Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » Mademoiselle Fifi – Édition illustrée
Mademoiselle Fifi – Édition illustrée - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Mademoiselle Fifi – Édition illustrée

Электронная книга - «Mademoiselle Fifi – Édition illustrée». Краткое содержание книги:

La nouvelle qui donne son titre au recueil, est une des plus connues de Maupassant. Le château d'Uville est occupé par cinq officiers prussiens. Parmi eux, «un tout petit blondin fier et brutal», surnommé Mademoiselle Fifi à cause de son allure féminine. Le saccage du luxueux château ne parvenant pas à tromper l'ennui, on décide d'organiser une petite fête avec des dames de Rouen. Elles arrivent, ces cinq «filles à plaisir», dont Rachel, «une brune toute jeune, à l'œil noir comme une tache d'encre». Elle échoit en partage à Mademoiselle Fifi, qui la brutalise, «saisi d'une férocité rageuse, travaillé par son besoin de ravage». Au moment des toasts, les Allemands insultent les Français vaincus, et surtout les Françaises, qu'ils déclarent toutes leur propriété. Rachel se révolte alors…
1 ... 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ... 34
Перейти на страницу:

Mille suppositions nous passaient dans l’esprit. Comme les petits-enfants du mort ne remuaient toujours pas, et demeuraient face à face, les yeux baissés, avec cette tête de bois des gens mécontents, qui semble dire: «Allez-vous-en», mon cousin parla avec autorité: «Allons, Anthime, levez-vous, et conduisez-nous dans sa chambre.» Mais l’homme, ayant pris son parti, répondit d’un air renfrogné: «C’est pas la peine, il n’y est pu, monsieur.

Mais alors, où donc est-il?»

La femme coupa la parole à son mari:

«J’vas vous dire: j’lavons mis jusqu’a d’main dans la huche, parce que j’avions point d’place.»

Et, retirant l’assiette au boudin, elle leva le couvercle de leur table, se pencha avec la chandelle pour éclairer l’intérieur du grand coffre béant au fond duquel nous aperçûmes quelque chose de gris, une sorte de long paquet d’où sortait, par un bout, une tête maigre avec des cheveux blancs ébouriffés, et, par l’autre bout, deux pieds nus.

C’était le vieux, tout sec, les yeux clos, roulé dans son manteau de berger, et dormant là son dernier sommeil, au milieu d’antiques et noires croûtes de pain, aussi séculaires que lui.

Ses enfants avaient réveillonné dessus!

Jules, indigné, tremblant de colère, cria: «Pourquoi ne l’avez-vous pas laissé dans son lit, manants que vous êtes?»

Alors la femme se mit à larmoyer, et très vite: «J’vas vous dire, mon bon monsieur, j’avons qu’un lit dans la maison. J’couchions avec lui auparavant puisque j’étions qu’trois. D’puis qu’il est si malade, j’couchons par terre; c’est dur, mon brave monsieur, dans ces temps-ci. Eh ben, quand il a été trépassé, tantôt, j’nous sommes dit comme ça: Puisqu’il n’souffre pu, c’t’homme, à quoi qu’ça sert de l’laisser dans l’lit? J’pouvons ben l’mettre jusqu’à d’main dans la huche, et j’pouvions pourtant pas coucher avec ce mort, mes bons messieurs!…»

Mon cousin, exaspéré, sortit brusquement en claquant la porte, tandis que je le suivais, riant aux larmes.

5 janvier 1882

MOTS D’AMOUR

Dimanche.

Mon gros coq chéri,

Tu ne m’écris pas, je ne te vois plus, tu ne viens jamais. Tu as donc cessé de m’aimer? Pourquoi? Qu’ai-je fait? Dis-le-moi, je t’en supplie, mon cher amour! Moi, je t’aime tant, tant, tant! Je voudrais t’avoir toujours près de moi, et t’embrasser tout le jour, en te donnant, ô mon cœur, mon chat aimé, tous les noms tendres qui me viendraient à la pensée. Je t’adore, je t’adore, je t’adore, ô mon beau coq.

Ta poulette

Sophie.

Lundi.

