Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Sans parler du chien - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sans parler du chien

Электронная книга - «Sans parler du chien». Краткое содержание книги:

Au XXIe siècle, le professeur Dunworthy dmge une équipe d'historiens qui utilisent des transmetteurs temporels pour aller assister aux événements qui ont modifié l'avenir de l'humanité. Ned Henry est l'un d'eux. Dans le cadre d'un projet de reconstruction de la cathédrale de Coventry, il doit effectuer d'incessantes navettes vers le passé pour récolter un maximum d'informations sur cet édifice détruit par un raid aérien nazi en 1940. Toutefois, quand Dunworthy lui propose d'aller se reposer dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, ce havre de tranquillité où rien n'est plus épuisant que de canoter sur la Tamise et de jouer au croquet, c'est avec empressement qu'il accepte. Mais Henry n'a pas entendu le professeur préciser qu'il devra en profiter pour corriger un paradoxe temporel provoqué par une de ses collègues qui a sauvé un chat de la noyade en 1988... et l'a ramené par inadvertance avec elle dans le futur. Et quand ce matou voyageur rencontre un chien victorien, cette incongruité spatio-temporelle pourrait bien remettre en cause... la survie de l'humanité !
1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 133
Перейти на страницу:

— Enchanté de faire votre connaissance, Cyril, surenchéris-je pour l’amadouer.

Je ne sus si le son qu’il émit était un grondement ou un rot.

— Cyril a un excellent pedigree. Son père était Dan le Tueur, fils de Méduse. Son arrière-arrière-grand-père était l’Exécuteur. Un des meilleurs bouledogues de tous les temps. Il a remporté tous ses combats.

— Vraiment ? fis-je d’une voix grêle.

— Même contre le vieux Silverback, un grizzly de huit cents livres. Il a happé son mufle et y est resté agrippé cinq heures durant.

— Mais ils ont désormais perdu toute leur ténacité et leur férocité, n’est-ce pas ?

— Absolument pas.

Ce que confirma un autre grondement.

— Ils ne sont agressifs que sons la contrainte. Se trouver confronté à un ours rendrait n’importe qui féroce. N’est-ce pas, Cyril ?

La réponse du molosse et les précisions apportées par son maître me permirent d’identifier une éructation.

— Exécuteur avait un cœur d’or, à ce qu’on raconte. Cyril, M. Henry va venir sur la Tamise avec nous.

Terence lui avait fourni cette précision comme s’il ne m’avait pas jeté à terre et humidifié de sa bave.

— Sitôt que nous aurons chargé le canot et réglé certains détails, cela va de soi.

Il sortit sa montre de gousset et l’ouvrit.

— Venez, Ned. Il est presque midi moins le quart. Vous pourrez jouer avec Cyril plus tard.

Il ramassa les deux cartons à chapeau et se dirigea vers le quai.

Apparemment désireux de se rendre utile, Cyril alla renifler le panier d’osier. Je me redressai, récupérai mon bien et suivis Terence vers le fleuve.

Jabez se dressait à côté d’une grande pile de bagages, les bras croisés, en marmonnant :

— Ils s’imaginent que je vais les laisser entasser leur fourbi dans le canot avant d’avoir payé. Mais Jabez n’est pas né de la dernière pluie.

Il leva une main sale sous mon nez pour ajouter :

— Écornifleurs.

Sans mieux savoir ce que voulait dire « écornifleur » que « mitraille », je tendis mon portefeuille à Terence.

— Tenez, réglez ça pendant que je récupère le reste.

Je pris le sac de voyage et la sacoche, que l’impact avec Cyril avait projetés au milieu des marches, et je les descendis jusqu’au quai. Le bouledogue m’accompagna, en agitant son semblant de queue.

Terence était déjà dans le canot, une embarcation verte écaillée sur laquelle on avait écrit au pochoir Victory. Bien qu’en piteux état, cette barque était grande et je m’en félicitai en comprenant que la montagne de bagages appartenait à Terence.

Il prit le sac en toile et le fourra sous le banc central.

— Magnifique, pas vrai ? Nous serons sur le fleuve en un rien de temps.

Il venait de faire preuve d’optimisme. Nous rangeâmes ses affaires – un grand sac américain, deux cartons à chapeau, une valise, trois bourriches, une caisse en bois, une malle en fer-blanc, des plaids enroulés et deux cannes à pêche – en proue et les miennes en poupe. Ce qui ne nous laissa pas la moindre place et nous obligea à tout reprendre au début.

