Coriolan
- Автор: Шекспир Уильям
- Язык: французский
- Жанр: Прочая поэзия
Электронная книга - «Coriolan». Краткое содержание книги:
Caius Marcius ayant capturé la ville de Corioli appartenant aux Volsques, rentre à Rome et reçoit le nom de Coriolan en honneur de ses exploits. Le Sénat lui offre un poste de consul, mais il doit, selon les coutumes, se présenter devant le peuple et demander très humblement son soutien. Malgré son mépris du système et de son arrogance, à la surprise de tous, il se prête au jeu et obtient les faveurs du public. Mais deux tribuns romains Junius Brutus et Sicinius Velutus convainquent les gens que s'il est élu, Coriolan va diriger la ville comme un tyran. Le peuple, volage, se retourne contre Coriolan et lui retire son appui. Sur les conseils de son grand ami Menenius et de sa mère Volumnia à qui il ne peut rien refuser, Coriolan retourne encore une fois devant le peuple de Rome. Les tribuns réussissent à lui faire perdre son sang-froid. En colère, Coriolan se met à insulter le peuple et cette fois il est banni de la ville. Tombé en disgrâce, il retourne chez les Volsques, chez son ennemi Aufidius qui le reçoit à bras ouverts…
SECOND ESCLAVE. – Et il est homme à le faire plus qu’aucun que je connaisse.
TROISIÈME ESCLAVE. – Homme à le faire! Il le fera; car vois-tu, camarade, il lui reste autant d’amis qu’il peut avoir d’ennemis; mais ces amis n’osaient pas, en quelque façon (tu comprends), se montrer, comme on dit, ses amis dans l’infélicité [3].
PREMIER ESCLAVE. – Dans l’infélicité? Qu’est-ce que c’est que ça?
TROISIÈME ESCLAVE. – Mais lorsqu’ils le verront relever la tête et se baigner dans le sang, alors ils sortiront de leurs retraites, comme les lapins après la pluie, et se joindront à lui.
PREMIER ESCLAVE. – Mais quand se met-on en marche?
TROISIÈME ESCLAVE. – Demain, aujourd’hui, tout à l’heure: vous entendrez le tambour cette après-midi. L’expédition fait en quelque sorte partie du festin, et ils la veulent terminer avant de s’essuyer la bouche.
SECOND ESCLAVE. – Bon: nous allons donc revoir le monde en mouvement! Cette paix n’est bonne à rien qu’à rouiller le fer, enrichir les tailleurs, et nourrir des chansonniers.
PREMIER ESCLAVE. – Moi, je dis: ayons la guerre; elle surpasse autant la paix que le jour surpasse la nuit: elle est vive, vigilante, sonore, et pleine d’activité et de trouble. La paix est une vraie apoplexie, une léthargie fade, sourde, assoupie, insensible: elle fait plus de bâtards que la guerre ne détruit d’hommes.
SECOND ESCLAVE… – C’est cela, et comme la guerre peut s’appeler un métier de voleur, la paix n’est bonne qu’à faire des cocus.
PREMIER ESCLAVE. – Oui, et elle rend les hommes ennemis les uns des autres.
TROISIÈME ESCLAVE. – Bien dit, parce qu’ils ont alors moins besoin les uns des autres. Allons, la guerre, pour remplir ma bourse! J’espère dans peu voir les Romains à aussi vil prix dans le marché que l’ont été les Volsques… J’entends du bruit: ils se lèvent de table.
TOUS TROIS. – Entrons vite, vite, entrons.
(Ils sortent»)
SCÈNE VI
Rome. – Une place publique.
SICINIUS ET BRUTUS.
SICINIUS. – Nous n’entendons plus parler de lui, et nous n’avons pas à le craindre. Toutes ses ressources sont anéanties par la paix actuelle et par la tranquillité du peuple, qui auparavant était dans un horrible désordre. Ses amis rougissent à présent que le monde va à merveille sans lui. Ils aimeraient mieux, dussent-ils en souffrir eux-mêmes, voir le peuple ameuté en troupes séditieuses infester les rues de Rome, que nos artisans chanter dans leurs ateliers, et aller en paix à leurs travaux.
(Ménénius paraît.)
BRUTUS. – Nous avons bien fait de tenir bon. – N’est-ce pas là Ménénius.
SICINIUS. – C’est lui, c’est lui. Oh! oh! il s’est bien adouci depuis quelque temps! – Salut, Ménénius.