Ma chère amie,

Tu ne comprendras absolument rien à ce que je vais te dire. N’importe. Si ma lettre tombe, par hasard, sous les yeux d’une autre femme, elle lui sera peut-être profitable.

Si tu avais été sourde et muette, je t’aurais sans doute aimée longtemps, longtemps. Le malheur vient de ce que tu parles, voilà tout. Un poète a dit:

Tu n’as jamais été dans tes jours les plus rares,

Qu’un banal instrument sous mon archet vainqueur,

Et comme un air qui sonne au bois creux des guitares,

J’ai fait chanter mon rêve au vide de ton cœur.

En amour, vois-tu, on fait toujours chanter les rêves; mais pour que les rêves chantent, il ne faut pas qu’on les interrompe. Or, quand on parle entre deux baisers, on interrompt toujours le rêve délirant que font les âmes, à moins de dire des mots sublimes, et les mots sublimes n’éclosent pas dans les petites caboches des jolies filles.

Tu ne comprends rien, n’est-ce pas? Tant mieux. Je continue. Tu es assurément une des plus charmantes, une des plus adorables femmes que j’aie jamais vues.

Est-il sur la terre des yeux qui contiennent plus de songe que les tiens, plus de promesses inconnues, plus d’infini d’amour? Je ne le crois pas. Et quand ta bouche sourit avec ses deux lèvres rondes qui montrent tes dents luisantes, on dirait qu’il va sortir de cette bouche ravissante une ineffable musique, quelque chose d’invraisemblablement suave, de doux à faire sangloter.

Alors tu m’appelles tranquillement: «Mon gros lapin adoré.» Et il me semble tout à coup que j’entre dans ta tête, que je vois fonctionner ton âme, ta petite âme de petite femme jolie, jolie, mais… et cela me gêne, vois-tu, me gêne beaucoup. J’aimerais mieux ne pas voir.

Tu continues à ne point comprendre, n’est-ce pas? J’y comptais.

Te rappelles-tu la première fois que tu es venue chez moi? Tu es entrée brusquement avec une odeur de violette envolée de tes jupes; nous nous sommes regardés longtemps sans dire un mot, puis embrassés comme des fous… puis… puis jusqu’au lendemain nous n’avons point parlé.

Mais, quand nous nous sommes quittés, nos mains tremblaient et nos yeux se disaient des choses, des choses… qu’on ne peut exprimer dans aucune langue. Du moins, je l’ai cru. Et tout bas, en me quittant, tu as murmuré: «À bientôt!» – Voilà tout ce que tu as dit; et tu ne t’imagineras jamais quel enveloppement de rêve tu me laissais, tout ce que j’entrevoyais, tout ce que je croyais deviner en ta pensée.

Vois-tu, ma pauvre enfant, pour les hommes pas bêtes, un peu raffinés, un peu supérieurs, l’amour est un instrument si compliqué qu’un rien le détraque. Vous autres femmes, vous ne percevez jamais le ridicule de certaines choses quand vous aimez, et le grotesque des expressions vous échappe.

Pourquoi une parole juste dans la bouche d’une petite femme brune est-elle souverainement fausse et comique dans celle d’une grosse femme blonde? Pourquoi le geste câlin de l’une sera-t-il déplacé chez l’autre? Pourquoi certaines caresses charmantes de la part de celle-ci seront-elles gênantes de la part de celle-là? Pourquoi? Parce qu’il faut en tout, mais principalement en amour, une parfaite harmonie, une accordance absolue du geste, de la voix, de la parole, de la manifestation tendre, avec la personne qui agit, parle, manifeste, avec son âge, la grosseur de sa taille, la couleur de ses cheveux et la physionomie de sa beauté.

Une femme de trente-cinq ans, à l’âge des grandes passions violentes, qui conserverait seulement un rien de la mièvrerie caressante de ses amours de vingt ans, qui ne comprendrait pas qu’elle doit s’exprimer autrement, embrasser autrement, qu’elle doit être une Didon et non plus une Juliette, écœurerait infailliblement neuf amants sur dix, même s’ils ne se rendaient nullement compte des raisons de leur éloignement.

1 ... 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ... 34
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)