Satan était un ange
- Автор: Giébel Karine
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: Éditions Pocket
- ISBN: 978-2266258654
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Satan était un ange». Краткое содержание книги:
Hier encore, François était quelqu'un. Un homme qu'on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd'hui, il n'est plus qu'un fugitif tentant d'échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu'il aille. Quoi qu'il fasse.
Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. L'échéance approche…
Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer, et qui pourtant fuient ensemble leur destin différent. Rouler droit devant. Faire ce qu'ils n'ont jamais fait.
Puisque l'horizon est bouché, autant tenter une dernière percée. Flamboyante.
— Ah… Ben, je me suis dit que c’était l’occase… Mais y avait pas grand-chose. À peine trois cents francs ! Vu que je pensais que tu ne reviendrais pas, je me suis dit que ça pourrait me servir.
— Tu me dis la vérité ?
— Quoi, tu penses que j’ai agressé ce type pour me faire du blé ?
— Non.
— Mais si, c’est ça que tu crois ! C’est lui qu’a essayé de me baiser ! Il voulait que je lui laisse mes sacs et mon blouson… Mais je voulais pas le tuer.
La mort de ce type semble à peine le contrarier. Un incident, rien de plus.
— Je voulais pas le tuer, ce sale con ! Je te jure.
Un long silence. Un peu planant. Davin s’est rallongé, il ne tient même plus assis. Il essaie d’imaginer les derniers instants de Florence, la manière dont elle a mis fin à ses jours. Dans le salon, qu’elle aimait tant ? Dans leur chambre ?
— Je comprends pas pour Flo… On n’a jamais eu de somnifères à la maison. J’en prenais pas, elle non plus.
— Elle les a sans doute achetés exprès.
Le tromper ainsi est une souffrance. Mais Paul ne peut faire autrement. Il ajoute aussitôt :
— Comment ça se fait qu’ils parlent d’elle dans le journal ? On parle pas des suicides, d’habitude.
— C’est parce qu’elle est un peu connue. Était un peu connue.
— Pour son boulot ?
— Oui.
— T’as plus mal à la tête ?
— Non, j’ai plus mal… Mais je me sens bizarre !
En lévitation. Plus de tumeur au cerveau. Plus de je vais mourir. Plus de cadavres semés sur sa route. Et pourtant, l’impression de se tenir les deux pieds au bord d’un précipice sans fond.
— Faut penser à des trucs sympas… À un truc agréable.
Davin se concentre pour trouver un bon souvenir, une douceur surgie du passé.
— Alors, à quoi tu penses ? vérifie Paul.
— À Claire, avoue François avec une sorte de contrition.
— C’était si bien que ça avec elle ?
— Ouais…
— Alors pense à Claire.
— Et toi ? Tu penses à quoi ? demande François. Ou à qui ?
— À ma mère.
— Où est-elle ?
— Au paradis, j’espère…