Tyrann [The Stars, Like Dust - fr]
- Автор: Азимов Айзек
- Серия: Cycle de l'Empire #1
- Год: 1973
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- Переводчик: Frank Straschniz
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Tyrann [The Stars, Like Dust - fr]». Краткое содержание книги:
Dans l’Empire galactique déclinant, les despotes de la planète Tyrann contrôlent de nombreux mondes, dont la Terre. Biron Farrill, le fils d’un de leurs principaux opposants qu’ils ont assassiné, échappe de peu à un attentat et réussit à quitter la Terre. Il y est aidé par son vieux maître, Sander Jonti et, en compagnie de la jolie Artémisia, gagne alors Lingane, une planète où s’organise la résistance contre Tyrann. Là, il découvre que le chef des opposants et l’auteur de l’attentat qui faillit lui coûter la vie sont un seul et même homme : Sander Jonti.
Comment parviendra-t-il à distinguer ses amis véritables de ses ennemis ? Lui reste-t-il une chance de sauver sa vie et d’anéantir les maîtres de Tyrann pour venger son père ?
L’atterrissage, sur une plage déserte, n’avait pas été trop brutal. Biron, qui ne risquait pas d’être reconnu, alla faire les achats nécessaires. Le peu d’argent liquide que Gillbret avait eu la présence d’esprit d’emporter suffit à peine à leurs besoins élémentaires, d’autant plus qu’il avait fallu acheter un deux-roues pourvus d’une petite remorque pour les transporter.
— Vous auriez pu acheter bien plus de choses, lui fit observer Artémisia, si vous n’aviez pas tant dépensé pour cette affreuse bouillie Tyrannienne.
— C’était la meilleure solution, répondit-il vivement. Affreuse bouillie ou pas, c’est un aliment parfaitement équilibré ; je n’aurais rien pu trouver de mieux.
Il était visiblement contrarié. Ç’avait été une corvée non seulement pénible, mais dangereuse, car il avait dû acheter l’aliment complet dans un magasin de l’intendance tyrannienne. Il s’était attendu à un minimum de reconnaissance de la part des autres.
Il n’y avait d’ailleurs aucune alternative. Les Tyranniens avaient adapté leurs fournitures à la petite taille de leurs vaisseaux. Ne pouvant s’offrir le luxe, comme dans les paquebots spatiaux, d’emporter des carcasses entières d’animaux, suspendues dans d’immenses chambres froides, ils avaient mis au point un concentré alimentaire standard contenant tout ce qui était nécessaire à la vie, des calories aux éléments. Il prenait vingt fois moins de place que l’équivalent en aliments naturels d’origine animale, et pouvait s’empiler comme des briques.
— En tout cas, explosa Artémisia, je déteste ça !
— Eh bien, vous vous y habituerez ! rétorqua Biron en mimant sa grimace de dégoût.
Vexée, elle se détourna en rougissant. Biron savait parfaitement que ce qui l’ennuyait, ce n’était pas tellement la nourriture, que le manque d’espace en général, et tout ce que cela entraînait. En dehors de la cabine de pilotage et de la soute aux vivres, il n’y avait qu’une unique cabine avec six couchettes, superposées trois par trois. Quant aux toilettes, elles se trouvaient dans une sorte d’alcôve juste en face de la cabine. Après tout, c’était un petit vaisseau de guerre, pas un yacht.
Il fallait donc vivre entassés les uns sur les autres, dans une absence totale de confort. Il n’y avait rien pour se laver, et pas un seul miroir, ce qu’Artémisia devait ressentir durement.
Oh, puis après tout, elle n’avait qu’à s’y faire ! Si elle prenait cela du bon côté, au moins, et daignait sourire de temps en temps ! Elle avait un adorable sourire, et il devait admettre qu’elle n’était pas mal du tout. Mais quel caractère !
A quoi bon perdre du temps à penser à elle, d’ailleurs ?
Le pire, c’était l’eau. Sur Tyrann, l’eau était rare, et les hommes connaissaient sa valeur. A bord, il y en avait à peine assez pour boire, du moins si le voyage était long. Un peu de sueur et de crasse ne faisait pas de mal aux soldats ; ils pouvaient attendre d’être sur une planète pour se laver. L’eau prend de la place, et il n’y a aucun moyen de la concentrer ou de la déshydrater, n’est-ce pas ?
