Humanité et demie
- Автор: Bass T. J.
- Серия: Humanité et demie #1
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: Livre de Poche
- ISBN: 2-253-02208-X
- Переводчик: Françoise Maillet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Humanité et demie». Краткое содержание книги:
D'un côté, les Néchiffes à quatre orteils qui habitent d'immenses cités fourmilières où ils mènent sous terre une existence programmée d'hommes-insectes. Ils sont plus de trois trillions. Les Agrimaches cultivent pour eux les champs et ont éliminé toute forme de vie inutile.
De l'autre, les Broncos, libres, affamés, traqués comme des parasites par les chasseurs Néchiffes. Ils ne sont plus qu'une poignée, errant à la surface, pillant les récoltes. Ce sont les humains sauvages à cinq orteils.
Déjà, l'humanité s'estompe…
Walter dicta quelques notes au Scrutateur pour les inclure dans le programme de formation des chasseurs.
« À présent que nous avons connaissance de ce réflexe, nous devrions faire de meilleures Chasses. Ça devrait être facile de trouver un Bronco qui fasse le mort quand on a les coordonnées du dernier endroit où il a été vu. Et plus facile encore de le tuer. »
Val opina.
Le Biotech ramassa ses papiers et son mannequin. Avant de partir, il émit une suggestion : « Si jamais vous rencontriez un Bronco vivant, vous pourriez simplement ligaturer la carotide principale et l’amener au labo pour qu’on l’étudié. »
Walter interrompit sa dictée : « Comment s’y prend-on ?
— Vérifiez les cals sur la paume de ses mains. Si sa main droite présente une kératose plus importante, vous pouvez en déduire qu’il s’agit d’un droitier. Son hémisphère cérébral gauche sera donc prédominant. Faites une incision dans le cou, du côté gauche, et ligaturez la carotide interne de ce côté… cela devrait résulter dans une embolie cérébrale partielle. Il restera vivant, mais ne sera guère plus qu’un légume… sujet idéal pour les gars du Bio. Il y a un tas de paramètres concernant les cinq-orteils que nous devrions mieux connaître avant qu’ils ne s’éteignent complètement.
— C’est juste. Excellente idée », fit Val.
Walter n’alla pas plus avant dans sa dictée.
Kaïa ouvrit les yeux dans un nid étranger. La pouliche baignait ses plaies et changeait ses pansements fréquemment. Les douleurs dans sa poitrine, à l’endroit traversé par la flèche, le replongeaient par moments en hibernation. Elle lui fit ingurgiter des coquillages bouillis et de la soupe d’orge reconstituante. Elle était dans sa phase folliculaire et avait besoin d’un partenaire.
La nuit, elle vint le chevaucher, voracement. Mais elle ne parvint pas à provoquer son érection, car sa blessure au thorax empêchait la polarisation de ses parasympathiques en irritant son nerf vague droit. À la nouvelle lune, elle entra en phase lutéale et disparut dans le canal.
Pendant deux semaines, il se nourrit de déchets qu’il ramassait péniblement dans l’herbe de la berge. Estropié comme il l’était, il ne pouvait prendre le risque de s’exposer aux détecteurs de Broncos qui surveillaient les jardins : si les chasseurs le retrouvaient, jamais il ne pourrait leur échapper.
À la pleine lune, elle revint, les ovaires gonflés, l’ovule précédent avait attendu vainement, et était mort. Un nouveau allait bientôt prendre place dans la trompe. Elle désirait son sperme. Il bénéficia d’une nourriture chaude et de nuits brûlantes. Quand elle fut fécondée, le corps jaune lutéinique gouverna à nouveau son humeur. Elle quitta le nid un matin, lui jeta deux coquillages pris au fond du canal, et s’éloigna à la nage, sans rien dire.
Il regagna clopin-clopant le mont de Filly.
Il faut toujours rester un peu sur sa faim :
Garder une place pour son prochain.