— Il faut procéder méthodiquement, déclara-t-il. Les objets les plus volumineux en premier. Nous comblerons les vides ensuite.

Ce que nous fîmes, en commençant par le sac américain pour finir par les couvertures que nous déroulâmes et enfonçâmes dans les angles. Cette fois, il subsistait un espace d’environ trente centimètres de côté que Cyril s’appropria aussitôt.

J’envisageai d’abandonner une partie de mes bagages. Faute de connaître leur contenu, je m’en abstins.

— J’aurais dû faire venir Dawson. Il est imbattable, pour ce genre de choses.

Je présumai que ce Dawson était son valet, mais il n’était pas à exclure que ce fût son raton laveur.

— Quand je suis venu à Oxford, il a réussi à caser tous mes biens et ceux de Cyril dans une unique malle. Il restait même de la place. Naturellement, s’il nous accompagnait, nous devrions également emporter ses affaires.

Il contempla pensivement les nôtres.

— Peut-être qu’en commençant par ce qui est moins encombrant…

Je finis par suggérer de donner à Jabez un peu de mitraille (quoi que ce terme pût signifier) et le charger de nous remplacer. Ce qu’il fit en comprimant nos biens grâce à sa force musculaire, tout en débitant un monologue ininterrompu.

— Jabez doit attendre une demi-journée pour empocher son dû. Et ensuite ils le prennent pour leur domestique et lui demandent de tout ranger. Pour couronner le tout, ils se plantent là pour le regarder s’échiner, comme deux imbéciles.

Ce qui était exact. En ce qui me concernait, à tout le moins. Je le fixais, fasciné par la ténacité et la férocité dont il avait quant à lui hérité. J’espérais qu’il n’y avait rien de fragile dans nos bagages. Chassé du canot, Cyril retourna renifler le panier fermé et j’en déduisis qu’il contenait de la nourriture. Terence sortit sa montre de gousset et pria Jabez d’aller un peu plus vite, ce qui me parut manquer de sagesse.

— Plus vite, qu’il dit ! S’ils n’avaient pas décidé d’emporter la totalité de ce qu’ils possèdent, ce serait bien moins long. On pourrait croire qu’ils partent à la recherche des sources du Nil. S’ils se noient, ce sera bien fait pour eux.

Après avoir aplati un carton à chapeau, maugréé et défoncé des valises, il arriva finalement à ses fins. Le résultat n’avait rien de scientifique et la pile de proue était si instable qu’elle menaçait de basculer, mais il y avait suffisamment de place pour nous trois.

— Juste dans les temps, déclara Terence en refermant sa montre. On embarque, moussaillons !

Cyril grimpa dans le canot, se coucha et s’endormit aussitôt.

— Ohé, matelot ! On largue les amarres.

Je me dirigeai vers l’embarcation et Jabez s’interposa, la main tendue. Je déposai dans sa paume crasseuse un shilling, ce qui devait être un pourboire royal car il me gratifia d’un large sourire édenté.

— Bienvenue à bord, fit encore Terence. Le début du parcours étant assez délicat, vous ramerez et je ferai le barreur.

J’acquiesçai et m’assis en lorgnant les avirons avec méfiance. Si j’avais pratiqué ce sport au collège, je disposais de supraglisseurs synchrones alors que ces rames étaient en bois et pesaient une tonne. Comme nul dispositif électronique n’assurait la coordination de leurs mouvements, l’une toucha les flots à plat et l’autre resta en l’air quand je tentai de les déplacer.

— Désolé, je n’ai pas canoté depuis le début de ma maladie.

— Ça reviendra, c’est comme monter à cheval.

Je réussis à les plonger dans l’eau, mais pas à les ressortir. Je bandai mes muscles ainsi que je l’avais fait pour soulever des poutres dans la cathédrale de Coventry, et projetai de l’eau dans toute l’embarcation.

Jabez secoua la tête.

— Quels empotés ! Il saute aux yeux qu’ils se noieront avant d’avoir atteint Iffley, et qui remboursera son canot à Jabez ?

— Ma foi, je ferais mieux de vous remplacer, déclara Terence en joignant le geste à la parole. Prenez les drosses.

Il saisit fermement les avirons, qui descendirent et remontèrent avec un synchronisme parfait et sans la moindre éclaboussure.

— Jusqu’à la fin du passage délicat.

1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 133
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)