Un éléphant, ça trompe
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #70
- Год: 1968
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Un éléphant, ça trompe». Краткое содержание книги:
Car une bande d'olibrius britanniques s'occupait déjà sérieusement de vos hormones, mes chéries ! Heureusement que le Gros est à la hauteur des situations les plus périlleuses comme les plus scabreuses !
Seulement, le problème, avec lui, c'est qu'il croit parler anglais.
Enfin, grâce à des gestes éloquents, il s'en tire tout de même.
Surtout avec les Anglaises !
— C’est pourquoi on va probablement aller jusqu’à Douvres lui tac-au-tac-je.
— Je vois ! dit-il en s’offrant encore deux pas.
Mais il n’est de cervelle pâteuse qui ne finisse par trouver les chemins de la logique.
— Hé ! Vous êtes prisonniers, vous n’avez pas le droit de sortir !
— Le chef nous a donné la permission !
Pour le coup il se rapproche.
— Faites-voir un peu cette permission que je la voie !
— Montrez la permission à ce vaillant jeune homme, grand-père ! ordonné-je à Sam Gratt en ponctuant d’une œillade qui lui en apprend long comme la voie du transsibérien sur mes intentions.
— La v’là, fiston, la v’là ! répond le clodo, sans s’émouvoir. Il porte la main à sa poche qu’il feint de fouiller. Le benêt attend, les bras ballants. Mine de rien je passe derrière lui et lui porte une manchette congolaise[17] à la nuque. Il pousse un petit cri de clébard bousculé par une bagnole et s’écroule.
Calmement j’ouvre la porte du couloir à Sam.
— Si vous voulez bien vous donner la peine de passer, sir !
— Après vous, mylord !
— Je n’en ferai rien, vous êtes mon aîné !
— En ce cas…
Et nous v’là bientôt dehors.
Vous en avez déjà vu des évasions commak, vous ?
Moi, jamais !
Comme on dévale les trois marches du perron, une voiture noire, triste comme un discours à la chambre des pairs (laquelle n’a rien de commun avec la chambre des paires) s’arrête et un monsieur gravement vêtu en descend, une trousse à la main.
— Docteur Blen Horragy, dit-il, vous m’avez appelé ?
— En effet, docteur, le malade gît au fond du couloir à droite.
— Ah bon, à en juger aux bredouillements de mon correspondant, je craignais une farce de mauvais goût.
Il disparaît.
Nous de même. Et ce avec d’autant plus de facilité que la bagnole annoncée par Marie-Marie stationne effectivement à dix mètres de là. Il s’agit d’une fourgonnette verte sur la carrosserie de laquelle le gravos a écrit à la craie, afin d’éviter toute confusion : « Pour San-A. »
J’y prends place.
— Vous me déposerez bien quéquepart, fiston ? espère le clochard.
— Où allez-vous ? obligenté-je.
— Ailleurs, répond-il laconiquement.
— En ce cas je peux vous y conduire.
Pendant qu’il s’installe, je ligote le papelard accroché à la clé de contact. En voici la teneur.
« Cramponne la sortie nord de la ville. À deux kilomètres anglais, t’apercevras un chemin sur la gauche où que c’est marqué Smallbirouth. Tu le prends. Au bout d’un moment t’apercevras un village. Rentre-z’y pas, mais tourne dans le sentier qui s’en va à travers champs jusque vers une p’tite maison couverte de vigne plus ou moins vierge. C’est là que j’l’espère. Planque l’auto sous l’hangar en arrivant. J’te prie d’agréger une bonne poignée demain.