MÉNÉNIUS. – Salut, vous deux.
SICINIUS. – Votre Coriolan n’est pas fort regretté, si ce n’est par ses amis. Vous le voyez, la république subsiste encore, et continuera de subsister, en dépit de tout son ressentiment.
MÉNÉNIUS. – Tout est bien, et aurait pu être encore mieux, s’il avait pu temporiser.
SICINIUS. – Où est-il allé? en savez-vous quelque chose?
MÉNÉNIUS. – Non, je n’en ai rien appris: sa mère et sa femme n’ont eu de lui aucunes nouvelles.
(Arrivent trois ou quatre citoyens.)
LES CITOYENS. – Que les dieux vous conservent!
SICINIUS. – Salut, voisins.
BRUTUS. – Salut, vous tous, salut!
PREMIER CITOYEN. – Nous, nos femmes et nos enfants, nous devons à genoux adresser pour vous nos vœux au ciel.
SICINIUS. – Vivez et prospérez.
BRUTUS. – Adieu, nos bons voisins. Nous aurions souhaité que Coriolan vous aimât comme nous vous aimons.
LES CITOYENS. – Que les dieux veillent sur vous!
LES DEUX TRIBUNS. – Adieu, adieu.
(Les citoyens sortent.)
SICINIUS. – Ce temps est plus heureux, plus agréable pour nous, que lorsque ces gens couraient dans les rues en poussant des cris confus.
BRUTUS. – Caïus Marcius était un bon officier à la guerre; mais insolent, bouffi d’orgueil, ambitieux au delà de toute idée, n’aimant que lui.
SICINIUS. – Et aspirant à régner seul, sans partage ni conseil.
MÉNÉNIUS. – Je ne suis pas de votre avis.
SICINIUS. – Nous en aurions fait tous la triste expérience, à notre grand malheur, s’il fût arrivé au consulat.
BRUTUS. – Les dieux ont heureusement prévenu ce danger, et Rome est en paix et en sûreté sans lui.
(Entre un édile.)
L’ÉDILE. – Honorables tribuns, un esclave que nous venons de faire conduire en prison rapporte que les Volsques, en deux corps séparés, sont entrés sur le territoire de Rome; qu’ils exercent toutes les fureurs de la guerre, et détruisent tout sur leur passage.
MÉNÉNIUS. – C’est Aufidius qui, ayant appris le bannissement de notre Marcius, ose encore montrer ses cornes. Lorsque Marcius défendait Rome, il se tenait dans sa coquille, et osait à peine jeter un coup d’œil à la dérobée.
SICINIUS. – Que dites-vous de Marcius?
BRUTUS, à l’édile. – Allez, et faites fustiger ce porteur de nouvelles; il n’est pas possible que les Volsques aient l’audace de rompre la paix.
MÉNÉNIUS. – Ce n’est pas possible? Nous avons de quoi nous souvenir que cela est très-possible; et j’en ai vu, moi, dans l’espace de ma vie, trois exemples consécutifs. Mais, du moins, interrogez à fond cet esclave avant de le punir; sachez de lui d’où il tient cette nouvelle, et ne vous exposez pas à fouetter et à battre le messager qui vient vous avertir du danger qui nous menace.
SICINIUS. – Ne m’en parlez pas: moi, je suis convaincu que cela est impossible.
BRUTUS. – Non, cela ne se peut pas.
(Arrive un messager.)
LE MESSAGER. – Les nobles, d’un air très-sérieux, vont tous au sénat: il est arrivé quelque nouvelle qui leur a fait changer de visage.
SICINIUS. – Ce sera cet esclave! (À l’édile.) Allez, vous dis-je, et faites-le battre de verges devant le peuple assemblé. Une nouvelle de son invention! – C’est son rapport qui cause tout ceci.
LE MESSAGER. – Oui, digne tribun, c’est le rapport de l’esclave, mais appuyé par d’autres avis plus terribles encore que le sien.
SICINIUS. – Et quels autres avis plus terribles?
LE MESSAGER. – On dit beaucoup et tout haut (à quel point le fait est probable, je n’en sais rien) que Marcius, ligué avec Aufidius, conduit une armée contre Rome, et qu’il a fait serment d’exercer une vengeance qui enveloppera tout, depuis l’enfant au berceau jusqu’au vieillard infirme.