deux des aéronautes trouvèrent la mort.

L’horrible catastrophe est encore trop près de nous pour qu’il soit utile d’en rappeler les détails.

Parti le 15 avril 1875, à 11 h 35 du matin, de l’usine à gaz de la Villette, l’aérostat reprenait terre à 4 heures, avec deux cadavres dans sa nacelle.

Il faut lire le beau récit que M. Gaston Tissandier, le seul survivant, a fait de ce terrible drame.

C’est à 7000 mètres que l’engourdissement semble les avoir saisis. A cette hauteur, M. Tissandier écrivait encore d’une main que le froid faisait trembler :

« J’ai les mains gelées. Je vais bien. Brume à l’horizon avec petits cirrus arrondis. Nous montons. Crocé souffle. Nous respirons oxygène. Sivel ferme les yeux. Crocé ferme aussi les yeux. Je vide aspirateur. Temp. 10° 1 h 2. H. 320. Sivel est assoupi. – 1 h 25. Temp. 11°. H. 300. Sivel jette lest... » (Ces derniers mots sont à peine lisibles.)

Mais Sivel se ranime pour jeter du lest, le ballon bondit à 8 000 mètres, et les trois voyageurs perdent connaissance.

M. Tissandier s’étant réveillé à 2 h 8 m., vit bientôt Crocé-Spinelli se redresser à son tour, et, dans une sorte d’accès de folie, jeter par-dessus bord l’aspirateur, le lest, les couvertures, tout ce qui lui tombe sous la main. Ayant de nouveau perdu connaissance, M. Tissandier ne revint à lui qu’à 3 h 30 environ, l’aérostat se trouvant encore à une altitude de 6000 mètres. Ses compagnons avaient la figure noire, les yeux ternes, la bouche béante et remplie de sang.

A quatre heures, le Zénith, s’éventrant contre un arbre, déposait à terre les deux morts et le survivant.

Dans quelques jours, le Horla, monté par MM. Paul Jovis et Mallet, reprendra la route abandonnée depuis cette catastrophe, et s’élèvera, si aucun accident ne vient entraver la volonté des aéronautes à la hauteur de 8000 mètres.

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