Le Prisonnier De Zenda
- Автор: Хоуп Энтони
- Язык: французский
- Жанр: Другие приключения
Электронная книга - «Le Prisonnier De Zenda». Краткое содержание книги:
Rudolf Rassendyll, cadet d'une bonne famille anglaise sympathique mais d'un tempérament peu sérieux, décide d'aller passer quelques jours de vacances en Ruritanie (un royaume fictif style balkanique) qui va bientôt célébrer le couronnement de Rudolf V, qui suite à un scandale ayant eu lieu plus d'un siècle auparavant, se trouve être le lointain cousin de Rassendyll.
Celui-ci faisant la connaissance du roi au cours d'une petite promenade en forêt la veille du couronnement, s'aperçoit qu'il en est le sosie quasi-parfait. Très amusé par la situation, le futur Rudolf V l'invite à passer la soirée dans son pavillon de chasse. Manque de bol, le vilain demi-frère de Rudolf, Black Michael, s'arrange pour que le vin du roi soit drogué, le rendant indisponible pour la cérémonie du lendemain. Comme on s'en doute, Rassendyll va prendre momentanément sa place pour lui sauver la mise, et c'est le début des ennuis.
Il y a plusieurs choses excellentes dans ce roman. La première et non des moindres, c'est la suspension d'incrédulité à laquelle l'auteur nous fait parvenir sans problème. Parce qu'après le petit résumé que vous venez de lire, votre réaction doit être sans doute: c'est quoi ces conneries? Personne ne va gober quelque chose d'aussi gros.
Eh bien si. La narration est enjouée, rapide et naturelle, si bien qu'on est entraîné dans le récit sans prendre la peine de se poser des questions et on suit les aventures de Rudolf Rassendyll, un branleur de première classe qui se révèle un habile souverain, sans tilter. Autre réussite du bouquin, c'est le personnage de Rupert de Hentzau, homme de main de Black Michael, qui se révèle plus marquant que son maître. Jeune, plein d'humour et totalement dénué de scrupules, Rupert est le genre de méchant qui semble prendre tellement de plaisir à l'être que ce plaisir en devient contagieux et chacune de ses apparitions vaut son pesant de cacahuètes.
Le livre trouve une conclusion convenable, même si on sent qu'il y a possibilité d'une suite… Qui existe et s'intitule Rupert De Hentzau. Comme quoi c'est vraiment lui la star.
«Vous avez sans doute raison, Sire: ces précautions ne sont pas inutiles, dit-il, en secouant avec tristesse sa tête grise.
– Maréchal, je quitte Strelsau pour quelques jours. Chaque soir, je vous enverrai un courrier. Si trois jours se passent sans que ce courrier vous arrive, vous ferez afficher un ordre du jour que je vous laisserai, destituant le duc Michel du gouvernement de Strelsau, et vous nommant à sa place. Vous déclarerez l’état de siège. Cela fait, vous enverrez un messager à Michel, chargé par vous de réclamer une audience du roi. Vous me suivez bien?
– Oui, Sire.
– Si, au bout de vingt-quatre heures, Michel ne produit pas le roi (je posai ma main sur son genou, d’un geste significatif), c’est que le roi sera mort. Alors vous proclamerez son successeur. Vous savez qui est héritier du trône de Ruritanie.
– La princesse Flavie!
– Jurez-moi, maréchal, sur votre conscience, sur votre honneur, sur Dieu même que vous combattrez pour elle jusqu’à la mort, que vous tuerez ce traître, et que vous la placerez sur ce trône que j’occupe aujourd’hui.
– Sur ma conscience, sur mon honneur, je le jure! Que le Dieu tout-puissant protège Votre Majesté! Car je devine qu’elle va accomplir une mission pleine de dangers.
– Dieu veuille, dis-je, en me levant, que je ne sois pas forcé d’exposer des vies plus précieuses que la mienne.»
Et je lui tendis la main.
«Maréchal, repris-je, il se peut que dans l’avenir, que sait-on? vous entendiez raconter d’étranges choses sur l’homme qui vous parle. Quelle est votre opinion à vous? Comment trouvez-vous qu’il se soit comporté comme roi de Ruritanie?»
Le vieillard, retenant ma main, me parla en toute franchise.
«J’ai connu plusieurs générations d’Elphberg, dit-il, et j’ai pu comparer. Quoi qu’il arrive, vous vous serez conduit en roi éclairé et sage, et en galant homme. Vive Dieu! il n’y a jamais eu dans votre maison de gentilhomme plus accompli.
– Que ceci me serve d’épitaphe, dis-je en l’interrompant, au temps où un autre sera assis sur le trône de Ruritanie.
– Dieu veuille que je ne voie pas ce jour!»
J’étais très ému, et le vieux maréchal avait, de son côté, peine à dissimuler son trouble. Je m’assis, et écrivis mon ordre du jour.
«C’est à peine si je puis écrire, dis-je, j’ai le doigt encore raide.»