Il y avait évidemment un système de distillation pour recycler les fluides organiques, mais une fois qu’il eut compris en quoi cela consistait, Biron préféra larguer les déchets sans tenter de récupérer leur contenu en eau. En théorie, c’était un procédé parfaitement judicieux, mais l’on ne s’habitue pas du jour au lendemain à ce genre de choses.
Comparé au premier, le second décollage fut un modèle de douceur. Par la suite, Biron passa un bon moment à expérimenter les commandes ; le tableau de bord était extrêmement compact et ne ressemblait que de très loin à celui des vaisseaux qu’il avait pilotés sur Terre. Chaque fois qu’il avait découvert la nature d’un bouton ou d’un cadran, il marquait des instructions sur un minuscule bout de papier qu’il collait sur le tableau de bord.
Gillbret entra dans la cabine de pilotage.
— Artémisia est dans la cabine, je suppose ? demanda Biron.
— Où voudriez-vous qu’elle soit, à moins de quitter le vaisseau ?
— Quand vous la verrez, dites-lui que je vais m’installer une couchette ici. Je vous conseillerais de faire de même ; ainsi, elle pourra disposer de la cabine. (Il ajouta entre ses dents :) Quelle enfant insupportable, quand elle s’y met !
— Vous aussi, vous avez vos mauvais moments… N’oubliez pas à quel genre de vie elle a été accoutumée.
— Et alors ? Moi aussi, j’ai l’habitude d’une vie de luxe. Je ne suis pas né dans un camp de mineurs, sur quelque astéroïde, mais dans le plus grand ranch de Néphélos. Nous sommes pris dans cette situation, et il faut nous en accommoder au mieux. Enfin, voyons ! je ne peux pas repousser les murs du vaisseau ! Il y a de la place pour telle quantité de nourriture et d’eau, et pas pour un seul gramme de plus. Il n’y a même pas de douche, je sais, mais que voulez-vous que j’y fasse ? Elle s’en prend à moi comme si tout était de ma faute, comme si c’était moi qui avais fabriqué ce f… vaisseau !
Il s’était laissé emporter, mais crier lui faisait du bien.
La porte se rouvrit, et Artémisia apparut. Elle dit, sur un ton glacial :
— A votre place, Biron Farrill, je m’abstiendrais de crier. On vous entend dans tout le vaisseau.
— Ça m’est parfaitement égal, dit Biron. Et si vous ne vous plaisez pas ici, n’oubliez pas que, si votre père n’avait pas essayé de me faire tuer et de vous marier à qui vous savez, nous ne nous trouverions pas dans cette situation.
— Je vous interdis de parler de mon père.
— Je parlerais de qui je veux.
Gillbret se boucha les oreilles.
— Je vous en prie !
Cela coupa momentanément court à leur discussion.
— Si nous parlions plutôt de notre destination ? Il me paraît évident que, plus vite nous serons sortis de ce vaisseau, mieux nous nous porterons.
— Là, je suis d’accord avec vous, Gil. Pour moi, nous pouvons aller n’importe où, à condition que je n’aie plus à écouter les récriminations de cette dame.
L’ignorant totalement, Artémisia s’adressa à son oncle :
— Pourquoi ne pas quitter entièrement la région de la Nébuleuse ?
Biron intervint immédiatement :
— Cela vous arrangerait peut-être, mais en ce qui me concerne, je tiens à récupérer mon Ranch et à régler un ou deux détails concernant la mort de mon père. Je resterai donc dans des Royaumes.
— Je ne parlais pas d’un départ définitif, dit Artémisia, mais en attendant que les choses se soient un peu calmées. Je me demande d’ailleurs ce que vous comptez faire à propos de votre Ranch. Vous ne pourrez pas le récupérer tant que l’empire Tyrannien ne sera pas brisé, et je ne vous en pense pas capable.
— Ne vous inquiétez pas de mes projets. Cela ne regarde que moi.
— Puis-je faire une suggestion ? demanda Gillbret avec douceur.
Estimant que leur silence équivalait à un consentement, il poursuivit :
— Et si je vous disais où nous devrions aller, et ce que nous devrions faire, pour contribuer à briser l’Empire, précisément ?
— Ah vraiment ? Et comment vous proposez-vous d’y parvenir ? demanda Biron.
Gillbret sourit.
— Mon cher garçon, votre attitude m’amuse beaucoup. N’avez-vous donc pas confiance en moi ? A vous entendre, je ne suis capable de faire que des bêtises. C’est quand même grâce à moi que nous sommes sortis du Palais.