Le fil à couper le beurre
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #18
- Год: 1962
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Le fil à couper le beurre». Краткое содержание книги:
Seulement moi, je ne peux plus faire trois pas sans rencontrer des connaissances : la rançon de la gloire, quoi !
Bien sûr, mon métier m'a amené dans tous les milieux, et je compte des amis dans les sphères les plus hautes.
Pourtant, ce jour-là, je n'ai pas eu affaire au gratin. Et cette furieuse bagarre parmi les joyeux fêtards m'a valu de retrouver ce vieux Carmona !
Et de me plonger dans une des aventures les plus ahurissantes…
Je le palpe précautionneusement, mais c’est mou. D’autre part il est étrangement léger. Ces constatations, je ne les avais pas faites dans le bureau de Bargette parce que la joie enivrante du triomphe était plus forte que tout.
Mais maintenant elles s’imposent à mon esprit de déduction. Et brusquement, je me sens le rectum consterné.
Une balle, c’est dur, c’est lourd…
Prompto j’arrache le papier marron. Je trouve à l’intérieur un morceau de bristol plié en quatre. Sur ce bristol, deux lignes sont écrites à la main et en polonais, comme dirait Ponson du Terrail. En bas, une signature tout juste déchiffrable : Cazek.
C’est maigrichon ! Moi qui espérais toucher au but, je l’ai in the baba ! Enfin, la traduction de ces deux lignes nous apprendra peut-être quelque chose…
Tout en renaudant, je bombe jusqu’au siège de la flicaille. Tous les potes sont làga : Pinuche, Bérurier, Jasmin…
Le gros Béru est en train de raconter aux aminches les péripéties de la nuit passée. Il en rajoute, comme toujours… Lui, faut toujours qu’il fasse la bonne mesure. Les mecs, dans ses histoires, mesurent invariablement vingt centimètres de plus que dans la réalité. C’est sa façon d’être poète.
— L’écoutez pas, fais-je en radinant dans le coincetot, c’est Marius et Olive à lui tout seul !
Les autres se marrent tandis que le Gros proteste.
— Coviak n’est pas là ? je m’informe.
— Il est au laboratoire.
— Dites-lui que je veux le voir immédiatement, qu’il se remue le dargeot, je n’en ai que pour une minute avec sa pomme !
Pinaud me demande si ses renseignements du matin m’ont été utiles. Il voudrait sauver la France tous les jours en prenant son petit déjeuner… C’est une maladie chez ce gars-là !
— Comme un cataplasme sur une jambe de bois, lui affirmé-je, histoire de le mettre en pétard.
Le visage roux et triangulaire de l’inspecteur Coviak apparaît.
— Vous m’avez demandé, commissaire ?
— Oui… Si tu parles le polak, tu dois aussi savoir le lire ?
— Effectivement.
Je lui tends le bristol plié en quatre.
— Alors, traduis-moi ce papezingue !
Il saisit le message et lit :
En cas de décès, que la faculté de Varsovie prenne ma dépouille en charge.