De fait, c’était la première fois que je me hasardais à écrire autre chose que ma signature, et, en dépit de mes efforts pour imiter l’écriture du roi, j’y étais encore assez malhabile.
«En effet, Sire, votre écriture est très changée. C’est malheureux, parce que cela pourrait donner à quelqu’un l’idée d’arguer de faux ce document.
– Maréchal, dis-je en riant, à quoi seraient bons les canons de Strelsau, s’ils ne servaient à étouffer de pareils bruits?»
Il sourit et prit l’ordre.
«J’emmène le colonel Sapt et Fritz von Tarlenheim.
– Vous allez à la recherche du duc? fit-il d’une voix sourde.
– Oui, du duc et de quelqu’un encore dont j’ai besoin et qui est à Zenda, répondis-je.
– Je voudrais pouvoir aller avec vous, dit-il, en retroussant sa moustache grise. J’aimerais à faire le coup de feu pour vous, Sire, et pour la couronne.
– Je vous laisse en dépôt ce qui m’est plus précieux que ma vie, plus précieux que ma couronne, répliquai-je. Je vous ai choisi parce que vous êtes l’homme de Ruritanie en qui j’ai le plus de confiance.
– Je remettrai la princesse saine et sauve entre vos mains, ou je la proclamerai reine.»
Nous nous séparâmes, et je retournai au palais, où je mis Sapt et Fritz au courant de ce qui venait de se passer. Sapt allait certainement avoir quelques fautes à me reprocher et quelques grognements à émettre. Voilà ce que j’attendais de lui, car le colonel aimait qu’on le consultât avant de marcher et non pas qu’on l’informât après coup. Mais il approuva mon plan sur toute la ligne et son humeur s’améliora au fur et à mesure que le moment d’agir approchait. Fritz, lui aussi, était prêt; encore lui, le pauvre ami, risquait-il davantage que Sapt, puisqu’il jetait tout son bonheur futur dans la balance. Et pourtant comme je l’enviais! Car l’issue triomphante qui lui apporterait ce bonheur et l’unirait à sa fiancée, le succès pour lequel nous étions associés d’espérance, de combat et de gloire, signifiait à mes yeux une affliction plus certaine et plus grande que si d’avance j’avais été condamné à périr. Il dut s’apercevoir des sentiments qui m’agitaient, car, lorsque nous fûmes seuls (le vieux Sapt fumait sa pipe à l’autre bout de la salle), il passa son bras sous le mien en disant:
«Voilà qui sera dur pour vous! Ne pensez pas que je ne vous fasse pas crédit; je sais que vous n’avez au cœur que des projets nobles et sincères.»
Mais je me détournai de lui, bien heureux qu’il ne pût pas percer le fond de mon cœur, mais seulement être le témoin des actes auxquels nos mains allaient prendre part. Et il ne put me comprendre, car il n’avait pas osé lever les yeux sur la princesse Flavie, comme moi je n’avais pas craint de le faire. Tous nos plans étaient alors prévus, tels que nous nous proposions de les exécuter et tels qu’ils apparurent ensuite dans la réalité.
Le lendemain matin, nous devions nous mettre en route, sous le prétexte d’une expédition de chasse. Toutes mes mesures étaient prises, je pouvais partir; il ne me restait plus qu’une chose à faire, mais la plus cruelle, la plus déchirante: faire mes adieux à Flavie.
Vers le soir, je me rendis chez elle. Sur la route je fus reconnu, acclamé. Je fis bonne contenance et jouai jusqu’au bout mon rôle de fiancé heureux.
En dépit de mon désespoir, je ne pus m’empêcher de sourire de la froideur et de la hauteur avec lesquelles ma douce amie me reçut. Elle avait appris que le roi s’absentait, qu’il partait pour la chasse!
«Je suis désolée de voir que nous ne suffisons pas à distraire Votre Majesté à Strelsau, que nous ne savons pas la retenir, fit-elle en battant impatiemment le plancher du bout de son petit pied… J’aurais pu vous offrir de plus agréables distractions, et j’étais assez folle pour penser que…
– Que voulez-vous dire? demandai-je, me penchant vers elle.
– Pour penser que vous auriez pu être toute une journée, ou deux, après… après le bal… complètement heureux sans… une partie de chasse. J’espère que les sangliers seront plus intéressants, continua-t-elle, avec une petite moue délicieuse.
– Je vais, en effet, faire la chasse à un très gros sanglier. Vous ai-je offensée?» ajoutai-je en feignant la surprise, car comment résister au désir de la taquiner un peu?
Jamais je ne l’avais vue en colère, et chaque aspect nouveau, chaque mouvement de son âme me ravissait.
«De quel droit m’offenserais-je? reprit-elle. Il est vrai qu’hier vous déclariez que chaque heure passée loin de moi était une heure perdue! Mais un très gros sanglier… cela change bien les choses!
– C’est peut-être le sanglier qui me donnera la chasse, Flavie; c’est peut-être lui qui me prendra.»